Pas d'autorisation à Sanem
Il y a plusieurs semaines, Greenpeace avait interrogé les
responsables de la commune de Sanem sur la légalité du projet de la
ligne haute tension qui devra relier le poste de Moulaine en France
avec le poste de Sotel à Soleuvre pour importer de l'énergie
nucléaire pour alimenter les fours électriques d'Arcelor / Mittal.
Le tracé prévoit que la ligne devrait passer entre 5 et 30 mètres
près d'habitations à Belvaux, ce qui est contraire au Plan
d'Aménagement Général de la commune de Sanem qui précise que, pour
des raisons de prévention sanitaire une distance de 50 mètres entre
le centre du tracé et des constructions est à respecter pour les
lignes haute tension de 100 kV ou plus.
Lors d'une réunion récente, le bourgmestre de Sanem a informé
les responsables de Greenpeace sur l'avis juridique établi pour
leur commune. Cet avis conclut que la société Sotel devrait en fait
solliciter une autorisation de bâtir préalablement aux travaux de
construction dans la mesure où, d'une part, elle procède
obligatoirement à des travaux de déblai et de remblai sur le
territoire de la commune, et d'autre part, dans la mesure où elle
effectue des travaux d'assemblage relevant au sens de la définition
du tribunal administratif de la notion de construire. Le
bourgmestre de Sanem n'émettra, donc par conséquent, pas
d'autorisation contraire au règlement de la commune, pour les
travaux projetés.
Par ailleurs, des habitants de Redange (F) dans la même
situation que leurs voisins de Belvaux ont aussi découvert les
«magouilles» de la société Sotel. D'après les témoignages des
habitants du quartier Nouvelle Cité, les géomètres de SOTEL ont
raconté lors des repérages à certains riverains qu'ils enterraient
de simples lignes électriques pour un futur lotissement, à d'autres
qu'ils préparaient le tracé d'une route ou qu'ils reliaient la zone
à de futures éoliennes .... Greenpeace a remis les pendules à
l'heure en matière d'information. Une opposition forte est aussi à
prévoir du côté français où Sotel souhaitait fermer la rue durant
tout le mois d'Août.
Travaux illégaux: des illégalités aussi constatées sur le
territoire de Sanem
Greenpeace a constaté que des travaux pour la construction de la
ligne haute tension ont déjà eu lieu sur le territoire de la
commune de Sanem. Ces travaux ont donc eu lieu, comme ceux sur le
territoire de Differdange dans la complète illégalité, vu qu'aucune
autorisation n'a été sollicitée auprès du bourgmestre de Sanem et
que celui-ci n'en accordera pas. Cet élément a été inclus dans
plainte que Greenpeace a déposée contre Sotel et contre la société
de construction Nouvelle Terrest. Fin février Greenpeace avait déjà
déposé une plainte contre Sotel pour non-respect de l'autorisation
ministérielle. Des travaux de déboisement dans la zone Natura 2000
dépassaient très largement les distances fixées par l'autorisation
ministérielle.
Ligne haute tension pour Enovos
La société Sotel a demandé l'autorisation pour la construction
d'une ligne haute tension de 2 x 225 kV pour relier le réseau
luxembourgeois au réseau français. Différents éléments révèlent que
Sotel construit une ligne de 225 kV pour son propre compte et que
la deuxième ligne est construite pour la société Enovos. Lors de la
présentation du rapport annuel d'Enovos et de Creos, qui est le
gestionnaire du réseau d'Enovos. Un responsable d'Enovos a annoncé
l'intention de relier le réseau publique luxembourgeois au réseau
français. Les recherches sur le terrain de Greenpeace confirment
que pour l'instant on est en train de poser deux lignes haute
tension sur le territoire luxembourgeois et seulement une ligne sur
le territoire français. Le Ministre délégué au Développement
durable, Marco Schanck, vient de confirmer que seulement une ligne
sera exploitée par Sotel.
«Nous sommes scandalisés par le fait que le gouvernement
luxembourgeois, qui est le plus important actionnaire d'Enovos et
dont un haut fonctionnaire occupe la place de Président au sein du
conseil d'administration, essaie de connecter le réseau public
luxembourgeois au réseau français pour importer de l'énergie
nucléaire», a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg. «Ce
qui est plus grave encore, c'est que contrairement aux
gouvernements précédents, la déclaration gouvernementale
Juncker-Asselborn II n'apporte plus aucune réserve sur l'énergie
nucléaire. Ce gouvernement essaie de contourner le consensus
anti-nucléaire national[1] dans le plus grand secret
et sans débat public ou parlementaire. Ceci démontre, si besoin en
était, que ce gouvernement n'a aucune véritable stratégie
énergétique durable pour le pays», a continué Roger Spautz.
Greenpeace s'interroge aussi sur les responsabilités en cause
dans cette affaire. Qui a donné son accord pour une telle connexion
avec le réseau français? L'ancien Ministre de l'Environnement,
Lucien Lux, était-il au courant de ce fait lorsqu'il a donné son
autorisation ministérielle ou est-ce une action isolée du Ministre
Krecké, qui est entre temps membre du Conseil d'administration
d'Arcelor-Mittal? Le Ministre délégué au Développement Durable, M.
Schank n'a pas répondu à ces questions mais les a transmises au
Ministre de l'Economie, Jeannot Krecké.
[1] Selon un récent Eurobaromètre (avril 2010) 65%
des luxembourgeois estiment que les risques liés à l'énergie
nucléaire l'emportent sur ses avantages.
(http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2010/04/eb-nucleaire/index.html)
Other contacts:
Pour toute information supplémentaire: Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361