VW doit arrêter son lobbying contre la protection du climat

Communiqués de presse - janvier 30, 2012
Luxembourg, 30 janvier 2012. Ce matin, Greenpeace a manifesté avec une action à Luxembourg-Kirchberg contre la politique climatique destructrice de Volkswagen. A 6 heures du matin, les militants de Greenpeace ont projeté le slogan „SOS Climat: VW le détruit !“ sur le bâtiment Tour Alcide de Gasperi («Heichhaus») au Kirchberg, place de l´Europe. Greenpeace reproche à VW de mener campagne contre l´augmentation de l'objectif européen de réduction des émissions de CO2 (1). Si l'UE s'engageait pour une réduction de CO2 de -20% à -30% d´ici 2020, une dynamique pourrait se créer dans le secteur des nouvelles technologies et pourrait contribuer efficacement à la lutte contre le réchauffement planétaire. Mais Volkswagen s'oppose publiquement à cet objectif sous prétexte qu'il conduirait à la désindustrialisation de l'Europe.

Dans le même contexte, Greenpeace renouvelle sa demande au ministre du développement durable, Monsieur Claude Wiseler, de s´engager au niveau européen pour qu´un objectif plus ambitieux pour la réduction des gaz à effet de serre d´ici 2020 soit décidé. Contrairement à plusieurs pays de l'UE et de nombreuses sociétés européennes (2), le gouvernement luxembourgeois ne s´est toujours pas exprimé en faveur d'un tel objectif.

Dans ses campagnes de publicité, VW se présente comme un constructeur respectueux de l'environnement. S'il n'est pas « vert », il veut donner à l'opinion publique une image écologique responsable“, explique Martina Holbach, chargée de la campagne climat et énergie chez Greenpeace Luxembourg. „Mais c'est un écran de fumée. En réalité, dans les coulisses, Volkswagen est une des principales forces de lobby qui lutte contre des législations européennes plus ambitieuses pour la protection du climat“. Greenpeace multiplie les actions pour que cette force de lobby soit de notoriété publique.

Pressecommuniqué in deutscher Sprache

„Greenpeace appelle VW à arrêter son lobbying contre des législations plus ambitieuses pour la protection du climat. Par contre, VW doit suivre l´exemple d´autres entreprises européennes et soutenir un objectif européen de réduction de CO2 d´au moins 30% d´ici 2020“, demande Martina Holbach.

Dans un courrier daté du 1er février 2011, Volkswagen explique, suite à la demande de Greenpeace, sa position vis-à-vis du passage à un objectif de réduction de 30 % des émissions européennes. Le constructeur affirme que cette initiative «menacerait les emplois et entraînerait la désindustrialisation de l’Europe».

 

En Europe, le groupe n’est pas seulement un acteur économique : il est aussi un acteur politique important. Malgré la demande explicite aussi bien des consommateurs que des entreprises, Volkswagen fait pression de longue date contre des législations européennes ambitieuses pour la protection du climat, aussi bien en son propre nom que par le biais de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Le groupe dépense au moins 2,3 millions d’euros par an dans des activités de lobbying, rien qu’au niveau européen. En tant que principal contributeur de fonds d´ACEA, il devrait être de notoriété publique de savoir que Volkswagen exerce une influence majeure sur les activités de ce groupe de pression.

Aujourd'hui, la Commission européenne publiera son analyse sur les coûts et les bénéfices probables pour chaque État membre de l´UE en cas d´une augmentation de l'objectif climatique de l'UE de -20% à -30% d´ici 2020. Cette étude servira de base pour le prochain Conseil Environnement de l´UE en mars au cours duquel les ministres vont reprendre les discussions sur l´augmentation de l'objectif européen de réduction des gaz à effet de serre.

«L'analyse de la Commission européenne arrive à la conclusion qu'un objectif climatique plus ambitieux aurait des impacts positifs pour la sécurité énergétique et les économies d'énergie et favoriserait l'innovation économique et la création de nouveaux emplois en Europe», explique Martina Holbach. «Si l'UE s'engageait pour une augmentation de l'objectif de réduction de -20% à -30% d´ici 2020, une dynamique pourrait se créer dans le secteur des nouvelles technologies et pourrait contribuer efficacement à la lutte contre le réchauffement planétaire. Le ministre en charge du dossier climat, Monsieur Claude Wiseler, ne peut plus ignorer ces arguments. Greenpeace appelle le gouvernement luxembourgeois à enfin soutenir publiquement l´augmentation de l´objectif climatique de l'Union européenne».

 

Plus d´information:
Martina Holbach, Greenpeace Luxembourg, tél. 54625224 / 621233362
www.vwdarkside.com

Lisez le rapport « Le côté obscur de Volkswagen » (en français) ou « Die dunkle Seite des Volkswagen-Konzerns » (en allemand)

(1) L’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici à 2020 par rapport à 1990. D´un point de vue scientifique, cet objectif n´est pas suffisant avec les mesures nécessaires pour éviter les catastrophes futures dans la perspective du changement climatique. Depuis des années, Greenpeace exige l'augmentation de l´objectif de réduction de l´UE de -20% à au moins -30% d´ici 2020.

(2) Dans le cadre d’un mouvement qui gagne progressivement de l’ampleur, de grandes entreprises européennes, le Parlement européen et les ministres de l’Environnement du Danemark, du Royaume-Uni, du Portugal, de la Suède, de la Grèce et de l’Espagne, appellent à adopter un objectif de réduction de 30 % des émissions européennes : une telle initiative permettrait de dynamiser l’économie des États membres, de maintenir sa compétitivité, de favoriser les investissements dans les nouvelles technologies et de soutenir les efforts consentis au niveau international pour éviter un emballement catastrophique du climat. Plus de 90 grandes entreprises – parmi lesquelles Google, Ikea, Sony, Axa et Philips – apportent leur soutien à un objectif de -30 %, et nombre d’entre elles ont signé des déclarations publiques pour faire connaître leur position en faveur d’une politique européenne plus ambitieuse. Des chefs d’entreprises, des responsables politiques et des universitaires affirment qu’une revalorisation de l’objectif de réduction inciterait les entreprises à innover et investir, créant ainsi des millions d’emplois dans une économie «sobre en carbone». Le renforcement de l’objectif européen de réduction serait une stratégie gagnante.