Actualité - février 14, 2007
Le 14/02/07 - Une vingtaine de militants de Greenpeace, munis de grands billets de 2 000 000 d'euros dégoulinants de pétrole, manifeste en ce moment même devant le palais de justice où se tient le procès de l'Erika. Total doit payer les dommages non couverts par le FIPOL, soit 900 millions d'euros, un montant à priori non provisionné par la compagnie pétrolière.
Des militants de Greenpeace manifestent devant le palais de justice de Paris où se tient le procès de l'Erika.
«Etant donné la rentabilité insolente des activités du groupe
Total 12,585 milliards d'euros net après impôts en 2006, due en
partie à la forte augmentation du prix de l'essence pour les
consommateurs, nous souhaitons que Total n'échappe pas à ses
responsabilités dans le dossier Erika. Total doit prendre à sa
charge la part des dommages qui dépassent le plafond du FIPOL»
explique Stephan Beaucher, chargé de la campagne océan de
Greenpeace France.
«Une analyse de la comptabilité de Total déclarée à l'Autorité
des Marchés Financiers AMF témoigne que la compagnie Total, sûre de
son impunité, n'aurait pas cherché à provisionner une quelconque
somme pour faire face à une condamnation dans le procès en cours.
C'est tout simplement inadmissible car au nom du principe
«pollueur-payeur» et de la responsabilité du producteur sur
l'ensemble du cycle de vie de son produit, il n'est pas nécessaire
de démontrer qu'il y a eu faute pour se retourner contre Total»
rajoute Yannick Vicaire, chargé de la campagne toxique de
Greenpeace.
Si le procès confirme qu'il y a eu pollution et mise en danger
de la vie d'autrui de la part de Total et de ses filiales, il
s'agit alors d'un délit environnemental. A l'heure où la Commission
européenne se penche sur un projet de directive pour sanctionner la
grande criminalité environnementale, l'enjeu du procès de l'Erika
pourrait créer un précédent et infliger aux fautifs, non seulement
la prise en charge des dommages précédemment évoqués, mais aussi
des amendes d'un montant suffisamment élevé afin d'avoir un effet
dissuasif et de prévenir la répétition de tel désastre.
N'oublions pas qu'en la matière Total fait l'effet d'un
récidiviste impénitent.
Il est temps d'en finir avec l'impunité de ceux que le Président
de la République qualifiait, il y a quelques années, de
patrons-voyous.
«Si ce procès démontre qu'il y a eu faute de la part de Total
sans pour autant parvenir ni à l'application du principe «pollueur
payeur», ni à de lourdes sanctions complémentaires, il incombera
aux politiques de repenser la signification d'une charte de
l'environnement purement décorative et de réformer les règles
juridiques pour une responsabilité étendue et complète du
producteur. Nous devons lutter efficacement contre la criminalité
environnementale» renchérit Yannick Vicaire.