Greenpeace Luxembourg
1984: c'est parti!
L'histoire «officielle» de Greenpeace Luxembourg a commencé en 1984, quand le 24 août, l'ASBL «Greenpeace Luxembourg» a été créée. Mais la «vraie» histoire de Greenpeace et de notre bureau au Luxembourg avait déjà commencé bien avant, en 1971, quand la première action de Greenpeace contre les essais nucléaires américains avait lieu en Alaska et ensuite quand le premier bureau de Greenpeace s'était constitué le 15 septembre 1971 au Canada.
Cette action et beaucoup d'autres ont en effet inspiré des gens partout dans le monde à devenir actifs, à lutter pour la protection de l'environnement et la promotion de la paix dans le monde. Après cette première action, non seulement les USA ont cessé leurs essais nucléaires dans l'Amchitka en Alaska, mais Greenpeace est devenue une idée mondiale. Dans de nombreux pays du monde des bureaux se sont constitués, ainsi qu'au Luxembourg.
Engagé dès le début
Au début, les actions de Greenpeace Luxembourg étaient dirigées avant tout contre la pollution atmosphérique et la lutte contre les essais nucléaires. Moins d'un an après sa constitution, la première action de Greenpeace Luxembourg «Fueren ech propper?» s'est déroulée à Sandweiler le 29.5.1985.
La première des innombrables actions qui grâce à l'engagement infatigable des volontaires et des chargés de campagnes sont parvenues à changer beaucoup au Luxembourg.
Les actions menées contre DuPont de Nemours qui émettait d'énormes quantités de substances responsables de la destruction de la couche d'ozone, sont devenues légendaires. DuPont de Nemours s'est vu contraint par ces actions et la pression du public de renoncer à la construction d'autres installations polluantes.

Toute la campagne que Greenpeace a mené, au niveau international, contre les gaz fluorés a commencé au Luxembourg avec des actions contre ce géant de la chimie.
Des combats difficiles
La lutte contre la centrale nucléaire de Cattenom a été extrêmement longue et n'est d'ailleurs pas complètement terminée. Certains disent que Greenpeace l'a perdue, car la centrale a été construite.

Mais Greenpeace est parvenu à convaincre massivement le public luxembourgeois des dangers que représente une centrale nucléaire, et c'est plus qu'un simple succès. Depuis la campagne contre Cattenom, une grande majorité de la population luxembourgeoise refuse l'énergie nucléaire.
Dès fin 1987, plusieurs actions ont été lancées contre les pollutions engendrées par l' ARBED.

Entre autres, en 1988, quatre militants sont montés sur la cheminée de l'aciérie luxembourgeoise "Arbed-Belval" dont la production de dioxyde de soufre polluait l'air, les régions environnantes et menaçait la santé des habitants dans des proportions devenues dangereuses.
En 1995, les militants Greenpeace ont occupé la plateforme pétrolière de stockage Brent Spar en Mer du Nord. Ils ont tenté par là d'empêcher le sabordage de cette installation de 14 500 tonnes. L'action faisait partie de la campagne contre le déversement de déchets toxiques en mer.

Au Luxembourg, des militants sont grimpé sur le bâtiment de Shell, à Bertrange, pour repeindre leur logo et participer de cette manière à la campagne internationale contre Shell qui se soldera par un succès.
La Turbine gaz vapeur (TGV), un autre projet démesuré emblématique au Luxembourg a entrainé une longue campagne.

Greenpeace a démontré que le choix de cette centrale turbine gaz vapeur n'était pas la meilleure technologie possible car elle produit beaucoup trop d'émissions de CO2 qui nuisent gravement au climat.
L'action en avance sur son temps: E$$O
Le 25 octobre 2002, plus de 600 militants de Greenpeace ont protesté au Luxembourg contre la société ESSO. Ils veulent dénoncer la stratégie orchestrée par cette compagnie pour saboter les négociations internationales devant permettre d'aboutir au traité de Kyoto sur la protection du climat. Les militants venus de 31 pays différents se sont déployés dans les 28 stations services que compte Esso au Luxembourg - dont la plus grande station Esso au monde.

Même si elle n'a pas été bien comprise à cette époque, grâce à cette action, Greenpeace a contribué à un développement positif de la société et à ce qu'un changement ait lieu dans la conscience des gens concernant la valeur démocratique des manifestations publiques.
Nos modes de travail s'adaptent au contenu et aux besoins spécifiques
Le travail de Greenpeace n'est pas toujours si spectaculaire; beaucoup de choses se passent dans le domaine de la recherche, du lobbying, et dans des campagnes qui sont peut-être moins sensationnelles, mais tout aussi importantes. Ces derniers temps Greenpeace travaille souvent avec d'autres organisations sur des sujets communs, puisque cela garantit un plus grand soutien dans la société, par exemple sur la question des OGM ou sur la protection du climat.
Les actions spectaculaires et toujours non-violentes sont une des caractéristiques centrales de notre travail qui nous distingue de toutes les autres organisations, Ce mode de communication et de confrontation reste propre à Greenpeace. Parce que nous voulons réveiller les politiciens, les responsables économiques et le public, Greenpeace critique, choque, et commence là où tous les autres détournent les yeux.
Dernier exemple: notre action à la Chambre des Députés en avril 2009 afin de critiquer le peu d'importance accordé à la crise climatique par nos responsables politiques qui préfèrent encore mettre en avant la crise économique et financière actuelle pour ne pas devoir prendre les mesures urgentes et nécessaires pour lutter contre le changement climatique.

Tout le monde n'était pas d'accord avec cette action, mais une chose était certaine: Il n'est pas acceptable de traiter la crise climatique comme un simple fait anecdotique.
Greenpeace travaille toujours au niveau local et international. Toutes nos actions sont implantées dans une stratégie plus large, dans des campagnes internationales que nous faisons avancer partout dans le monde pour protéger la planète et notre environnement.
Les victoires sont relatives
Dans notre travail, les succès rapides sont rares. Un problème est découvert, et parfois, il faut attendre bien des années pour qu'une solution soit développée. Pendant ce temps, il y a le travail de campagne parfois épuisant, les négociations et le lobbying, renforcé si nécessaire par la pression des actions.
Au niveau international, il y a eu la victoire concernant l'interdiction d'immerger des stations de forage en mer, le traité de l'Antarctique ou encore le moratoire sur la chasse à la baleine. Au Luxembourg, DuPont de Nemours a dû abandonner ses plans d'utiliser le dangereux hydrochlorofluorocarbure HCFC 123, la centrale nucléaire de Cattenom a dû baisser ses émissions radioactives et la ligne haute tension de SOTEL n'a toujours pas été construite.

Voici quelques événements importants dans l'histoire de Greenpeace. Mais il s'agit seulement des exemples tirés d'une longue liste de succès qui se gravent dans la mémoire collective, mais qui ne sont pas toujours les plus importants.
Car le plus grand succès de Greenpeace n'a pas de date, pas de campagne concrète ou de région déterminée: c'est le changement des consciences, l'idée qu'il existe des efforts qui en valent la peine et qu'un succès dépend de l'engagement de chacun.