Le rapport de la Commission d’orientation du plan santé environnement a fait l’effet d’une bombe lors de sa publication le 12 février 2004. Loin d’être exhaustif sur le bilan de la sécurité sanitaire environnementale française, le contenu du rapport dressait néanmoins un portrait assez sombre de la situation, avec une fermeté inhabituelle de la part d’une commission officielle française. Mais malheureusement, le Plan national élaboré juste à temps pour être présenté à Budapest les 22-25 juin n’a pas gardé grand chose des nombreuses pistes d’amélioration proposées par ce rapport d’orientation.
Pour en savoir plus :
- Lire notre critique du PNSE: Un plan pour la santé. Les plans d’action se multiplient. Le gouvernement français vient ainsi d’annoncer un plan « santé environnement » (1) qu’analyse ici Yannick Vicaire, dans L’Ecologiste N° 13 – Vol. 5 N° 2 – juillet –août – septembre 2004, p. 39-40
- Autour d’Agir pour l’environnement, 26 associations écologistes, dont Greenpeace, ont mené une campagne visant à l’amélioration du PNSE et ciblée sur le gouvernement. Pour plus d’infos, rendez-vous sur www.agirpourlenvironnement.org/campagnes/c21.htm
- Lire un article de référence, paru dans le quotidien Le Monde du 13 février 2004 : « Pollution : les dégâts sur la santé sont sous-évalués en France », par Benoît Hopquin.
Un PNSE pour les enfants ? Les 22-25 juin 2004 se tenait à Budapest la 4ème Conférence interministérielle du bureau de l'OMS pour l’Europe sur l'environnement et la santé, intitulée « Un avenir pour nos enfants ». Les principaux enjeux de cette Conférence étaient l’adoption d’un Plan d’action santé-environnement collectif, focalisé sur la protection de l’enfance (le « Cehape » ou Plan d'action européen pour la santé et l'environnement des enfants), ainsi que la présentation des Plans santé-environnement de chacun des 52 Etats représentés et du Plan communautaire de l’Union européenne. Le « Cehape » devait proposer des actions sur quatre axes prioritaires :
- accès à l’eau potable et assainissement - prévention des accidents et activités physiques - air intérieur et extérieur sain - environnement sans exposition chimique
Devant la menace d'un Plan santé environnement sans envergure, 500 délégués d’ONG venus de 49 pays paneuropéens ont tenu en parallèle à Budapest le « Forum pour une planète saine » (Healthy Planet Forum) . Organisé par European Eco Forum , EPHA (European Public Health Alliance) et le REC (Regional Environmental Center for Central and Eastern Europe), cette réunion avait pour objectifs de :
- faire progresser les enjeux environnementaux et sanitaires en Europe, - renforcer les réglementations, - traiter des problèmes émergents qui soulèvent une préoccupation croissante, - relever l’ambition et les moyens du CEHAPE.
Au sein de cette coalition d’ONG et en tant que délégué de la société civile inscrit à la conférence de l’OMS, Greenpeace a défendu sa vision d’une stratégie de santé environnementale qui s'appuie sur le renforcement de Reach et le principe de substitution.
- la déclaration ministérielle de clôture de la conférence ; - le plan d’action OMS (CEHAPE) ; - la stratégie santé-environnement de l’UE ; - la critique du Cehape élaborée par la coalition d’ONG.
A lire aussi les communiqués de Greenpeace émis le 23 juin en début de conférence [lire le communiqué], et le 25 juin en clôture de conférence [lire le communiqué].
Et le Plan Cancer ? Une brève parue dans l’hebdomadaire l’Express en juillet 2004 résume bien le paradoxe : « Un plan cancer insuffisant. Jacques Chirac souhaitait en faire une des priorités de son mandat: présenté le 24 mars 2003 à l'Elysée, le plan de lutte contre le cancer prévoit d'investir 500 millions d'euros sur cinq ans, essentiellement dans l'amélioration des soins et de l'équipement hospitalier, et dans la lutte contre le tabagisme. Mais presque rien n'est consacré à la prévention, aux études épidémiologiques et à la recherche sur les pollutions ou aux causes environnementales des cancers. Simone Veil, alors ministre de la Santé, avait proposé en 1975 d'attribuer la moitié des budgets médicaux à la prévention anticancéreuse. On y consacre aujourd'hui 3% des financements. "Le plan 2003 qu'on nous prépare serait l'équivalent d'un programme contre les accidents de la route consistant à construire des services d'urgence aux carrefours et à former plus de chirurgiens orthopédistes", regrette le Dr Geneviève Barbier, spécialiste de la médecine préventive. »