Le commissaire à la Santé, M. Dalli, en accord avec le Président
Barroso a utilisé la procédure dite «écrite» pour permettre
l'autorisation de cette pomme de terre, afin d'éviter le débat au
sein du collège des Commissaires. C'est-à-dire que chaque
Commissaire avait trois jours pour apporter ses objections par
écrit à l'autorisation pour la culture de la pomme de terre OGM en
Europe. Apparemment, aucun Commissaire européen n'a réagi dans les
délais très courts impartis, ce qui a permis à M. Dalli de
prononcer l'autorisation avant la période d'ensemencement. «Malgré
notre appel incessant et l'appel de nombreuses organisations de
l'Initiative Luxembourg sans OGM, à Madame Reding, il semblerait
qu'elle n'ait pas non plus réagi et suivant le principe de «qui ne
dit mot consent». Maintenant nous devons faire face au pire»
explique Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.
La pomme de terre génétiquement modifiée (connue sous
l'appellation Amflora) a été développée par la Compagnie
agrochimique allemande BASF. Elle contient des gènes marqueurs
résistants à certains antibiotiques. Greenpeace dénonce cette
autorisation inacceptable pour les risques qu'elle fait courir à la
santé humaine et animale et à l'environnement.
Maurice Losch, responsable de la campagne OGM et agriculture
durable auprès de Greenpeace Luxembourg a exposé: «C'est choquant
et révoltant qu'un des premiers actes officiels de cette Commission
est d'autoriser la pomme de terre Amflora qui va faire courir des
risques inutiles notre agriculture, à l'environnement et à la santé
humaine. En six ans, Barroso n'a pas été capable d'apporter une
seule réponse satisfaisante aux questions qui lui étaient posées
sur les risques qu'entraîne l'utilisation de cette pomme de terre
génétiquement modifiée. Mais maintenant avec sa nouvelle
Commission, il parvient en un tour de cuillère à pot, à contourner
le débat au sein du collège des Commissaires. Le Commissaire Dalli,
suivant nos craintes, s'est écrasé devant Barroso au mépris de la
science, de l'opinion publique européenne et de la législation
européenne qui interdit le recourt aux marqueurs résistants aux
antibiotiques. C'est tout simplement scandaleux!»
L'Organisation Mondiale de la Santé et l'Agence européenne des
médicaments se sont toutes deux prononcées contre les marqueurs
utilisés dans la pomme de terre Amflora qui à recourt à des
«antibiotiques d'importance critique» pour la santé humaine et
animale. La dissémination de Amflora dans l'environnement pourrait
accroître la résistance des bactéries aux antibiotiques notamment
utilisés dans le traitement de maladies comme la tuberculoses. [1]
En plus, «Les risques de dissémination incontrôlée, comme vient de
le montrer encore récemment le cas de la contamination OGM du lin,
existent aussi pour la pomme de terre OGM. En cas de contamination
OGM, les conséquences économiques pour la filière agricole et
alimentaire en Europe seraient dramatiques», déclare Maurice
Losch.
Au cours de la procédure, une majorité d'états membres, dont le
Luxembourg, se sont opposés à l'autorisation de cette pomme de
terre. Etant donné que les problèmes scientifiques posés par
Amflora n'ont pas été résolus, Greenpeace lance un appel urgent aux
différents états membres pour qu'ils interdissent la culture de
cette pomme de terre sur leur territoire.
«Cette décision est d'autant plus inexplicable qu'Amflora est
une pomme de terre qui contient une forte concentration en amidon
qui a été développée pour être utilisée dans des processus
industriels, l'alimentation animale et comme engrais. Mais compte
tenu que des pommes de terre conventionnelles présentant des taux
identiques en amidon existent déjà sur le marché, sans
l'inconvénient de présenter des gènes de résistance aux
antibiotiques, nous demandons à Monsieur Mars Di Bartolomeo,
ministre de la Santé de réagir immédiatement en déclenchant la
clause de sauvegarde pour interdire la culture d'Amflora au
Luxembourg afin préserver la santé des consommateurs, l'agriculture
et l'environnement» conclut Maurice Losch.
Other contacts:
Maurice Losch, Chargé de Campagne OGM, Greenpeace Luxembourg
Tel.: 621 215 024, Email: maurice.losch@greenpeace.org
Marco Contiero, Greenpeace EU agriculture policy director, Tel.: +32 (0)2 274 1906,
+32 (0)477 777034 (mobile), Email: marco.contiero@greenpeace.org
Notes:
[1] Rapport de l’OMS in: http://www.who.int/foodborne_disease/resistance/amr_feb2005.pdf
et rapport de l’EMEA - Committee for medicinal products for veterinary use and Committee for medicinal products for human use, Presence of the antibiotic resistance marker gene nptII in GM plants for food and feed uses. EMEA/CVMP/56937/2007. 22 February 2007 in: http://www.emea.europa.eu/pdfs/human/opiniongen/5693707en.pdf