En face du bâtiment Berlaymont qui abrite la Commission européenne, Greenpeace a mis en scène une parodie représentant des lobbyistes de l'industrie des biotechnologies en train d'essayer d'obtenir des autorisations pour la vente et la culture d'OGM en Europe.
La proposition de M. Dimas remet par contre sérieusement en
cause les intérêts de l'industrie des biotechnologies qui a
malheureusement le pouvoir d'imposer assez facilement ses vues à
Bruxelles et ce notamment au sein de la Commission européenne. Afin
de protester contre cette injustice, Greenpeace a décidé ce matin,
de mettre en scène en face du bâtiment Berlaymont qui abrite, à
Bruxelles, la Commission, une parodie représentant des lobbyistes
de l'industrie des biotechnologies en train d'essayer d'obtenir des
autorisations pour la vente et la culture d'OGM en Europe.
La proposition émanant du commissaire à l'Environnement Stavros
Dimas et visant à refuser l'autorisation de culture en Europe de
deux OGM se fonde sur la toxicité de ces derniers pour certaines
espèces de papillons ainsi que sur la menace qu'ils représentent
pour d'autres insectes utiles, certaines formes de vie aquatique et
la qualité des sols. "Dans pareil cas douteux et conformément à la
législation européenne en vigueur, la Commission a le devoir de
tenir compte de ces nouvelles données scientifiques, d'appliquer le
principe de précaution et de refuser les autorisations demandées,
comme le propose Dimas", explique Marco Contiero de l'unité
européenne de Greenpeace.
C'est sans compter sur les lobbyistes représentants les intérêts
des firmes agrochimiques et dont elles seraient quelques 15 000
personnes à arpenter quotidiennement les coulisses du pouvoir à
Bruxelles (3). "Notre parodie critique le manque de transparence
qui existe au sein de la Commission. L'influence de l'industrie des
biotechnologies auprès de certains services de la Commission est
disproportionnée. Le groupe de lobbying EuropaBio notamment, qui
représente les intérêts de l'industrie agro-chimique, ne manque
jamais de se féliciter des 'excellentes relations de travail' qu'il
a établies avec la Commission. De notre point de vue, c'est
l'intérêt des consommateurs et la protection de l'environnement
face à des dangers irréversibles qui devraient pourtant primer!"
commente Anne Thomas de la campagne 'OGM' de Greenpeace
Luxembourg.
Différents sondages continuent à mettre en évidence la réticence
des consommateurs quant à la présence d'OGM dans la chaîne
alimentaire et dans les champs. Une majorité d'Etats membres a
également déjà exprimé à diverses occasions son opposition aux OGM.
Six d'entre eux imposent même des interdictions nationales
d'importation sur certains OGM autorisés (Allemagne, France,
Autriche, Hongrie, Grèce, Pologne). "Personne ne veut des OGM sauf
les industriels qui les fabriquent et à qui ils rapportent de
l'argent. Nous exigeons de la Commission européenne qu'elle stoppe
immédiatement les autorisations en cours et prennent enfin en
compte d'autres facteurs que les intérêts des industries
agrochimiques. Dans tous les cas, nous continuerons de pousser le
Luxembourg à combattre afin que soit établi au niveau européen un
système d'autorisation transparent et démocratique concernant les
OGM" conclut Anne Thomas de Greenpeace Luxembourg.
Pour l'anecdote, alors que Greenpeace manifestait ce matin à
Bruxelles devant la Commission, la fédération européenne des
biotechnologies (4), regroupant industriels, scientifiques et
chercheurs pro-OGM, a quant à elle, remis une lettre ouverte
émanant soi-disant de 'scientifiques indépendants' à M. Dimas, afin
de protester contre son 'obscurantisme'….
Aidez-nous à sauvegarder l'Europe des OGM!
Regardez la vidéo de la manifestation
Other contacts:
Anne Thomas, chargée de campagne OGM, Greenpeace Luxembourg: + 352 621 19 46 21, 
Marco Contiero, conseiller politique sur les OGM à l'unité européenne de Greenpeace: + 32 477 777 034,
Notes:
(1) Il s'agit des maïs OGM Bt11 et 1507 produits par les sociétés Syngenta et Pioneer/Dow. Ils produisent leur propre toxine capable de tuer des insectes ravageurs du maïs. Ils sont également résistants à un herbicide, le glufosinate.
(2) Heure de 'questions au gouvernement' de la séance publique de la Chambre des députés du mardi 20 novembre 2007 (question numéro 0225, réponse orale retranscrite disponible auprès de Anne Thomas)
(3) Rapport de l'association Friends of the Earth Europe sur les relations entre l'industrie des biotechnologies et la Commission européenne, disponible en anglais à l'adresse suivante: http://www.foeeurope.org/corporates/pdf/too-close-for-comfort.pdf
(4) http://www.efb-central.org/