Greenpeace présente sa version du logo de la nouvelle société luxembourgeoise de distribution d’électricité ENOVOS
ENOVOS persiste et signe
Fin 2008, Cegedel avait annoncé son intention de participer à la
construction d'une centrale au charbon près de Rotterdam, aux
Pays-Bas. Lors de la présentation du
rapport «Faux Espoir» sur les risques liés à la technologie de
capture et de séquestration du carbone (CCS), Greenpeace a démontré
que la centrale prévue au Pays-Bas est un investissement très
polluant et peu rentable économiquement.
Mais loin d'en rester là, le président du conseil
d'administration de la société ENOVOS, Etienne Schneider, a
annoncé, lors d'une table ronde la semaine dernière, leur intention
de participer à la construction d'une nouvelle centrale au charbon
près de Cologne en Allemagne. Actuellement, la société allemande
RWE prévoit de construire une centrale au charbon de 450 MW avec
CCS à Hürth près de Cologne. Greenpeace critique vivement le choix
d'ENOVOS d'investir massivement dans le charbon, le combustible
fossile le plus nocif pour le climat.
ENOVOS, plus noir que vert
«ENOVOS jette de la poudre aux yeux de ses clients. Dans ses
brochures ENOVOS se vante de s'engager par des investissements
ciblés à étendre significativement la part de l'énergie
renouvelable dans son offre, mais la société se garde bien de
parler des investissements prévus dans des centrales au charbon
nuisibles au climat», déclare Roger Spautz de Greenpeace
Luxembourg.
Le gouvernement luxembourgeois qui est l'actionnaire majoritaire
d'ENOVOS ne devrait en aucun cas autoriser la participation de la
société luxembourgeoise dans des projets de centrale au charbon en
sachant que cette énergie émet des quantités record de CO2. Le
Luxembourg doit par ailleurs soutenir les efforts européens en
matière de lutte contre les changements climatiques. Investir dans
le charbon va totalement à l'encontre des objectifs de réduction
des émissions de gaz à effet de serre.
Que fait le Parlement?
Greenpeace demande qu'un débat public soit engagé au niveau du
prochain parlement pour définir les critères et le type
d'investissement dans lequel ENOVOS pourra engager l'argent issus
du démantèlement de Cegedel et de la fusion de la société. «Il
n'est pas normal qu'un fonctionnaire, fusse-t-il président de la
société ENOVOS, puisse prendre seul des engagements à hauteur de
plusieurs centaines de millions d'€, sans aucun contrôle
démocratique et sans que les choix politiques liés à l'énergie
aient été débattus à la Chambre des députés. Nous sommes encore en
démocratie au Luxembourg» poursuit Roger Spautz.
La technologie CCS, une fausse solution
Même sil s'agit de centrale au charbon équipée pour capter et
stocker le CO2, ce n'est clairement pas une solution pour protéger
le climat. Le charbon 'propre' n'existe pas et la technologie CCS
est loin d'être applicable à l'échelle industrielle et n'est, de
toute façon, pas compétitive.
S'il est en théorie, possible de 'capter' et de 'stocker' le CO2
émis par les centrales au charbon. Cette technologie n'est
cependant pas encore suffisamment développée et présente les
désavantages suivants:
- elle diminue le rendement global de la chaîne de production
d'énergie;
- elle augmente significativement le coût de production de
l'électricité;
- les filières technologiques ne sont pas encore au point pour
des applications industrielles et des recherches complémentaires
doivent être menées et financées;
- surtout, de grosses interrogations subsistent quant à la
fiabilité sur le (très) long terme du stockage du carbone.
La capture et la séquestration du carbone représentent donc à
l'heure actuelle, un détournement des moyens financiers qui
pourrait être directement utilisés dans les solutions réelles aux
changements climatiques: les énergies renouvelables, les économies
d'énergie et l'efficacité énergétique.
Greenpeace a récemment publié un nouveau scénario énergétique
qui détaille comment on pourrait épargner pas mal d'argent en
tournant le dos au charbon. A l'échelon mondial, cette somme est
estimée à quelque 16.000 milliards de dollars, d'ici 2030. Ce qui
suffirait largement à financer le développement massif des énergies
renouvelables. Le scénario énergétique de Greenpeace démontre
comment ces énergies propres pourraient, d'ici 2050, assurer 80% de
l'électricité mondiale.
Other contacts:
Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621 23 33 61