Communiqués de presse - janvier 31, 2008
Alors que les députés luxembourgeois doivent aujourd'hui voter la loi de "coexistence" en champs entre culture OGM et non-OGM, une dizaine d'activistes de Greenpeace déguisés en abeilles ont installé devant la Chambre des Députés une banderole portant le message suivant: "Coexistence légalisée = MON810 cultivé?!". Une marguerite géante sur les pétales de laquelle on pouvait lire "Contamination, je risque… un peu d'OGM, beaucoup d'OGM, des OGM passionnément, des OGM à la folie!" complétait la scène.
Non à la "coexistence" - Oui à l'interdiction du MON810 au Luxembourg!
Greenpeace entend ainsi alerter l'opinion publique, les
agriculteurs et les députés des risques sanitaires et
environnementaux inhérents à tout OGM et particulièrement au maïs
transgénique MON810, un OGM autorisé pouvant être cultivé au
Luxembourg. La contamination transgénique aura toujours lieu,
qu'une loi régissant les conditions de culture des OGM soit votée
ou non. L'association exige donc du Ministre de la santé publique,
M. Mars di Bartolomeo, qu'il interdise immédiatement la culture du
maïs MON810.
Pour Greenpeace, le concept même de "coexistence" entre cultures
OGM et non-OGM est utopique, mais: "Une telle loi est nécessaire
dans un contexte économique européen qui autorise les OGM. Elle
aurait cependant pu être plus stricte et plus complète (1). Nous
estimons que dans les faits, elle ouvre la porte à la culture d'OGM
au Luxembourg, notamment au maïs MON810 fabriqué par Monsanto",
explique Maurice Losch.
Le maïs transgénique MON810 produit une toxine capable de tuer
un insecte ravageur, la pyrale. Il est encore à l'heure actuelle le
seul OGM autorisé à la culture en Europe et a été planté en 2007
sur 1% de la surface totale agricole, soit sur 100 000 hectares,
essentiellement en France et en Espagne. "Le MON810 présente des
risques pour la faune et la flore, entraîne une résistance chez
certains ravageurs cibles secondaires et surtout peut disperser son
pollen transgénique sur de grandes distances (2). C'est
inadmissible qu'il soit toujours autorisé au niveau national
luxembourgeois, alors que 29 communes et quelques 200 agriculteurs
du pays se sont déjà officiellement dits prêts à ne pas le
cultiver" (3), continue Maurice Losch.
Selon une procédure définie (4), le droit européen permet
d'interdire temporairement les variétés de plantes transgéniques "à
risque". La France très récemment, mais également la Grèce, la
Hongrie, la Pologne et l'Autriche ont déjà activé de telles clauses
de sauvegarde. "D'après nos informations, qui ont été confirmées
par les services agricoles étatiques compétents, une dizaine de
variétés issues de la lignée MON810 pourraient être cultivées au
Luxembourg alors que ce n'était pas le cas il y a encore quelques
années", explique Maurice Losch. "Au nom du principe de précaution
et comme l'ont déjà fait d'autres Etats-membres, nous exigeons de
notre Ministère de la Santé qu'il agisse immédiatement et interdise
la culture du maïs OGM MON810", conclut Maurice Losch.
Other contacts:
Maurice Losch, campagne OGM, Greenpeace Luxembourg, gsm: 621 19 46 21
Notes:
(1) cf. communiqué de presse relatif à la conférence de presse du lundi 24 janvier 2008: http://www.greenpeace.org/luxembourg/press/releases/coexistence-legalisee-risques
(2) cf. Projet d'avis sur la dissémination du MON810 sur le territoire français rendu par la Haute Autorité française sur les OGM, le 9 janvier 2008 - disponible auprès de Maurice Losch, Greenpeace Luxembourg.
(3) cf. http://www.ounigentechnik.lu.
(4) La clause de sauvegarde prévue par la directive 2001-18 (art. 23) permet à un Etat d'interdire provisoirement la culture et/ou l'utilisation d'OGM, si des "faits scientifiques nouveaux" pouvant induire des risques pour la santé ou l'environnement sont apparus après autorisation de ce dernier.