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Brice Lalonde à la Conférence des Nations Unies sur les Changements 
Climatiques à Poznan

Brice Lalonde à la Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques à Poznan

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Poznan, Pologne — Un rendez-vous a été obtenu le lundi: 40 minutes, avec Brice Lalonde, ambassadeur de la délégation française, Florent et Sarah, du REFDD (Réseau des Étudiants Français pour le Développement Durable), Karine de Greenpeace, et moi. Voici en quelques points ce que l'on pourra retenir de cet entretien.

Les objectifs du rendez-vous étaient pour moi assez clairs: faire pression sur l'avancement des négociations, et faire en sorte que Brice Lalonde se souvienne de Solar en repartant (et que changement de statut oblige, on va avoir besoin de financements!!).

Pas très réaliste peut être, mais l'idée est surtout de lui montrer que les jeunes en France s'engagent et agissent, et étant ici pour représenter toute la société civile, ces voix engagées devraient élever les ambitions de sa délégation pour les négociations de cette COP.

Des espoirs restreints

Pas vraiment langue de bois Lalonde. Pas vraiment optimiste non plus. Pour lui, de telles rencontres n'ont rien de vraiment clef, étant donné que sa délégation arrive déjà avec une ligne de conduite à suivre. La marge de manœuvre est selon lui réduite, et sa délégation n'est donc que là pour exposer les position françaises, dictées par le ministère.

Sur ce point, la rencontre est donc décevante. Karine aura beau essayer de lui tirer les vers du nez, pas moyen, aucun chiffre clair n'est donné sur les ambitions françaises de réduction de ses gaz à effet de serre ou encore sur ses ambitions d'énergies propres. Lalonde attend les ordres du ministre, qui lui même attend les avancements du paquet énergie-climat qui se fait attendre.

Il est d'ailleurs assez clair sur ce point là, selon lui, une COP a deux actes. Acte 1, les négociateurs (lui) arrivent et parlent technique, acte deux, arrivée des ministres, qui font des déclarations simplifiées pour le grand public. Selon lui, tout est déjà joué . Relativement frustrant pour les ONG, car si tout est joué dès le départ, on peut se demander quel est alors leur rôle dans de telles négociations.

Disons que c'est là l'ambiguïté: s'il est très difficile pour une ONG de mesurer les répercutions de leur travail d'information et de pression, cela ne signifie pas qu'il y en a aucune. Le bénéfice du doute nous appelle donc à continuer à pousser.

L'occasion de passer un message

40 minutes, c'est assez court, mais j'aurai au moins bien fait passer le message: en France, sur 26 campus, on est déjà en train d'agir! De plus en plus d'étudiants se sensibilisent aux problèmes environnementaux, et ils n'attendent pas après les politiques pour que quelque chose change. Ils font bouger leurs campus, à travers de nombreuses actions, tant de sensibilisation que de pression sur les administrations universitaires pour réussir à promouvoir efficience énergétique et énergies renouvelables! Ça, c'est à peu près sûr, il l'a intégré, je lui ai répété plus d'une fois.

Mais je lui ai aussi et surtout fait part de nos requêtes, en lui expliquant si la volonté d'agir était là, les moyens nous bloquaient souvent. Inertie des administrations, manque de financement, étudiants trop peu écoutés dans les Conseils d'Administration, etc. Avant l'entretien, je lui avais envoyé un document à sa demande résumant ce qu'était Solar Generation, ce que nous faisions en France, et quelles étaient mes questions. Dans ce document, j'en profitais (merci Augustin et les autres) pour envoyer des questions précises sur le Grenelle 1, sur ses réponses à ces manques de financement, en soulevant les lacunes et zones d'ombres et demandant des éclaircissements. Le rendez-vous ne s'est pas centré sur ces questions, Lalonde n'étant pas un expert du Grenelle, et cela n'étant pas le but premier dans tous les cas, mais ce document nous aura permis de nous crédibiliser. Nous ne sommes pas une bande de «roots» qui voulons des campus verts parce que c'est sympa, nous sommes informés, experts des problèmes sur les campus, et c'est pour cela qu'ils ont tout intérêt à écouter notre voix. Cela m'amène à mon dernier point.

Vers un projet de coopération

Le bon point de cette rencontre, c'est en effet qu'elle devrait marquer le commencement de quelque chose. Soulevant le fait que les étudiants devraient être intégrés dans les prises de décisions nationales et dans les négociations internationales, Florent et moi avons proposé à Lalonde durant cet entretien de créer une année de coopération entre nos réseaux et divers ministères, au travers de rencontres régulières et de travaux communs, afin que la voix de tous soit prise en compte. Jouant sur le fait que les étudiants sont sur le terrain et ont donc une connaissance des problèmes que des technocrates n'ont pas, nous avons tenté de le convaincre qu'une telle alliance serait du gagnant-gagnant. Ce dernier avait plutôt l'air partant, il nous a demandé de contacter quelqu'un de plus indiqué, nous avons ses coordonnées, il n'y a plus qu'à s'y mettre.

Une graine est déjà plantée.

— Jérémy Trouilh