La ligne haute tension de Sotel: stop ou encore?

Communiqués de presse - juillet 11, 2010
Lors d’une conférence de presse donnée ce matin, Greenpeace a présenté les nouveaux éléments dans la campagne contre la ligne haute tension de Sotel.

Pas d'autorisation à Sanem

Il y a plusieurs semaines, Greenpeace avait interrogé les responsables de la commune de Sanem sur la légalité du projet de la ligne haute tension qui devra relier le poste de Moulaine en France avec le poste de Sotel à Soleuvre pour importer de l'énergie nucléaire pour alimenter les fours électriques d'Arcelor / Mittal. Le tracé prévoit que la ligne devrait passer entre 5 et 30 mètres près d'habitations à Belvaux, ce qui est contraire au Plan d'Aménagement Général de la commune de Sanem qui précise que, pour des raisons de prévention sanitaire une distance de 50 mètres entre le centre du tracé et des constructions est à respecter pour les lignes haute tension de 100 kV ou plus.

Lors d'une réunion récente, le bourgmestre de Sanem a informé les responsables de Greenpeace sur l'avis juridique établi pour leur commune. Cet avis conclut que la société Sotel devrait en fait solliciter une autorisation de bâtir préalablement aux travaux de construction dans la mesure où, d'une part, elle procède obligatoirement à des travaux de déblai et de remblai sur le territoire de la commune, et d'autre part, dans la mesure où elle effectue des travaux d'assemblage relevant au sens de la définition du tribunal administratif de la notion de construire. Le bourgmestre de Sanem n'émettra, donc par conséquent, pas d'autorisation contraire au règlement de la commune, pour les travaux projetés.

Par ailleurs, des habitants de Redange (F) dans la même situation que leurs voisins de Belvaux ont aussi découvert les «magouilles» de la société Sotel. D'après les témoignages des habitants du quartier Nouvelle Cité, les géomètres de SOTEL ont raconté lors des repérages à certains riverains qu'ils enterraient de simples lignes électriques pour un futur lotissement, à d'autres qu'ils préparaient le tracé d'une route ou qu'ils reliaient la zone à de futures éoliennes .... Greenpeace a remis les pendules à l'heure en matière d'information. Une opposition forte est aussi à prévoir du côté français où Sotel souhaitait fermer la rue durant tout le mois d'Août.

Travaux illégaux: des illégalités aussi constatées sur le territoire de Sanem

Greenpeace a constaté que des travaux pour la construction de la ligne haute tension ont déjà eu lieu sur le territoire de la commune de Sanem. Ces travaux ont donc eu lieu, comme ceux sur le territoire de Differdange dans la complète illégalité, vu qu'aucune autorisation n'a été sollicitée auprès du bourgmestre de Sanem et que celui-ci n'en accordera pas. Cet élément a été inclus dans plainte que Greenpeace a déposée contre Sotel et contre la société de construction Nouvelle Terrest. Fin février Greenpeace avait déjà déposé une plainte contre Sotel pour non-respect de l'autorisation ministérielle. Des travaux de déboisement dans la zone Natura 2000 dépassaient très largement les distances fixées par l'autorisation ministérielle.

Ligne haute tension pour Enovos

La société Sotel a demandé l'autorisation pour la construction d'une ligne haute tension de 2 x 225 kV pour relier le réseau luxembourgeois au réseau français. Différents éléments révèlent que Sotel construit une ligne de 225 kV pour son propre compte et que la deuxième ligne est construite pour la société Enovos. Lors de la présentation du rapport annuel d'Enovos et de Creos, qui est le gestionnaire du réseau d'Enovos. Un responsable d'Enovos a annoncé l'intention de relier le réseau publique luxembourgeois au réseau français. Les recherches sur le terrain de Greenpeace confirment que pour l'instant on est en train de poser deux lignes haute tension sur le territoire luxembourgeois et seulement une ligne sur le territoire français. Le Ministre délégué au Développement durable, Marco Schanck, vient de confirmer que seulement une ligne sera exploitée par Sotel.

«Nous sommes scandalisés par le fait que le gouvernement luxembourgeois, qui est le plus important actionnaire d'Enovos et dont un haut fonctionnaire occupe la place de Président au sein du conseil d'administration, essaie de connecter le réseau public luxembourgeois au réseau français pour importer de l'énergie nucléaire», a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg. «Ce qui est plus grave encore, c'est que contrairement aux gouvernements précédents, la déclaration gouvernementale Juncker-Asselborn II n'apporte plus aucune réserve sur l'énergie nucléaire. Ce gouvernement essaie de contourner le consensus anti-nucléaire national[1] dans le plus grand secret et sans débat public ou parlementaire. Ceci démontre, si besoin en était, que ce gouvernement n'a aucune véritable stratégie énergétique durable pour le pays», a continué Roger Spautz.

Greenpeace s'interroge aussi sur les responsabilités en cause dans cette affaire. Qui a donné son accord pour une telle connexion avec le réseau français? L'ancien Ministre de l'Environnement, Lucien Lux, était-il au courant de ce fait lorsqu'il a donné son autorisation ministérielle ou est-ce une action isolée du Ministre Krecké, qui est entre temps membre du Conseil d'administration d'Arcelor-Mittal? Le Ministre délégué au Développement Durable, M. Schank n'a pas répondu à ces questions mais les a transmises au Ministre de l'Economie, Jeannot Krecké.



[1] Selon un récent Eurobaromètre (avril 2010) 65% des luxembourgeois estiment que les risques liés à l'énergie nucléaire l'emportent sur ses avantages. (http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2010/04/eb-nucleaire/index.html)

Other contacts:

Pour toute information supplémentaire: Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361