La fin des ours polaires

Protestation dramatique contre le forage profond de Shell en Arctique

Communiqués de presse - août 9, 2012
Pendant les deux dernières semaines, l´ours polaire Paula a sensibilisé la population luxembourgeoise sur la volonté de la compagnie pétrolière Shell de se lancer dans le forage profond en Arctique (1). Aujourd´hui, Paula et six autres ours polaires récemment arrivés au Luxembourg ont accéléré leur protestation contre Shell. A la place „um Piquet“ au centre-ville, sur un iceberg artificiel, les ours polaires ont mis en scène leur mort, provoqué par une marée noire qui a contaminé leur patrie. Avec ce „die-in“, les ours polaires voulaient rendre compte les citoyens luxembourgeois de leur destin tragédique qui serait la conséquence inévitable de l´exploitation pétrolière en Arctique.

Les ours polaires mettent en scène leur mort, provoqué par une marée noire qui a contaminé leur patrie.

“Forer en Arctique est une folie : une marée noire y est hautement probable et serait dévastatrice pour cet écosystème unique et fragile et pour les communautés autochtones qui en dépendent. Du fait des conditions climatiques, elle serait quasiment impossible à contenir et à nettoyer”, déclare Martina Holbach, chargée de la campagne climat et énergie chez Greenpeace Luxembourg. „L´Arctique est un des derniers endroits préservés de la planète, une réserve de biodiversité unique et le lieu de vie de centaines de milliers de personnes. Greenpeace demande aux dirigeants de la planète de proclamer les eaux internationales entourant le pôle Nord « zone naturelle préservée » et d’interdire les forages pétroliers dans l’ensemble de l’Arctique.“

Températures glaciales, conditions climatiques extrêmes et isolement géographique constituent de sérieux obstacles tant pour les activités des compagnies pétrolières que pour les interventions de dépollution. Selon le BOEM (2), l’agence gouvernementale chargée d'attribuer les autorisations de forage, il existe une possibilité sur cinq pour que les blocs de concession situés dans l'océan Arctique ou à proximité de l'Alaska soient à l'origine d'une marée noire importante au cours de leur durée d'exploitation. D'après Ron Bowden, haut responsable d'une entreprise spécialisée dans les interventions post-marées noires, „il n´existe, à l´heure actuelle, aucune solution ou méthode qui nous permettrait de récupérer du pétrole en cas de marée noire en Arctique“. Le plan d´intervention de Shell est la preuve même qu´il serait impossible de mettre en place des mesures efficaces en cas de marée noire en Alaska.

“Les réserves de pétrole de l’Arctique font partie des derniers gisements et ne correspondent qu’à 3 ans de notre consommation actuelle. L’extraction dans ces conditions extrêmes pourrait coûter jusqu’à 10 fois plus cher que le prix actuel du pétrole,“ explique Martina Holbach. „Nous devons stopper cette folle ruée vers l’or noir pour favoriser un changement radical de notre consommation d’énergie et accélérer la révolution énergétique.“

Au Luxembourg, l´ours polaire Paula continuera sa mission dans les mois prochains. Son objectif: obtenir le soutien des politiciens et politiciennes au Luxembourg pour que l´Arctique devienne un endroit protégé comme l´est l´Antarctique depuis 1991. Depuis le 21 juin, date de lancement de la campagne, plus de 1.200.000 citoyens ont signé la pétition de Greenpeace sur www.savethearctic.org.


Plus d´informations: Martina Holbach, Greenpeace Luxembourg, tél. 54 62 52 24 / GSM 621 233362

Pour signer la pétition en ligne, visitez www.savethearctic.org.

(1) La compagnie pétrolière Shell a obtenu des autorisations pour 5 puits d’exploration, qui devraient être forés dans les semaines à venir au Nord de l’Alaska. La compagnie lancerait alors le signal de départ d’une ruée destructrice vers les dernières gouttes de pétrole de notre planète.
(2) Bureau of Ocean Energy Management, BOEM