Mettre fin aux commerces de bois illégal

Le Luxembourg soutiendra-t-il une loi européenne efficace?

Communiqués de presse - avril 8, 2009
Lancé en 2003, le plan d’action européen pour lutter contre les importations de bois illégal et améliorer la gouvernance dans les pays producteurs (FLEGT) entre enfin dans sa phase finale qui devrait aboutir à une loi européenne. Notamment après le vote en plénière du Parlement européen le 24 avril prochain et la position du Conseil européen des ministres de l’Agriculture en juin, il y a de l’espoir que la loi européenne réglementant le commerce du bois illégal soit finalisée avant l’été, si la Présidence tchèque s’en donne les moyens.

Pour Sébastien Risso, directeur de la campagne forêt auprès de Greenpeace Europe: «Le texte proposé par la Commission Européenne en octobre 2008 était extrêmement faible et nous faisait craindre le pire. Le vote de la commission Environnement du Parlement européen de février dernier a redonné un nouveau souffle aux discussions et nous permets d'envisager une loi à la hauteur des enjeux».

Greenpeace demande une loi beaucoup plus ambitieuse que celle proposée par la Commission européenne. La version actuelle prévoit de favoriser l'accès aux documents qui prouvent la légalité du bois pour tenter de tracer le bois et les produits forestiers. Il est cependant bon de rappeler que le problème réside principalement dans l'absence d'une réelle chaîne de traçabilité du bois. En d'autres mots, il ne suffit pas de montrer des papiers faisant preuve de la légalité du bois mais bien que ces documents soient authentifiables et vérifiables.

En effet, l'exploitation et le commerce de bois illégal constituent un des éléments moteurs de la déforestation et de l'appauvrissement des populations qui dépendent des forêts. Pour Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg: «Nous souhaitons une loi qui responsabilise les importateurs européens car nous avons démontré qu'il était très simple de blanchir du bois illégal dans des pays où la corruption est forte comme le Cameroun ou encore de contourner des embargos comme en Birmanie. C'est uniquement avec une loi qui imposera aux importateurs de garantir, par la mise en place de chaîne de contrôle, l'origine des bois et qui sanctionnera ceux qui pratique le recel de bois illégal, que nous pourrons mettre fin aux scandales actuels».

L'organisation de défense de l'environnement voudrait savoir où et dans quelle conditions a été coupé le bois qui entre en Europe (Quel type de concessions forestières? Quel type de gestion? Quelle main d'œuvre? etc) et le consommateur européen devrait avoir le droit d'acheter du bois d'origine légal et dont la production a eu un impact environnemental et social minimum.

Avant qu'une loi européenne sur le bois ne soit définitivement votée, il reste deux étapes déterminantes: «Nous appelons tous les députés du parlement européen et les ministres qui participeront au Conseil de l'Agriculture, respectivement le 24 avril et en juin, à soutenir les recommandations de la commission environnement du Parlement. Le Luxembourg doit avoir une position forte et cohérente avec la volonté affichée d'enrayer la déforestation et le commerce de bois illégal et non durable» conclut Paul Delaunois

La découpe illégale, la déforestation et la dégradation forestière accélèrent le changement climatique et provoquent la disparition de centaines d'essences.13 millions d'hectares de forêts disparaissent tous les ans et la déforestation est à l'origine de 20% des émissions de gaz à effet de serre mondiales.

L'Europe est l'un des principaux marchés mondiaux pour le bois et les produits bois, et ces produits y sont parmi les moins réglementé. Elle a donc une responsabilité toute particulière. Le vote du Parlement Européen en plénière est prévu pour le 24 avril. Le conseil des ministres de l'agriculture doit adopter une position commune pour le mois de juin, avant la fin de la présidence tchèque.

Other contacts:

Paul Delaunois, directeur Greenpeace Luxembourg: 621 49 30 14
Sébastien Risso, campagne Forêts, Greenpeace Europe (Bruxelles): 0032 496 12 70 09
Daniela Pichler, communication, Greenpeace Luxembourg: 621 25 21 99

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