Des militants Greenpeace dessinent sur le sol une carte du Luxembourg en graines de maïs avec l'inscription "Luxembourg sans maïs Monsanto".
Greenpeace entend ainsi alerter l'opinion publique et les
responsables politiques des risques sanitaires et environnementaux
inhérents à tout OGM et particulièrement aux maïs transgéniques
MON810, autorisé à la culture, et MON863, autorisé à l'importation
en Europe.
À l'occasion de cette action, Greenpeace a lancé une pétition
par laquelle les consommateurs demandent au Ministre de la Santé,
Monsieur Mars Di Bartolomeo, de mettre tout en œuvre pour préserver
le Luxembourg des maïs OGM MON810 et MON863 de Monsanto.
Malgré les évidences scientifiques prouvant que les OGM posent
de sérieux risques pour l'environnement et la santé humaine, et
malgré l'opposition d'une majorité de consommateurs (2) et d'Etats
membres de l'Union Européenne, les grandes multinationales, telles
que Monsanto, et les lobbies pro-OGM essaient d'imposer à l'Europe
leurs produits dangereux. Dans ce contexte le documentaire "Le
monde selon Monsanto / Monsanto mat Gëft a Genen" diffusé la veille
sur RTL Télé Lëtzebuerg a révélé les pratiques peu scrupuleuses de
cette multinationale.
A l'heure actuelle, seul un maïs OGM produit par Monsanto, le
'MON810' (3), est autorisé à la culture en en Europe. Malgré le
fait qu'un certain nombre d'Etats-membres l'ait déjà interdit sur
leur territoire (4), il continue à être commercialisé sur le marché
européen. "Le danger que ce maïs soit cultivé au Luxembourg est
bien réel; tandis que le MON863, un autre maïs transgénique de
Monsanto, peut actuellement être importé au Luxembourg. En lançant
la pétition 'Luxembourg sans maïs Monsanto' (5) nous demandons au
Ministre de la Santé d'interdire les deux maïs en question",
déclare Maurice Losch, responsable de la campagne OGM chez
Greenpeace Luxembourg.
Les OGM au menu de la Commission européenne
Le 7 mai prochain la Commission européenne va débattre de la
proposition du Commissaire européen en charge de l'Environnement,
Monsieur Stavros Dimas, d'interdire deux maïs transgéniques (6),
qui s'appuie sur les résultats inquiétants de nouvelles études
scientifiques. C'est la première fois qu'un commissaire européen
ose défier les firmes agro-technologiques.
La commission va également essayer de définir une politique
européenne cohérente en matière d'OGM et tentera une réforme de la
procédure d'autorisation des OGM, qui présente des déficits
structurels importants, notamment en ce qui concerne le rôle ambigu
qu'y joue l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) qui
s'est jusqu'à présent toujours prononcée en faveur des OGM.
Finalement la Commission va devoir se prononcer sur la demande
d'autorisation de mise sur le marché de la pomme de terre
génétiquement modifiée "Amflora" EH92-527-1, produite par la firme
agro-chimique allemande BASF. Cette pomme de terre transgénique
utilise un gène marqueur de résistance à un antibiotique, alors que
cet antibiotique est classifié comme hautement important en
médecine humaine et vétérinaire par l'Agence européenne des
médicaments (EMEA) et l'Organisation mondiale de la santé
(OMS).
"Au Luxembourg, 52 communes ont pris la décision, dans leurs
conseils communaux respectifs, de refuser les OGM. Nous demandons à
Madame Viviane Reding, membre luxembourgeoise de la Commission
européenne, de dire 'Non aux OGM' en Europe lors du débat
d'orientation sur les OGM et de soutenir les propositions du
Commissaire européen en charge de l'Environnement, Monsieur Stavros
Dimas", conclut Maurice Losch de Greenpeace Luxembourg.
Other contacts:
Maurice Losch, chargé de campagne OGM, Greenpeace Luxembourg,
gsm: 621 215 024 ou email:
.
Notes:
(1) Monsanto, multinationale américaine et leader mondial des OGM est considérée comme l'un des plus gros pollueurs de notre époque.
(2) En 2005 lors d'un sondage TNS-ILRES 83% des consommateurs du Luxembourg ont clairement précisé qu'ils préféraient manger "sans OGM".
(3) Le maïs transgénique MON810 produit une toxine capable de tuer un insecte ravageur, la pyrale. Il est encore à l'heure actuelle le seul OGM autorisé à la culture en Europe et a été planté en 2007 sur 1% de la surface totale agricole, soit sur 100 000 hectares, essentiellement en France et en Espagne.
(4) La Roumanie, et la France très récemment, mais également la Grèce, la Hongrie, la Pologne et l'Autriche ont déjà interdit le MON810 en préconisant la "clause de sauvegarde" prévue par la directive 2001-18 (art. 23) et qui permet à un Etat d'interdire provisoirement la culture et/ou l'utilisation d'OGM, si des "faits scientifiques nouveaux" pouvant induire des risques pour la santé ou l'environnement sont apparus après son autorisation.
(5) La petition "Luxembourg sans maïs Monsanto" peut être signée sur le site www.greenpeace.lu. La date de clôture pour la pétition est le 1er juillet 2008. Greenpeace remettra l'ensemble des signatures au ministre de la Santé, M. Mars Di Bartolomeo.
(6) Le 25 octobre 2007, Monsieur Stavros Dimas, a décidé de proposer à ses collègues de la Commission de refuser l'autorisation de culture en Europe de deux maïs génétiquement modifiés développés par les sociétés Syngenta et Pioneer/Dow. Il s'agit des maïs OGM Bt11 et 1507 qui produisent leur propre toxine capable de tuer des insectes ravageurs du maïs.