Communiqués de presse - septembre 29, 2008
A la mi-septembre la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement européen avait adopté une proposition pour le développement des énergies renouvelables en Europe à une majorité écrasante. Cependant, cette proposition se trouve très gravement en danger, car quelques États membres de l'Union européenne, dont le Luxembourg, essayent de saboter les propositions de la Commission européenne et du Parlement européen qui visent à augmenter la proportion des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie pour la porter à 20% d’ici à 2020.
Eoliennes près de Dahme, en Allemagne.
Les ministres de l'Energie de l'UE négocient en ce moment une
position commune sur la directive des Energies renouvelables. On
peut légitimement s'attendre à ce que les ministres trouveront un
accord avant la prochaine réunion du Conseil européen de l'énergie
qui se tiendra le 10 octobre prochain. Un groupe d'États membres
emmené par l'Angleterre, le Luxembourg et l'Italie essaye
d´introduire de nouveaux éléments législatifs (1) pour permettre
aux Etats membres d'échapper à leurs responsabilités et qui
risquent de remettre en cause l´objectif global de l´UE en matière
de développement des énergies renouvelables.
Selon la proposition actuellement contenue dans la directive, le
Luxembourg devra augmenter d´ici 2020 sa proportion d'énergies
renouvelables de 1 à 11%. Les ministres compétents prétendent que
l´objectif de 11% d'énergie renouvelable ne serait pas réalisable,
malgré l'étude «Luxres» commanditée par le ministère de
l'Environnement sur les potentiels des énergies renouvelables qui
démontre le contraire (2). En outre, la proposition du Parlement
Européen prévoit des possibilités pour les États de l'UE de
réaliser leurs objectifs en énergies renouvelables en coopérant
avec les autres États membres.
«La position luxembourgeoise concernant la directive sur les
Energies renouvelables revient à fournir un certificat d'indigence
pour ce pays qui est non seulement le plus riche de l'UE mais qui
détient en plus le record des émissions de CO2 par habitant. Et au
lieu de soutenir le développement des énergies renouvelables au
niveau national ou en coopération avec les États voisins, le
ministre de l'Energie, Jeannot Krecké, préfère se batailler à
Bruxelles pour défendre de prétendus intérêts nationaux et pour
faire baisser les objectifs pour les énergies renouvelables de
toute l'UE», déclare Martina Holbach, chargée de la campagne Climat
à Greenpeace Luxembourg.
Greenpeace demande fermement au gouvernement qu´il somme
Monsieur Krécké d'arrêter immédiatement cette politique au niveau
européen et qu'il soutienne les propositions raisonnables du
Parlement européen. Greenpeace attend du gouvernement qu'il
soutienne et mette en œuvre des objectifs ambitieux en ce qui
concerne les énergies renouvelables au niveau national.
«Les chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE ont décidé en
mars 2007 de porter la part des énergies renouvelables dans la
consommation énergétique globale à 20%. Il s'agit d'une décision
importante pour réduire la dépendance énergétique de l'Europe par
rapport au pétrole et aux autres combustibles fossiles. En outre,
le développement des énergies renouvelables contribuera
considérablement à la réduction des gaz à effet de serre et va
ainsi apporter une contribution importante à la protection du
climat. Nous lançons un appel solennel au chef du gouvernement,
Monsieur Jean-Claude Juncker pour que le Luxembourg assume
entièrement sa responsabilité en matière de lutte contre le
changement climatique et donc aussi dans le secteur des énergies
renouvelables», ajoute Martina Holbach.
Other contacts:
Martina Holbach, 54 62 52 24
Daniela Pichler, 621 25 21 99
Notes:
(1) Le plus grand danger qui menace l’objectif de 20% d’énergie renouvelable de l'UE est la clause dite «de rendez-vous» qui a été présentée par la présidence française du Conseil et qui prévoit une révision des objectifs nationaux et ainsi que de l'objectif global de l'UE en 2014. En outre, quelques États veulent faire reconnaître leur participation dans la production des énergies renouvelables dans les pays hors UE (par exemple un projet de barrage en Chine qui ne contribuerait en rien à un apport en énergie durable en Europe). Une autre faille qui permettrait aux Etats de se soustraire à leurs responsabilités est la possibilité de prendre en compte de grands projets, même si ceux-ci ne sont pas encore en capacité de production.
(2) La production luxembourgeoise d'énergies renouvelables devrait s’élever, avec une consommation d'énergie constante à cause du Tanktourisme à environ 5100 GWh/an en 2020. Sans le Tanktourisme, la production devrait être que de 2.750 GWh/an. L’étude «Luxres» indique que le potentiel national «réalisable» s'élève d'ici 2020 à environ 3.000 GWh/an alors que le potentiel technique est de 30.600 GWh/an.