2013. Et si Shell prenait (enfin) de bonnes résolutions ?

Actualité - janvier 7, 2013
Exploiter des forages pétroliers en Arctique est vraiment une très mauvaise idée. Nous en sommes persuadés. Et s’il était encore besoin de le prouver, le Kulluk, une plateforme de forage de Shell, s´est échouée fin décembre dans le golfe d´Alaska. La plateforme Kulluk transporte 526000 litres de diesel et 45000 litres d’huile hydraulique. Pour l’instant, aucun déversement n’a été observé mais le risque d´une marée noire persiste.


Nous connaissons déjà les conséquences terribles des marées noires en Alaska.
En 1989, l’Exxon-Valdez s’était échoué sur le récif de Bligh, déversant des centaines de milliers de barils de pétrole dans le détroit du Prince William. Des centaines de kilomètre de côtes avaient été souillées, et des milliers d’oiseaux, d’otaries, de phoques et d’orques englués. Encore aujourd’hui, les effets de cette marée noire se font sentir dans la région.

Malheureusement, Shell ne semble en avoir cure. Ses tentatives de forage dans la mer des Tchouktches et la mer de Beaufort ont été émaillées d’erreurs et d’accidents : bateaux de forage échoués sur la plage, moteurs en feu, échec aux inspections de sécurité, équipements de confinement écrasés comme de vulgaires “boîtes de conserve”…

Les projets de forage de Shell tournent au cauchemar

Après une saison de forage infructueuse, la vieille plateforme Kulluk rentrait au port lorsqu’il s’est trouvé confronté à une série de difficultés qui l’ont laissé à la dérive.

Jeudi 27 décembre 2012, le Kulluk était en train de se faire remorquer par l’Aiviq (le tout nouveau navire de Shell à 200 millions de dollars), lorsque la tempête s’est déchaînée sur la mer de Béring. Une corde de remorquage a rompu. La plateforme était livrée à son sort. Les jours suivants, l’Aiviq a effectué plusieurs tentatives de rallier le Kulluk, en vain, gêné par une mer agitée et des vents atteignant les 120 km/heure. Samedi 29 décembre, l’équipage du Kulluk a été évacué par hélicoptère par les garde-côtes américains, et la plateforme a dû jeter l´ancre pour ralentir sa dérive vers les côtes. L’amarre du remorqueur a pu être rétablie à deux reprises, mais a cédé à chaque fois. Lundi 31 décembre, la plateforme, livrée à elle-même, s’est échouée sur l’île Sitkalidak, près de l’archipel Kodiak.

© The United States Coast Guard

 

Pour l’instant, aucun déversement n’a été observé.
Un responsable qui a participé à l’opération de sauvetage, s’exprimant sous couvert d’anonymat, tire pourtant le signal d’alarme : “Nous ne pouvons pas connaître les dégâts. Il fait trop sombre. Le temps est épouvantable.” Shell et les gardes-côtes se demandent désormais comment ramener la plateforme à bon port, mais les conditions climatiques extrêmes leur compliquent la tâche.

Shell affirme avoir un plan d’intervention “de classe mondiale” en cas de marée noire en Arctique. Mais après l’épisode rocambolesque du Kulluk, qui a encore envie de croire que la compagnie pétrolière est capable de forer en toute sécurité dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète ?

Ce pari est ridicule. En 2013, il est temps que Shell prenne enfin les bonnes résolutions qui s’imposent : mettre un terme à tout projet de forage et sauver l’Arctique !

Tags