Detox


Un futur désintoxiqué.

Nous sommes actuellement confrontés à une crise chimique sans précédent. La production mondiale de substances chimiques est passée de 1 million de tonnes en 1930 à plus de 400 millions de tonnes aujourd'hui envahissant nos produits du quotidien, de l'électronique aux vêtements. Certaines de ces substances ont la particularité d'être à la fois bioaccumulables (accumulation dans les tissus vivants et dans la chaîne alimentaire), peu biodégradables et potentiellement toxiques. Bon nombre d'analyses scientifiques indiquent que des substances particulièrement préoccupantes s'accumulent dans notre environnement (jusque dans les régions polaires et alpines) ainsi que dans notre corps (sang, lait maternel, foie,...). Des études ont aussi montré que certains de ces composés sont capables d'affecter les systèmes nerveux ou hormonaux, d'accroître les risques de cancers ou de réduire la fertilité. Ces mêmes substances sont utilisées dans la plupart de nos biens de consommation (les produits textiles et cosmétiques, les appareils électroniques et électriques,...) desquels elles peuvent être libérées.

Les substances chimiques potentiellement dangereuses ne sont pas réglementées comme on serait en droit de l'attendre. Bien que l'Union européenne soit la plus grande région productrice de substances chimiques, nous ne savons presque rien des dangers que comportent la plupart des substances qui se retrouvent dans nos produits usuels. La réglementation chimique en Europe, et dans le reste du monde, a dès lors besoin d'une réforme profonde et de grande ampleur. Il existe déjà des alternatives moins nocives pour beaucoup de substances dangereuses actuellement commercialisées. Pourquoi ne pas les utiliser?

Detox our future Greenpeace


Où en sont les marques ?


Depuis le lancement de la campagne Detox en juillet 2011, des milliers de militants, fashionistas, bloggers et consommateurs demandent d’une seule et même voix une mode sans produits toxiques et sans pollution… Aujourd’hui, l’heure du point d’étape est venue : Greenpeace Asie de l’est publie un nouveau classement pour évaluer les progrès réalisés par les marques depuis le début du mouvement Detox.

18 groupes textiles engagés dans la Detox, dont 16 « leaders » du mouvement ! Parmi les 18 marques qui se sont engagées à prendre des mesures pour cesser d’utiliser des produits toxiques dangereux, 16 ont réalisé des progrès tangibles et peuvent être considérées comme des « leaders de la Detox », tandis que deux n’ont pas encore mis en place d’actions concrètes (Nike et LiNing, qualifiées de « greenwashers »). La catégorie des « losers » regroupe 11 marques n’ayant pris aucun engagement.

Dans ce classement, les marques ont été évaluées en fonction des mesures, des plans et des échéanciers adoptés pour cesser d’utiliser des substances chimiques dangereuses (comme les NPE, les phtalates ou encore les PFC). Ont également été pris en compte les progrès en matière de transparence et de publication de données, notamment provenant de leurs fournisseurs, concernant les produits chimiques qui entrent dans la composition des produits ou qui sont rejetés dans l’environnement lors de la fabrication.


Des avancées législatives qui font du bien aux consommateurs... et aux cours d'eau. Comme nous vous l’expliquons dans l’infographie ci-dessus, le mouvement Detox a également permis d’impulser des réformes législatives pour contrôler voire interdire les substances chimiques toxiques utilisées par l’industrie textile. Ces produits chimiques constituent une grave menace pour la santé humaine et l’environnement, empoisonnant de précieux cours d’eau dans le monde entier.

L’urgence à prendre en charge cette question de la pollution de l’eau est en train de s’imposer dans des pays comme la Chine, où plus de la moitié de l’eau de surface n’est pas potable et 64% des réserves d’eaux souterraines dans les grandes villes sont très polluées. L’industrie du textile chinoise (qui assure 57 % de la production mondiale) est responsable à elle seule de 10% de la production d’eaux usées industrielles. En Indonésie, 34 % de la pollution des eaux est imputable à cette industrie, voire 80 % dans la capitale. Au Mexique, l’un des plus gros fabricants de jean du monde, 70 % des eaux sont contaminées…

Les pays clients sont eux aussi concernés : les substances chimiques dangereuses présentes dans les articles vestimentaires peuvent passer dans l’environnement, à l’occasion d’un lavage par exemple, et se dégrader dans l’eau pour former des produits chimiques toxiques qui dérèglent le fonctionnement hormonal.

Les 18 marques engagées dans la Detox représentent environ 10 % du marché mondial du textile.
10 %, c’est peu… Et c’est beaucoup ! Car sans votre engagement, le compteur serait à zéro ! Le mouvement Detox lancé par Greenpeace et porté par des citoyens du monde entier a remporté des victoires … Et en remportera d’autres !