Halte à la contamination génétique des champs européens!

En France, une centaine de militants Greenpeace associés à d’autres organisations bloquent une usine Monsanto de distribution de semences de maïs transgénique

Actualité - avril 13, 2006
Aujourd'hui, en début d'après-midi, plus de cent cinquante militants de Greenpeace, de la Confédération paysanne et des Faucheurs volontaires ont investi le site de production de semences de Monsanto, à Trèbes, Sud-Ouest de la France. Objectif: empêcher que des OGM soient cultivés en France cette année, hors de tout cadre légal.

Occupation de l'usine Monsanto à Trèbes (Aude).

La menace est claire, en effet: fin 2005, le vice-président de Monsanto annonçait à ses actionnaires son intention de planter des milliers d'hectares de maïs OGM et ce dans toute l'Europe.

Agriculteurs français, activistes de Greenpeace et simples citoyens ont donc décidé d'occuper l'usine du géant américain des biotechnologies Monsanto, alors que la période de distribution des semences va bientôt commencer. Les militants ont pénétré à l'intérieur du site par la porte arrière au nez et à la barbe du peloton de CRS et des maîtres-chien rappelés en renfort pour protéger l'usine. Après avoir inspecté le site, ils ont disposé des abris, bien décidés à occuper le terrain. Les organisations exigent du gouvernement français qu'il stoppe la distribution de semences génétiquement modifiées et interdisent les cultures d'OGM non seulement en France mais également dans toute l'Europe.

"Nous bloquerons ce site de Monsanto tant que le gouvernement français ne se sera pas engagé à interdire les cultures d'OGM afin de ne pas répéter la situation de l'année dernière, déclare Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. En 2005, plus de 500 hectares de maïs transgéniques ont été cultivés en France en secret et en toute impunité ! Il est inadmissible qu'une entreprise commercialise ses OGM en l'absence de tout cadre réglementaire, alors qu'on sait qu'ils cannibalisent les autres cultures et contaminent l'environnement de façon irréversible !"

Le Luxembourg fait partie depuis toujours des pays les plus restrictifs en matière d'OGM et on observe dans toute l'Europe que le rejet des OGM est en train de se développer. Hier, l'inspection de l'Environnement slovaque a ainsi officiellement demandé à Monsanto de ne pas distribuer cette année ses semences de maïs transgénique et l'Autriche a interdit l'importation de colza transgénique GT73. Le 30 janvier, la Grèce a renouvelée son interdiction de cultiver et vendre du maïs MON810 de Monsanto. En février, la Roumanie, qui avait autorisé les cultures d'OGM sur son sol, a changé d'avis et interdit désormais aussi les cultures de soja transgénique. Plusieurs pays européens, dont le Luxembourg, ont déjà banni la culture de certains OGM sur leur territoire alors que 172 régions et 4500 municipalités se sont elles déclarées "zone sans OGM".

L'Espagne est le seul pays d'Europe qui cultive commercialement du maïs transgénique depuis 1998. Aujourd'hui, près d'un quart des champs de maïs traditionnels et biologiques ont été contaminés génétiquement, jusqu'à un seuil pouvant atteindre 12,6% par champ dans les régions les plus touchées. "La coexistence dans les champs entre les cultures génétiquement modifiées, traditionnelles et biologiques relèvent de l'impossible et met en péril le droit de ceux, agriculteurs comme consommateurs, qui ont choisi de ne pas cultiver ou consommer des OGM. Greenpeace demande donc au gouvernement luxembourgeois de tout entreprendre afin qu'une pollution génétique irréversible de nos champs et de notre alimentation soit évitée", conclut Anne Thomas, responsable de la campagne OGM de Greenpeace Luxembourg.