Un an jour pour jour après la Première Journée Nationale d'Action contre les OGM (1), la campagne pour un "Luxembourg sans OGM", soutenue par 20 ONG et associations luxembourgeoises rassemblées pour l'occasion en "Initiatives" (2), n'a rien perdu de sa dynamique. La campagne, qui a pour but la préservation de l'environnement, de l'agriculture et de la chaîne alimentaire luxembourgeoise contre les contaminations dues aux OGM, connaît un écho considérable: pas moins de 18 communes et quelques 200 agriculteurs ont déjà dit NON aux OGM. Ceux-ci ont officiellement exclu les plantes transgéniques de leurs terrains respectifs au travers de délibérations et de déclarations individuelles d'intention. Actuellement, c'est donc environ 10% des champs luxembourgeois qui sont garantis "sans OGM" par leurs propriétaires. Les Initiatives, qui présentent aujourd'hui un site Internet www.ounigentechnik.lu dédié à leur campagne, ne comptent pas s'arrêter là et vont, dans les prochains mois, approfondir leurs actions de sensibilisation notamment envers les agriculteurs.
La seule plante transgénique autorisée à la culture en Europe,
un maïs produit par le géant de l'agrochimie Monsanto, n'a pas
encore trouvé son chemin jusqu'aux champs luxembourgeois. Les
Initiatives voudraient conserver ce statu quo: "Comme l'a dit
récemment le Ministre de l'environnement français 'on ne peut pas
contrôler la dissémination des OGM'. Pour le Luxembourg, qui n'en
cultive pas pour le moment, l'important c'est donc d'agir
préventivement, de sensibiliser et d'informer les acteurs
principaux du dossier afin que cela n'arrive jamais! Nous comptons
sur les agriculteurs pour faire les choix qui s'imposent mais aussi
sur les communes, afin qu'elles relayent au maximum notre message",
explique Anne Thomas, la coordinatrice de l'Initiative "Luxembourg
sans OGM".
Clemens Frank est un agriculteur traditionnel de Lellig, il a
signé une déclaration individuelle qui l'engage à ne pas cultiver
d'OGM: "J'ai l'impression qu'avec les OGM, on joue avec le feu:
certains les plantent alors même que les risques et les dangers
qu'ils posent ne sont ni pris en compte, ni étudiés! Moi, je dis
donc haut et fort, et c'est pour ça que j'ai signé cette
déclaration, que c'est un devoir de refuser de cultiver des OGM".
Henri Noesen, de l'Initiative pour une "agriculture sans OGM au
Luxembourg" rajoute: "J'aimerais que le Luxembourg puisse toujours
miser, dans l'avenir, sur son agriculture et sa chaîne de
production alimentaire de très bonne qualité. Ceci passe forcément
par le refus des OGM. Pour un petit pays comme le nôtre, c'est un
atout qu'il ne faut pas négliger". Les travaux dans les champs
touchant à leur terme pour les agriculteurs, des actions de
sensibilisation qui aborderont également le problème de
l'importation de matières fourragères transgéniques à destination
des animaux d'élevage, vont être entreprises dans les prochaines
semaines.
Au Luxembourg, 16% des communes et 9% des agriculteurs font
partis du Réseau des "Zones sans OGM". En Europe, quelques 174
régions et 4500 municipalités se sont déjà déclarées officiellement
"sans OGM" depuis 1998. "Les agriculteurs sont bien sûr les
premiers concernés par la culture des OGM, mais les possibilités
offertes aux responsables communaux, ne sont pas négligeables",
continue Maurice Losch, échevin de la commune d'Erpeldange, commune
"sans OGM" depuis mars 2007. "La volonté publique est sans
ambiguïté: citoyens et consommateurs sont majoritairement contre
les OGM. En refusant clairement les plantes transgéniques sur leurs
territoires au travers d'une délibération, les communes envoient un
signal politique fort au gouvernement. Dire NON aux OGM est une
responsabilité politique envers les générations futures."
Les Initiatives mettent aujourd'hui en ligne un site Internet
qui, en plus de contenir une carte des "Zones sans OGM" du
Luxembourg, permettra à chaque intéressé - consommateur,
agriculteur ou élu local - de se mobiliser individuellement ou en
collectivité, afin de préserver le pays des OGM: www.ounigentechnik.lu.
Other contacts:
Anne THOMAS, Greenpeace Luxembourg, "Initiative Luxembourg sans OGM", tél: 621 19 46 21,
Maurice LOSCH, échevin de la "commune sans OGM" d'Erpeldange,
Henri NOESEN, Lëtzebuerger Saatbaugenossenschaft LSG, "Initiative pour une agriculture sans OGM au Luxembourg", tél: 263233-20, 
Notes:
(1) qui a eu lieu à l'Abbaye de Neumünster: http://www.greenpeace.org/luxembourg/footer/search?q=8+octobre
(2) L'"Initiative pour un Luxembourg sans OGM" rassemble: Aide à l'Enfance de l'Inde, ASTM, Attac Luxembourg, Baueren-Allianz, BioLABEL Luxemburg, BIONA, Demeter-Bond Lëtzebuerg, EBL (Emweltberodung Lëtzebuerg a.s.b.l.), Fondation Hëllef fir d'Natur, Greenpeace, Frères des Hommes, Life asbl, Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga, Luxemburger Landesverband fir Bienenzucht, Mouvement Ecologique, SOS Faim Luxembourg; elle concentre son action sur les communes. L'"Initiative pour une agriculture sans OGM au Luxembourg" rassemble: Bio-LABEL Luxemburg, Demeter-Bond Letzebuerg, Biobaueren aus den Naturparken Our an Uewersauer BIONA, Baueren-Allianz, Lëtzebuerger Saatbaugenossenschaft LSG, Jongbaueren a Jongwënzer, Convis et Fédération Horticole; elle s'occupe d'informer les agriculteurs.