ENOVOS CHANGE DE LOGO

Greenpeace a présenté sa version du logo de la nouvelle société luxembourgeoise de distribution d’électricité ENOVOS

Communiqués de presse - mai 15, 2009
Des militants de Greenpeace ont fixé, cet après midi, le nouveau logo de la société ENOVOS sur le stand que le nouveau fournisseur d’électricité luxembourgeois tient à la foire du printemps, pour protester contre les plans d’ENOVOS d’investir dans des centrales au charbon. Le logo créé par Greenpeace inclut les mots «NO CO2» et «powered by coal».

Greenpeace présente sa version du logo de la nouvelle société luxembourgeoise de distribution d’électricité ENOVOS

ENOVOS persiste et signe

Fin 2008, Cegedel avait annoncé son intention de participer à la construction d'une centrale au charbon près de Rotterdam, aux Pays-Bas. Lors de la présentation du rapport «Faux Espoir» sur les risques liés à la technologie de capture et de séquestration du carbone (CCS), Greenpeace a démontré que la centrale prévue au Pays-Bas est un investissement très polluant et peu rentable économiquement.

Mais loin d'en rester là, le président du conseil d'administration de la société ENOVOS, Etienne Schneider, a annoncé, lors d'une table ronde la semaine dernière, leur intention de participer à la construction d'une nouvelle centrale au charbon près de Cologne en Allemagne. Actuellement, la société allemande RWE prévoit de construire une centrale au charbon de 450 MW avec CCS à Hürth près de Cologne. Greenpeace critique vivement le choix d'ENOVOS d'investir massivement dans le charbon, le combustible fossile le plus nocif pour le climat.

ENOVOS, plus noir que vert

«ENOVOS jette de la poudre aux yeux de ses clients. Dans ses brochures ENOVOS se vante de s'engager par des investissements ciblés à étendre significativement la part de l'énergie renouvelable dans son offre, mais la société se garde bien de parler des investissements prévus dans des centrales au charbon nuisibles au climat», déclare Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg.

Le gouvernement luxembourgeois qui est l'actionnaire majoritaire d'ENOVOS ne devrait en aucun cas autoriser la participation de la société luxembourgeoise dans des projets de centrale au charbon en sachant que cette énergie émet des quantités record de CO2.  Le Luxembourg doit par ailleurs soutenir les efforts européens en matière de lutte contre les changements climatiques. Investir dans le charbon va totalement à l'encontre des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Que fait le Parlement?

Greenpeace demande qu'un débat public soit engagé au niveau du prochain parlement pour définir les critères et le type d'investissement dans lequel ENOVOS pourra engager l'argent issus du démantèlement de Cegedel et de la fusion de la société. «Il n'est pas normal qu'un fonctionnaire, fusse-t-il président de la société ENOVOS, puisse prendre seul des engagements à hauteur de plusieurs centaines de millions d'€, sans aucun contrôle démocratique et sans que les choix politiques liés à l'énergie aient été débattus à la Chambre des députés. Nous sommes encore en démocratie au Luxembourg» poursuit Roger Spautz.

La technologie CCS, une fausse solution

Même sil s'agit de centrale au charbon équipée pour capter et stocker le CO2, ce n'est clairement pas une solution pour protéger le climat. Le charbon 'propre' n'existe pas et la technologie CCS est loin d'être applicable à l'échelle industrielle et n'est, de toute façon, pas compétitive.

S'il est en théorie, possible de 'capter' et de 'stocker' le CO2 émis par les centrales au charbon. Cette technologie n'est cependant pas encore suffisamment développée et présente les désavantages suivants:

  • elle diminue le rendement global de la chaîne de production d'énergie;
  • elle augmente significativement le coût de production de l'électricité;
  • les filières technologiques ne sont pas encore au point pour des applications industrielles et des recherches complémentaires doivent être menées et financées;
  • surtout, de grosses interrogations subsistent quant à la fiabilité sur le (très) long terme du stockage du carbone.

La capture et la séquestration du carbone représentent donc à l'heure actuelle, un détournement des moyens financiers qui pourrait être directement utilisés dans les solutions réelles aux changements climatiques: les énergies renouvelables, les économies d'énergie et l'efficacité énergétique.

Greenpeace a récemment publié un nouveau scénario énergétique qui détaille comment on pourrait épargner pas mal d'argent en tournant le dos au charbon. A l'échelon mondial, cette somme est estimée à quelque 16.000 milliards de dollars, d'ici 2030. Ce qui suffirait largement à financer le développement massif des énergies renouvelables. Le scénario énergétique de Greenpeace démontre comment ces énergies propres pourraient, d'ici 2050, assurer 80% de l'électricité mondiale.

Other contacts:

Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621 23 33 61