Les informations environnementales n’auront plus de secret

Communiqués de presse - février 6, 2007
Après une bataille juridique de plus d’un an, opposant Greenpeace au Ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, au sujet de l’application de la loi du 25 novembre 2005 relative à l’accès du public aux informations environnementales, la Cour administrative vient de donner raison à l’organisation de protection de l’environnement. La transparence environnementale est désormais de mise au Luxembourg.

Alors que toute une série de débats relatifs aux questions énergétiques se profilait à l'horizon du début de l'année 2006, Greenpeace profite de la toute récente publication de la  transposition en droit national de la Directive européenne 2003/4/CE - consacrant le droit pour chaque citoyen de demander aux autorités publiques des informations environnementales - pour  demander à Jeannot Krecké, en charge de l'énergie, des informations sur les quantités d'électricité fournie par la centrale Turbine gaz vapeur réellement utilisées par ARCELOR et sur les quantités et l'origine exacte de celles importées par la Société Sotel pour alimenter les aciéries du Sud du Pays.

Le Ministre refuse de communiquer ces informations argumentant qu'il ne les possède pas et qu'elles sont de toute façon confidentielles.  

Le président du Tribunal administratif déboute en première instance le recours introduit par la Fondation Greenpeace sur une question de forme relative à une modification de ses statuts. Sans se décourager, Greenpeace fait alors appel à l'une de ses militantes qui repose les mêmes questions au Ministre et qui se voit à son tour opposer la même fin de non recevoir.

Les joutes juridiques vont alors se succéder tout au long de l'année 2006, opposant les défenseurs de l'environnement qui ne réclament ni plus ni moins que l'application du droit à l'information, à l'Etat, soutenu par les avocats de Arcelor, Sotel, Twinerg et Cegedel qui vont utiliser tous les moyens pour empêcher la diffusion  d'informations environnementales concernant l'origine de l'électricité qui alimente les aciéries se trouvant sur le territoire  luxembourgeois.  

«Alors que le ministre de l'Environnement encourage les citoyens à s'approprier les questions relatives aux changements climatiques, son collègue refuse de jouer le jeu de la transparence  en ne rendant pas des informations servant indiscutablement à participer à ce débat. Ceci est symptomatique de la schizophrénie de ce gouvernement en matière de politique énergétique» s'est  exprimé Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg.

Finalement, la Cour administrative vient de statuer en appel, en rappelant le ministre à ses obligations: «La cour est amenée (…) à retenir que l'autorité publique ministérielle, après avoir déclaré ne pas détenir les informations sollicitées (…), après mise en avant d'une détention probable de ses données par l'Institut luxembourgeois de régulation, aurait dû, pour donner satisfaction aux exigences posées par le droit européen, transmettre la demande immédiatement audit institut (…) avec information parallèle à la demanderesse» et ordonne donc de «renvoyer le  dossier au ministre de l'Economie et du Commerce extérieur aux fins de transmission immédiate à l'ILR en prosécution de cause.»

Malgré les oppositions du Ministère de l'Economie et du Commerce extérieur, des sociétés Arcelor S.A., Sotel s.c. et Twinerg S.A., la ténacité de Greenpeace et de son avocate a permis d'obtenir un jugement favorable à l'application sans restriction de la loi du 25 novembre 2005 relative à l'accès du public en matière d'information environnementale.  

«Il s'agit d'une victoire importante pour l'application du droit environnemental au Luxembourg» a conclu Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.

Other contacts:

Roger Spautz, tél: 54 62 52 27, mobile: 621 23 33 61
Paul Delaunois, tél: 54 62 52 22, mobile: 621 49 30 14