Agriculteurs et environnement: Les victimes des OGM dans les champs

Communiqués de presse - décembre 8, 2011
Luxembourg, 8 décembre 2011 - Lors de la conférence de presse de ce matin, l’Initiative «Luxembourg sans OGM» (1), l’Action Solidarité Tiers Monde – ASTM et leurs invités de l’organisation MASIPAG ont exposé les problèmes liés aux cultures de plantes OGM aux Philippines et ont présenté leurs revendications au Gouvernement luxembourgeois. Les agriculteurs et l’environnement sont les premières victimes des OGM dans les champs. En particulier les organisations de l’Initiative «Luxembourg sans OGM» demandent au Gouvernement de clôturer les dossiers «Grande Région sans OGM» et «Label sans OGM» (2) dans le but de garder les champs dans le Sud et dans l’Union européenne libres d’OGM.

«MASIPAG» est un réseau d’agriculteurs et de scientifiques philippins. Ils sont venus au Luxembourg pour témoigner des effets néfastes des  organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leur pays. «Les promesses de l’agro-industrie que l’introduction des cultures OGM contribuera à résoudre les problèmes de la faim, de la pauvreté et même du changement climatique ne sont pas confirmées par la réalité que vivent les petits producteurs du Sud au quotidien. Peu à peu, les effets négatifs sur l’environnement et la situation socioéconomique des producteurs se confirment», déclare Chito Medina, directeur de MASIPAG. «Avec l’introduction des semences OGM les agriculteurs deviennent dépendant des grandes multinationales de l’industrie agro-chimique» ajoute, Benjamin Ramos, juriste de l’organisation.

Les cultures OGM posent de graves problèmes écologiques et sanitaires. Les OGM et la contamination génétique qui y est liée ont des effets néfastes sur la biodiversité. Les pesticides utilisés tels que le « Roundup » dans le cas des cultures de soja OGM ont des effets négatifs sur l’environnement et sur la santé (division cellulaire et cancers) des populations rurales. «C’est inacceptable qu’à travers le monde, la liberté de nombreux agriculteurs qui désirent produire „sans OGM“ est mise en cause par ceux qui vendent ou mettent en culture des plantes OGM», s’indigne Bobby Pagusara, agronome de MASIPAG.

«Pour l'ASTM, qui lutte pour la souveraineté alimentaire des paysans du Sud, le combat contre les OGM commence d'abord au Luxembourg. Il est important que les pays du Nord s'opposent également à l'industrie agro-alimentaire pour enrayer leur propagation au niveau mondial», explique Julie Smit de l’ASTM.

Etant donné que les agriculteurs et l’environnement sont les premières victimes des OGM dans les champs au Sud comme au Nord du monde, des actions concertées et collaborations entre les organisations qui l’opposent en Europe comme dans les pays du sud s’imposent. Afin de lutter d’une manière transfrontalière contre la contamination OGM dans les champs l’Initiative «Luxembourg sans OGM» demande au Gouvernement de conclure deux dossiers d’envergure : la signature d’une déclaration «Grande Région sans OGM» et la mise en oeuvre du «Label sans OGM». «En alliant les autres régions de la Grande Région à une démarche «sans OGM» le Gouvernement pourra encore mieux protéger les champs luxembourgeois d’une possible contamination transfrontalière. Le Label sans OGM pour produits laitiers, viande et œufs sera aussi une manière de contribuer à éviter le développement des cultures OGM dans les pays du Sud. Grace au Label une filière de matières fourragères «sans OGM» pourrait se déclarer», explique Maurice Losch, coordinateur de l’Initiative «Luxembourg sans OGM».

La grande majorité des consommateurs européens sont opposés aux OGM dans les champs et les assiettes. Au Luxembourg plus de 80% des consommateurs (sondage TNS ILReS) refusent les OGM. 75% des communes du Luxembourg se sont déjà déclarées «commune sans OGM». «Malgré l’opposition populaire la Commission européenne essaye d’imposer des OGM au moyen d’un système d’évaluation et d’autorisation qui n’est pas à la hauteur de la situation. Nous encourageons les Ministres Luxembourgeois du Développement Durable, de l’Agriculture et de la Santé de s’engager avec véhémence pour l’application du principe de précaution en matière d’OGM lors des Conseils des Ministres en décembre», conclut Maurice Losch, de l’Initiative «Luxembourg sans OGM».

Contact:                       

Maurice Losch, coordinateur Initiative «Luxembourg sans OGM»
Tel.: 621 215 024 ; Email :
Julie Smit, Action Solidarité Tiers Monde
Tel.: 400 427 22; Email :

Notes:

(1) Les 30 organisations de l’Initiative «Luxembourg sans OGM»: Aide à l’enfance de l’Inde, Association Solidarité Luxembourg Nicaragua, ASTM, Attac Luxembourg, Bauerenallianz, bioLABEL Lëtzebuerg, BIONA, Caritas Luxembourg, Demeter Bond Lëtzebuerg, Église Catholique à Luxembourg, Ëmweltberodung Lëtzebuerg asbl. (EBL), FCPT – SYPROLUX, FNCTTFEL – Landesverband, Fondation Hëllef fir d’Natur, Frères des Hommes, CTF - Gaart an Heem, GREENPEACE Luxembourg, Haus vun der Natur / natur&ëmwelt, Initiativ Liewensufank, LCGB, Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga / natur&ëmwelt, Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzuucht, Life asbl., Mouvement Écologique, OGBL, Slow Food Lëtzebuerg, SOS Faim Luxembourg, Stroossekanner Sao Paulo a.s.b.l., TransFair – Minka a.s.b.l., Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC)

(2) Tous les produits issus de l’agriculture biologique, donc aussi les produits issus de la production animale biologique, sont déjà maintenant garantis «sans OGM».