Sûreté nucléaire: la grande illusion française

Communiqués de presse - septembre 29, 2011
Luxembourg — Greenpeace a présenté ce matin lors d’une conférence de presse un bilan des inspections de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) post Fukushima sur les centrales nucléaires d’EDF et a lancé un nouveau vidéo clip de sensibilisation sur l’insuffisance des stress tests effectués sur les centrales nucléaires pour garantir la sécurité des personnes.

Ces installations nucléaires que l'ASN juge défaillantes
En marge de l'audit sûreté commandité par le gouvernement et effectué par les exploitants eux-mêmes, l'ASN a mené des inspections durant l'été. Le constat est alarmant pour le nucléaire français: sur les huit centrales dont les lettres d'inspections ont été rendues publiques (sur www.asn.fr), on compte  219 «actions correctives», c'est-à-dire des actions qui devront être entreprises pour corriger les anomalies constatées. Par exemple, aucun des sites inspectés ne prend correctement en compte le risque sismique français selon l'ASN.

«Les documents officiels de l'ASN ont de quoi inquiéter la population et les pays voisins sur l'état du parc nucléaire français», commente Roger Spautz. Aucun des sites inspectés par l'ASN ne peut être qualifié de sûr: problèmes de normes sismiques, risque d'inondation, mauvaise gestion de crise, système de refroidissement défectueux, ... L'exploitant, EDF, doit maintenant répondre sur tous ces points et cette fois, les réponses devront être publiques. Après ce qui est arrivé à Fukushima et récemment à Marcoule, les Français et les pays voisins ont le droit de savoir ce qui va être fait pour améliorer leur sûreté.  Même si nous savons que la seule manière d'assurer une réelle sécurité est de sortir du nucléaire.

Parmi les centrales nucléaires analysées par l'ASN, le site de Cattenom est le plus mauvais: l'ASN y a décelé 11 constats d'écarts et a formulé pas moins de 33 demandes d'actions correctives à l'opérateur du centre nucléaire de production d'électricité de Cattenom. L'ASN a décelé des points faibles sur toutes les thématiques analysées: alimentation électrique, risque inondation, source froide, risque sismique, gestion opérationnelle des situations accidentelles et plan d'urgence interne.

Que faire en cas d'accident? Difficile de le savoir
La dramatique journée du 12 septembre à Marcoule a malheureusement fait la démonstration du manque flagrant de préparation à un accident sur une installation nucléaire française.

L'opacité des procédures à suivre en cas d'accident nucléaire laisse la population concernée totalement désarmée face à une situation critique. Les Plans Particuliers d'Intervention (PPI), qui ne sont pas les mêmes selon les types d'installations et les zones géographiques, modifient les procédures à appliquer suivant la distance du site. Elles sont ridiculement réduites au delà de dix kilomètres. Or, Fukushima et Tchernobyl nous ont douloureusement fait la démonstration qu'en cas d'accident la contamination s'étend bien au-delà. Avec ses cent-vingt-six installations nucléaires, toute la France devrait être classée en zone PPI et tous les Français et les habitants des pays voisins concernés devraient avoir des consignes précises sur les réactions à avoir dans le cadre d'une menace nucléaire.

Le nouveau clip vidéo présenté ce matin par Greenpeace et mis en ligne sur le site internet de l'association montre également que les tests de résistance ne prennent pas en compte tous les scénarios d'accidents possibles. Greenpeace remet en cause la valeur exhaustive de ces tests  qui sont effectués par les opérateurs des centrales nucléaires partout en Europe. Le rapport de ceux qui ont été réalisé sur  la centrale de Cattenom a été publié récemment. «Des petites améliorations effectuées suite aux inspections menées par l'ASN et aux tests de résistance ne pourront jamais garantir une sûreté totale contre un accident avec des conséquences lourdes pour les populations», conclut Roger Spautz. Greenpeace exige du gouvernement luxembourgeois de mettre tout en œuvre pour une fermeture de la centrale nucléaire de Cattenom et pour une sortie du nucléaire.

Bilan des inspections de l’ASN

Infos contact: Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361