Les réserves marines constituent une protection indispensable contre les impacts des changements climatiques

Communiqués de presse - mars 27, 2007
Il est nécessaire que l'Europe crée un réseau étendu de réserves naturelles dans les mers pour se protéger des conséquences du réchauffement planétaire et aider la faune et la flore marines à survivre aux impacts des changements climatiques, selon un dossier (1) publié aujourd'hui par Greenpeace.

Ce dossier explique combien il est important de créer de vastes réserves marines interconnectées pour aider les ressources marines, actuellement fort diminuées, à se reconstituer après des dizaines d'années de surpêche et de pollution qui les ont dévastées. Cette publication précède une rencontre des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Bruxelles la semaine prochaine et qui fera le point sur la situation actuelle au niveau planétaire en ce qui concerne les impacts des changements climatiques.

"Protéger les algues marines, les étoiles de mer et les calmars n'est pas un luxe: notre sort est lié à la survie de ces espèces et de leurs habitats au sein d'un écosystème sain et équilibré. Mettre à l'abris de grande portions des océans en en faisant des réserves marines dans lesquelles toutes les activités destructrices sont exclues représentera une assurance précieuse face à notre avenir incertain," a déclaré Saskia Richartz, conseillère sur les politiques marines de l'Unité européenne de Greenpeace.

L'environnement sous-marin est crucial pour la bonne santé de la planète. Tout en constituant une importante source de protéines pour des millions de personnes dans les régions côtières, les mers absorbent la chaleur de l'atmosphère et contribuent ainsi à la redistribuer dans tout le globe.

Mais des activités destructrices comme la surpêche, l'extraction de sable et de gravier, l'exploration minière et la pollution font subir à l'écosystème marin une pression intolérable, compromettant sa capacité à reconstituer ses ressources et à s'adapter à des conditions différentes, comme les changements climatiques.

L'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère a déjà provoqué une hausse de la température de l'eau des mers jusqu'à une profondeur de 3 000 mètres, selon des découvertes des Nations unies publiées en février. Parmi les autres impacts des changements climatiques sur l'environnement marin qui sont prévisibles on peut citer un rétrécissement et un déplacement des frayères, une modification des courants, une augmentation de l'acidité due à l'absorption de dioxyde de carbone, une élévation du niveau de la mer et des tempêtes plus fréquentes, autant de menaces pour les écosystème et habitats côtiers.

Les pires scénarios prévoient un décalage et un affaiblissement des courants océaniques, une montée du niveau des mers, et une élévation de la température et de l'acidité de l'eau. La capacité de la mer à absorber les excédents de CO2 va baisser et la circulation de la chaleur de l'équateur vers les pôles va être fortement perturbée. Ces phénomènes contribueront à leur tour à déstabiliser davantage le système climatique, entraînant davantage d'extinctions d'espèces.

On peut prévoir que le Parlement européen va soutenir l'appel à la création d'un réseau de réserves marines allant de la Baltique et la mer du Nord à la Méditerranée quand sera soumise au vote, cet été, une proposition de nouvelle réglementation européenne, la directive "Stratégie pour le milieu marin". Pour le moment, les pays membres de l'UE, qui doivent également discuter de l'adoption de cette réglementation, ont été réticents à soutenir la création de réserves marines.

"Puisque les règles européennes actuelles ne permettent pas d'empêcher un déclin, année après année, des populations de poissons, il est temps d'adopter une nouvelle approche fondée sur le respect de la complexité et de l'interdépendance des milieux marins. Des réserves marines doivent constituer le coeur de ce système. Ces zones fournissent de la protection à la faune et la flore océaniques, et permettent aux écosystèmes endommagés de se reconstituer et se renouveler pour mieux résister aux impacts des activités humaines, dont les changements climatiques," a déclaré Paul Johnston, le directeur de l'Unité scientifique de Greenpeace International à l'Université d'Exeter.

Other contacts:

Saskia Richartz, conseillère sur les politiques marines, Unité européenne de Greenpeace, tél +32 (0)2 274 1902,

Dr. Paul Johnston, Scientifique principal, Laboratoires de recherche de Greenpeace, Université d'Exeter, tél +44 (0) 1392 413019.

Katharine Mill, responsable presse, Unité européenne de Greenpeace, tél +32 (0)2 274 1903,

Notes:

(1) Le dossier The Heat Is On (Le chauffage est en marche) peut être téléchargé à l'adresse suivante: http://www.greenpeace.eu/downloads/oceans/TheHeatIsOn.pdf