Greenpeace est très choqué par la position du Luxembourg qui ne
s'est pas opposé au compromis élaboré par le Groupe des régulateurs
européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG[1]) sur la proposition minimaliste concernant
les tests de résistance des installations nucléaires en Europe.
Afin de rédiger le cahier des charges pour les tests de
résistance, la Commission européenne et ENSREG ont été invités à
définir le plus rapidement possible l'étendue et les modalités de
ces tests. Ce travail se fait par ailleurs avec la participation
pleine et entière des États membres.
Durant ces derniers jours les membres de l'ENSREG ont élaboré un
compromis réellement minimaliste qui n'inclut carrément pas ou
alors de manière tellement partielle les risques liés aux erreurs
humaines, aux attaques terroristes, aux cyber-attaques ou à la
chute d'un avion. Le commissaire européen à l'énergie, Günther
Oettinger, aimerait que les tests tiennent compte de l'âge des
réacteurs, la France et l'Angleterre estiment que cet élément n'est
pas essentiel.
D'après des informations fiables transmises à Greenpeace sur le
déroulement et le contenu des négociations au sein de l'ENSREG,
seuls l'Allemagne et l'Autriche ont clairement réclamé des critères
plus sévères. En ne se ralliant pas à cette position critique, le
Luxembourg a donc rejoint le camp du lobby nucléaire. Ce qui est
inacceptable!
«La déclaration dans la presse[2] du représentant du
Luxembourg à ces négociations et par ailleurs fonctionnaire à la
Division de la Radioprotection selon qui, le Luxembourg serait en
accord avec la proposition de l'ENSREG est particulièrement
choquante et en parfait désaccord avec les déclarations du
gouvernement», a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg.
Greenpeace tient à rappeler les propos du Premier Ministre
Jean-Claude Juncker: «L'ensemble des centrales nucléaires
européennes seront soumises à un "stress-test", qui ne sera
concluant que si les règles et les modalités qui le régissent sont
identiques partout et s'il aboutit à des normes de sécurité
obligatoires partout en Europe. (...). C'est ainsi que nous avons
le droit de nous voir apporter la preuve que si un jumbo jet aux
réservoirs pleins s'écrasait sur la centrale nucléaire de Cattenom
cela ne pourrait pas provoquer de catastrophe radioactive. A défaut
de fournir cette preuve, la centrale de Cattenom doit être
arrêtée»[3].
Greenpeace lance un appel urgent au gouvernement de revenir sans
aucune équivoque sur la position actuelle et de clairement faire
savoir aux institutions européennes que le Luxembourg s'oppose à
tout compromis à minima pour les tests de résistance.
«En l'absence d'une correction rapide de la part du Premier
ministre sur la position du Luxembourg concernant les stress tests,
nous considèrerons que ce gouvernement n'a plus aucune crédibilité
au sujet du nucléaire et devrons en tirer les conséquences» conclut
Paul Delaunois, directeur de Greenpeace.
[1] l'ENSREG (European Nuclear Safety Regulators'
Group) , créé en mars 2007, réunit dans le domaine du nucléaire les
responsables d'Autorités de sûreté de l'Union européenne (27
États-membres), ainsi que la Commission européenne.
[2]
http://www.wort.lu/wort/web/europa_und_welt/artikel/2011/05/150639/luxemburg-segnet-stresstest-kompromiss-ab.php
[3] Extrait du discours sur l'Etat de la nation
prononcé par Jean-Claude Juncker le 6 avril 2011.
Other contacts:
Roger Spautz: gsm: 621233361
Paul Delaunois: gsm: 621493014