Aujourd'hui, en Europe, le secteur des transports est le seul à voir ses émissions de CO2 augmenter depuis 1990 (+26 %). À elles seules, les voitures particulières sont responsables de 12 % des rejets de gaz à effet de serre. En France, la situation n'est pas meilleure : à l'origine de 26 % de nos émissions (dont 14 % pour les véhicules particuliers), le secteur des transports est le plus polluant.
Pour respecter les objectifs du protocole de Kyoto, l'Union européenne (UE) doit réduire ses émissions de 8 % entre 2008 et 2012, par rapport aux niveaux de 1990. Or, pour l'instant, en quinze ans, elle n'a réussi à les faire diminuer que de 2 %. Il est donc plus que temps de mettre les bouchées doubles pour réduire les émissions de CO2 de vos voitures !
Il y a douze ans, les constructeurs automobiles européens promettaient de faire tomber les émissions moyennes des voitures neuves de 180 à 140g/km d'ici à 2008. Mais cette bonne intention des constructeurs de mettre leur voiture « au régime » côté carbone est restée au point mort. L'engagement volontaire de 1998 a surtout permis de retarder l'adoption de normes contraignantes au niveau européen.
En décembre 2007, la Commission européenne a présenté un projet de réglementation visant à limiter les émissions de CO2 des nouvelles voitures. Ce texte devrait être examiné par les ministres de l'Environnement et le Parlement européen durant le deuxième semestre 2008. Suite au travail de sape réalisé par les industriels, regroupés au sein de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (Acea), ce projet de réglementation manque cruellement d'ambition. Il propose ainsi de limiter les émissions moyennes des moteurs à 130g/km d'ici à 2012.
Greenpeace préconise un double objectif : 120g/km en 2012, et 80g/km à l'horizon 2020. Sans objectif au-delà de 2012, on ne peut avoir de vision à long terme. Et les dix petits grammes de différence les objectifs à 2012 (130g/km pour la Commission et 120g/km pour Greenpeace) représentent des millions de tonnes de gaz à effet de serre à l'horizon 2020.
Depuis une vingtaine d'années, l'industrie automobile a amélioré l'efficacité des moteurs. Malheureusement, au lieu de développer des modèles légers, plus économes et émettant le moins de CO2, elle en a profité pour construire des voitures de plus en plus puissantes et lourdes. Le poids moyen des voitures augmente de 1,5 % par an. On pense à tort que plus un véhicule est lourd, plus il est sûr. C'est faux. De nombreuses marques commercialisent déjà des modèles qui, à performances, sécurité et confort égal, consomment moins.
Certains prototypes ou les voitures « modèles » exposées lors des salons automobiles et mises en valeur sur les publicités, prouvent qu'il est techniquement possible, dès aujourd'hui, de produire des véhicules plus efficaces et moins polluants. Mais ce ne sont pas ces voitures-là que les constructeurs vendent au plus grand nombre...
Par ailleurs, une étude anglaise démontre que la moyenne des émissions de CO2 des voitures neuves pourrait diminuer de 25g/km, si, dans chaque catégorie de voiture, le modèle le plus efficace était aussi le plus vendu. En d'autres termes : il est possible d'améliorer l'efficacité des voitures dès maintenant.
Au fil du temps, les automobilistes ont obtenu que les constructeurs leur offrent des voitures plus confortables et plus sûres. Exigeons désormais des modèles plus respectueux de l'environnement ! Au lieu de tout faire pour saper les négociations européennes en cours, les constructeurs doivent prendre leurs responsabilités face à l'urgence climatique.