Actualité - décembre 9, 2011
Greenpeace a démontré le 5 décembre que les centrales nucléaires françaises n'avaient rien de forteresses imprenables. Huit militants se sont introduits dans la centrale de Nogent-sur-Seine, située à 95 km de Paris. Deux militants étaient positionnés dans le périmètre sécurisé de la centrale de Cruas (Ardèche). Les deux actions visaient à démontrer une des failles des stress-tests. Pour Greenpeace, les stress-tests doivent tenir compte d'une possible intrusion humaine...
Fukushima: des efforts de décontamination vains
Cette présence non-violente au cœur même des installations nucléaires françaises prouve leur extrême vulnérabilité. Bien qu’alertées par une première action à la centrale de Nogent-sur-Seine, les autorités n’ont pas repéré les militants qui ont réussi à pénétrer dans le périmètre sécurisé de la centrale de Cruas pour délivrer pacifiquement leur message: le nucléaire sûr n’existe pas.
Un délai de réaction hallucinant
Durant toute la journée du 5 décembre, les militants de Greenpeace ont mis en défaut de manière spectaculaire la sécurité des sites nucléaires français. Il a fallu plus de quatorze heures à EDF pour trouver les deux militants introduits dans la centrale de Cruas. Ce délai hallucinant fait peser de très sérieux doutes sur la capacité d’EDF à assurer la sécurité des centrales, et donc de l’ensemble des Français et des résidents des pays voisins.
Quelles leçons doit-on tirer de cette action?
De simples militants, aux intentions pacifistes et disposant de peu de moyens, sont parvenus à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire. C’est la preuve flagrante que les dispositifs de sécurité existants sont tout à fait insuffisants. Et pourtant, l’audit sur la sécurité des installations nucléaires commandité par le gouvernement français suite à la catastrophe de Fukushima ne prend pas en compte le risque d’intrusion humaine. C’est très inquiétant.
Stress tests
La preuve est donc faite que les stress-tests ne sont pas suffisants pour affirmer que l'accident nucléaire peut être écarté.
Une situation que Greenpeace a récemment dénoncé en entamant la lecture des rapports provisoires rendus à l'Union européenne en présentant une carte permettant aux citoyens européens de voir les premiers résultats des stress tests des centrales nucléaires.
Dans un rapport commandé par Greenpeace et à paraître en janvier, Arjun Makhijani, expert indien indépendant, président de l’Institut de recherche sur l’énergie et l’environnement du Maryland (États-Unis), analyse ainsi l’audit nucléaire français: “Du point de vue des causes et du déroulement de l’accident, il n’est pas pertinent de limiter l’analyse des évènements initiateurs aux seuls phénomènes naturels (séisme et inondation). Dans une démarche de révision globale de la sûreté, les risques d’origine humaine auraient dû être intégrés dans cette analyse. Ceci concerne, a minima, les causes accidentelles, et devrait même inclure les actes de malveillance.”
Les militants de Greenpeace ont démontré, par cette opération d'intrusion dans deux centrales nucléaires que, malgré un dispositif de sécurité impressionnant, les installations nucléaires françaises sont très vulnérables. Devant les risques intrinsèques à un usage du nucléaire, Greenpeace continuera à défendre un futur sans nucléaire.