L'EFSA donne les avis sur base desquels la Commission européenne
tente de forcer l'entrée des OGM dans l'Union européenne. La
présidente du conseil d'administration de l'EFSA, la Hongroise
Diána Bánáti, (1) est membre du comité des directeurs de la branche
européenne de l'International Life Science Institute (Ilsi), telle
la nouvelle qui vient de Bruxelles aujourd'hui (2). Cet organisme
prétend donner des conseils scientifiques indépendants dans tous
les domaines agro-alimentaires, alors qu'il ne fait que reprendre à
son compte les données fournies par ses membres, au rang desquels
on compte notamment tous les grands des OGM que sont Monsanto,
Bayer, BASF, etc.
«Cette affaire est grave et scandaleuse. Sous ces conditions
nous demandons plus que jamais et d'urgence un moratoire (3) sur
toutes les nouvelles autorisations d'OGM dans l'Union européenne.
Les effets des OGM sur la santé et l'environnement ne sont pas
évalués correctement. Les autorisations d'OGM se font à
l'aveuglette sans aucune prise en compte des études scientifiques
indépendantes» s'indigne Maurice Losch, chargé de campagne OGM chez
Greenpeace Luxembourg.
Déjà en décembre 2008 les Etats membres ont envoyé un signal
fort et clair à la Commission européenne en exigeant l'amélioration
du processus d'évaluation des impacts à long terme des cultures
d'OGM sur l'environnement, la santé des consommateurs et
l'agriculture. Ils ont encouragé les études scientifiques
indépendantes sur les OGM et l'accès aux informations qui sont
aujourd'hui gardées secrètes par les compagnies de biotechnologie.
Ils ont également appelé l'EFSA à prendre en considération l'impact
des herbicides utilisés sur les cultures d'OGM tolérants aux
herbicides.
En réponse à la demande des Etats membres, la nouvelle
Commission européenne manœuvre pour accélérer les autorisations
d'OGM. Le 2 mars dernier et pour la première fois depuis 12 années
la Commission européenne a autorisé un OGM (la pomme de terre OGM
«Amflora») à la culture dans l'Union européenne (4). Au lieu de se
soucier de la sécurité alimentaire et de l'intérêt public, la
Commission européenne a préféré donner la priorité aux intérêts de
l'industrie agro-chimique. Les consommateurs européens sont en
grande majorité opposés aux OGM. «C'est un affront! La Commission
européenne méprise totalement la volonté politique des Etats
membres. Encore une fois le président de la Commission européenne
José Manuel Barroso et le commissaire de la santé John Dalli se
mettent au service des lobbies pro-OGM. Toutes les autorisations
d'OGM devraient être suspendues tant que la révision du processus
d'évaluation des OGM n'a pas été mise en œuvre», conclut Maurice
Losch de Greenpeace Luxembourg.
1 million de citoyens européens ont le droit d'adresser une
demande officielle à la Commission européenne. Demandez un
moratoire sur les autorisations d'OGM destinés à l'alimentation
dans l'Union européenne.
Signez la pétition «1 million de voix pour un avenir sans
OGM»!
Other contacts:
Maurice Losch, Chargé de Campagne OGM, tel: 621 215 024, 
Notes:
(1) Diána Bánáti n’est pas un cas isolé. En avril, l’ancienne directrice du département OGM de l’EFSA, Suzy Renckens, a été embauchée par l’agrochimiste Syngenta. L’actuel président du comité scientifique OGM de l’agence, le professeur Harry Kuiper, est, par ailleurs, le coordinateur d’Entransfood, un projet soutenu par l’UE visant à «favoriser l’introduction des OGM sur le marché européen et rendre l’industrie européenne compétitive».
(2) www.ilsi.org/europe
(3) Le 16 mars 2010 la Chambre des Députés du Luxembourg a demandé à l’unanimité un moratoire sur les autorisations d’OGM dans l’Union européenne.
(4) Le 15 juin 2010 le Ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo a interdit la pomme de terre OGM «Amflora» au Luxembourg et mi-septembre 2010 le Luxembourg, tout comme la Hongrie, l’Autriche et la France, a déposé plainte contre la Commission européenne dans ce même dossier.