Sécurité nucléaire: Le rapport finale des stress tests...

...est une auto-évaluation du secteur nucléaire !

Communiqués de presse - août 23, 2012
Greenpeace a demandé à deux experts indépendants d’évaluer le rapport final des stress tests réalisés pour des centrales nucléaires en Europe (1). Les scientifiques arrivent à la conclusion que de nombreuses centrales européennes ne sont pas aussi sûres qu’on veut bien nous le faire croire. Pour les réacteurs nucléaires français Cattenom, Fessenheim et Gravelines ainsi que pour les réacteurs belges Doel et Tihange, leurs conclusions sont alarmantes: ces centrales devraient être fermées immédiatement !

jeudi 23 août 2012

Réacteurs nucléaires en Belgique © Greenpeace

 

« Les stress tests ne constituent en aucune manière un baromètre fiable de la sécurité des centrales nucléaires en Europe », déclare Oda Becker, physicienne diplômée et une des auteurs de l’étude. « Les enseignements que l’on peut en tirer sont limités. Le rapport final manque de crédibilité, de transparence et d’indépendance. »

Le rapport final des stress testes reposait sur des bases incomplètes, entre autre liés à l´auto-évaluation du secteur nucléaire. Le rapport des stress tests se limite à des scénarios prévisibles qui ne permettent pas d’évaluer de manière fiable la sécurité nucléaire. A Fukushima comme à Tchernobyl, la catastrophe a été engendrée par une combinaison « improbable » de facteurs. Il ressort de l´étude critique commandé par Greenpeace que des analyses d’experts indépendants n’ont pas été considérées. Les experts indépendants constatent que la vétusté des plus anciens réacteurs n´a été prise en compte que de manière insuffisante. Autres problèmes de sûreté: l´absence de systèmes de ventilation filtrée, des parois uniques pour certains réacteurs. En outre, plusieurs centrales nucléaires européennes ne sont pas suffisamment protégées contre le risque d’inondation.

« Pour Greenpeace, les tests de résistance auxquels étaient soumis les centrales européennes ne semblent constituer qu´une tentative pour restaurer la confiance dans le nucléaire après la catastrophe de Fukushima », déclare Roger Spautz, chargé de la campagne nucléaire chez Greenpeace Luxembourg. « Il est indispensable que les stress tests doivent être approfondis pour les rendre véritablement complets. Face aux conclusions de notre contre-expertise, Greenpeace demande l’implémentation immédiate de toutes les mesures liées à la sécurité nucléaire identifiées lors des stress tests ainsi que la fermeture immédiate des réacteurs qui ne peuvent pas être classés à 100% sûr ».

L´évaluation du rapport final des stress tests a été complété par des calculs indépendants montrant comment les nuages ​​nucléaires pourraient se propager à travers de l'Europe suite à un accident nucléaire grave. Dans ce contexte, Greenpeace a publié aujourd’hui des images qui simulent la dispersion de la radioactivité dans le cas d’une catastrophe nucléaire similaire à celle de Fukushima dans les centrales proches du Luxembourg. La conclusion : le Luxembourg devrait être entièrement évacué et ne serait plus habitable.

« Suite aux conclusions alarmantes de ce rapport, il est indispensable que le gouvernement luxembourgeois continue son engagement pour une sortie du nucléaire au niveau européen et contre une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires des pays voisins », conclut Roger Spautz.

 

 (1) En juin, la Commission européenne a remis au Conseil des ministres européens le rapport final des stress tests réalisé par ENSREG (European Nuclear Safety Regulators Group) qui est constituée des 27 agences de réglementation nucléaires nationales des Etats membres de l'UE.

Plus d’informations : Roger Spautz ; tel : 54625227 ou 621233361

Lire le rapport (en langue anglaise) et le résumé du rapport (en langue française ou en langue anglaise)