Rendez-vous inespéré au Pôle Nord entre activistes de Greenpeace et membres du Conseil arctique

Actualité - avril 8, 2013
Londres, le 7 avril 2013 — De jeunes activistes en mission pour la protection de l’Arctique se préparent à une rencontre historique au Pôle Nord cette semaine, où ils ont rendez-vous avec une délégation internationale de représentants du Conseil arctique.

Seize personnes, dont quatre jeunes ambassadeurs[1], soit l’acteur hollywoodien Ezra Miller, deux représentants autochtones de l’Arctique et un jeune homme des Seychelles, ont quitté la base Barneo aujourd’hui pour entreprendre une expédition, avec Greenpeace, qui les mènera jusqu’au Pôle Nord. Peu de temps avant leur départ, l’équipe a su que le Conseil arctique — forum d’ambassadeurs internationaux et de représentants des nations arctiques — serait également au Pôle Nord cette semaine.

 
Josefina Skerk, une des randonneuses, est une Sami de la Suède, âgée de 26 ans, qui étudie en Droit à l’Université Umeå et siège au parlement Sami. Apprenant que le Conseil arctique allait se trouver au Pôle Nord à peu près en même temps que son équipe, elle a écrit à Gustaf Lind, membre suédois des hauts représentants du Conseil, demandant à s’entretenir avec ses collègues ambassadeurs, advenant une possible rencontre au Pôle Nord. M. Lind a accepté l’invitation, et la météo le permettant, les deux groupes espèrent s’y voir cette semaine.

Voici les commentaires de Josefina, depuis la base Bornéo:

 "Nous sommes emballés à l’idée de rencontrer M. Lind et les autres membres du Conseil arctique lors de notre expédition au Pôle Nord. Je suis accompagnée de trois jeunes qui ont à cœur les enjeux de l’Arctique et c’est un grand honneur que de pouvoir transmettre notre message au Conseil, sur le territoire même dont nous souhaitons tous la protection pour les générations à venir. Cette randonnée promet d’être fort éprouvante et pour l’instant, nous avons tous un peu le trac. Mais c’est une fenêtre inouïe qui s’ouvre à nous pour permettre cette rencontre avec les responsables de la protection de l’Arctique et nous savons que tous nos partisans, autour du globe, souhaiteraient nous voir saisir cette occasion."

Les défenseurs de l’Arctique transportent une capsule temporelle[2] spécialement conçue, dans laquelle une déclaration, appuyée par 2,7 millions de signataires, signifie l’urgence de faire de l’Arctique une zone protégée et reconnue internationalement. Les randonneurs perceront la banquise pour laisser couler la capsule et un drapeau jusque sur le fond marin, à 4,3km sous la glace du Pôle Nord.

 


En 2007, l’explorateur russe Artur Chilingarov avait planté un drapeau russe au même endroit, prenant symboliquement possession de l’Arctique au nom de Moscou. Cette semaine, les jeunes explorateurs défieront cette revendication en déposant un ‘Drapeau pour l’avenir’, une création de Sarah Batrisyia, la jeune Malaisienne de 13 ans qui a remporté la compétition internationale organisée par Greenpeace et l’Association mondiale des Guides et des Éclaireuses. Le drapeau, sélectionné par l’icône de la mode Vivienne Westwood ainsi que par des artistes canadiennes autochtones, se veut un symbole l’espoir, d’unité et de paix.

L’équipe croit qu’aucune nation ne devrait posséder l’Arctique ou avoir le droit d’exploiter la fonte de la banquise, conséquence du changement climatique, pour y puiser les carburants dont la combustion est justement à l’origine de cette fonte.

Les activistes entendent se servir de ce rendez-vous inopiné avec le Conseil de l’Arctique pour mettre au défi ses représentants, avec leur proposition de création d’un sanctuaire naturelle dans toutes les régions inhabitées qui entourent le Pôle Nord.

 

[1] L’acteur et musicien Ezra Miller sera accompagné de trois autres jeunes ambassadeurs, tous reliés de façon personnelle à l’Arctique. Renny Bijoux vient des Seychelles, une île-nation qui risque de disparaître sous la montée globale des eaux. Josefina Skerk est membre de la communauté autochtone et du parlement Sami, en Suède. Kiera Kolson est une jeune femme Tso’Tine-Gwich’in du Denendeh, dans le Nord-Ouest canadien. Elle œuvre avec Greenpeace à la protection de l’Arctique, et défend les droits des peuples autochtones.

[2] Détails sur la construction de la capsule temporelle ici (lien disponible en anglais seulement)

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