Communiqués de presse - février 9, 2010
Dans sa décision n°2009-DC-0167 du 8 décembre 2009, l’Autorité de sûreté nucléaire française a fixé les prescriptions auxquelles devra satisfaire EDF, l‘exploitant des centrales nucléaires, pour les réacteurs de 1300 MWe, qui remplaceront la gestion de combustible de type Gemmes par un combustible de type Galice. Ce qui sera le cas de la centrale de Cattenom.
Le changement de combustible va entrainer une augmentation des
rejets radioactifs dans l'environnement. La nouvelle gestion de
combustible Galice produira, notamment, plus de tritium, l'isotope
radioactif de l'hydrogène. Pour pallier à cette nouvelle réalité,
les autorités françaises ont tout simplement augmenté les
autorisations de rejets[1]. Permettant à la centrale
de rejeter jusque 30% de radioactivités en plus par rapport à la
situation existante.
Dans son autorisation pour l'utilisation du combustible HTC[2] (haut taux de combustion) l'Autorité de
sûreté nucléaire a fixé certaines conditions techniques qui devront
être remplies avant la mise en œuvre de la gestion de combustible
Galice. Greenpeace vient d'interpeller le Ministre de la Santé,
Monsieur Mars Di Bartolomeo, pour savoir si le gouvernement
luxembourgeois sera tenu informé des mises en conformité
nécessaires par les autorités françaises.
Il y a lieu de noter que dans le cadre de l'enquête publique qui
a eu lieu en 2004, la centrale nucléaire de Cattenom a en plus été
autorisée à augmenter ses rejets de polluants chimiques en cas de
passage à la gestion Galice. L'autorisation prévoit notamment que
les rejets d'acide borique pourront passer à 21.250 kg/réacteur/an,
alors que les rejets actuels de la centrale de Cattenom ne
s'élèvent qu'à 7.500 kg/réacteur/an en moyenne.
Etant donné que la centrale nucléaire de Cattenom est la seule
centrale en France à rejeter en rivière ses effluents toxiques et
radioactifs, - les autres centrales les rejettent dans des fleuves
ou en mer - son impact sur l'environnement y est
proportionnellement plus élevé.
Greenpeace s'insurge contre la politique nucléaire française qui
consiste à privilégier la rentabilité économique et financière de
ses centrales au détriment de la protection de l'environnement et
de la santé humaine. L'organisation attend une réaction forte du
gouvernement luxembourgeois.
[1] L'autorisation de rejet passera, ainsi de 33
TBq en moyenne tri-annuelle (avec un maximum annuel autorisé de 35
TBq) par réacteur comme s'était le cas jusqu'à présent avec la
gestion de combustible Gemmes à, dans le cas d'une gestion de
nouveau combustible Galice, 35 TBq en moyenne tri-annuelle, mais
avec un dépassement maximum annuel autorisé cette fois à 43
TBq.
[2] Combustibles enrichi à plus de 4,3 %
d'uranium-235
Other contacts:
Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361