Communiqués de presse - avril 8, 2011
Le Luxembourg est une des toutes premières étapes du Tour d’Europe de Greenpeace: «Les Témoins d’Afrique». Ce matin lors de la conférence de presse et de la rencontre avec le Gouvernement du Luxembourg, Greenpeace et les représentants de petits pêcheurs d’Afrique de l’Ouest ont demandé au Vice-Premier Ministre Jean Asselborn, au Ministre de la Pêche, Romain Schneider et à la Ministre de la Coopération, Madame Marie-Josée Jacobs à s’engager pour que l’Union européenne se donne une Politique Commune de la Pêche (PCP) qui évite la surpêche des océans, protège la biodiversité marine et permette aux petites communautés de pêcheurs dans le monde, et particulièrement dans les pays en développement, de vivre de leur travail.
Greenpeace et les représentants de petits pêcheurs d’Afrique de l’Ouest demandent au gouvernement luxembourgeois de s’engager pour que l’Union européenne se donne une Politique Commune de la Pêche (PCP) qui évite la surpêche des océans, protège la biodiversité marine et permette aux petites communautés de pêcheurs dans le monde, et particulièrement dans les pays en développement, de vivre de leur travail.
Selon la FAO (Food & Agriculture Organisation) 75% de tous
les stocks de poissons dans le monde sont surexploités. Dans les
eaux de l'Union européenne, 88% des stocks sont estimés être en
état de surpêche. Les flottes de pêche industrielle des Etats
membres de l'UE, notamment de l'Espagne, de la France et des
Pays-Bas pêchent de plus en plus loin. Dans le quasi anonymat du
grand large, notamment le long des côtes de l'Ouest africain ils
pillent quotidiennement les océans. En 2001, 2006 et 2010, les
bateaux de Greenpeace ont documenté les activités de pêche des
flottes européennes devant les côtes ouest africaines. En 2010, en
seulement 5 semaines, l'Arctic Sunrise de Greenpeace a repéré 126
grands bateaux de pêche dans les eaux de la Mauritanie et du
Sénégal. 93 de ces bâtiments affichaient un pavillon étranger, dont
61 venant de l'Union européenne. Il a croisé 12 des plus grands
bateaux de pêche enregistrés dans l'UE, de plus de 100 mètres de
long.
Les témoignages des petits pêcheurs d'Afrique et les conclusions
du rapport de Greenpeace «How Africa is feeding Europe - EU
(over)fishing in West Africa» sont accablants. «Ce qui se passe
devant les côtes africaines n'est pas digne de l'Europe. Les
flottes européennes pillent les océans et privent ainsi des
communautés entières de petits pêcheurs de leur source de vie et de
survie. Il est intolérable que l'Union européenne permette que l'on
vole les océans et les populations parmi les plus pauvres de la
planète!» s'indigne Maurice Losch, chargé de campagne océans de
Greenpeace Luxembourg.
Pendant les années 2011-2013, dans le cadre de la réforme de la
PCP, l'Union européenne à la chance de remédier à la dérive
actuelle. Greenpeace demande à la Commissaire européenne en charge
de la Politique de la Pêche, Madame Maria Damanaki et aux Etats
membres de l'UE une réforme qui respecte le principe d'une pêche
durable. Depuis des années, les quotas de pêche sont trop élevés et
sont augmentés constamment. Les flottes de pêche européennes ont
des capacités deux à trois fois supérieures à un niveau qui
pourrait être qualifié de durable. A la problématique de la
surcapacité s'ajoute la problématique des techniques de pêche,
comme la pêche profonde qui détruit d'un coup et à grande échelle
des écosystèmes extrêmement fragiles ou encore la problématique des
prises accessoires. Suite à la législation européenne actuelle,
dans certains cas, plus de deux tiers des prises sont rejetées à la
mer.
Greenpeace demande que 40% des océans soient déclarés 'réserve
marine'. «Nous demandons au Gouvernement luxembourgeois de
s'engager pour une PCP qui évite la surpêche des océans et qui
réduise les capacités des flottes de pêche industrielle
européennes. Les quotas et les pratiques de pêche doivent reposer
sur des critères scientifiques et transparents pour garantir la
protection des écosystèmes marins, la régénération des stocks de
poissons et laisser vivre les petits pêcheurs, notamment des côtes
africaines», déclare Maurice Losch de Greenpeace Luxembourg. «Au
lieu d'aller piller au large des côtes africaines l'UE devrait
créer d'avantage de réserves marines, pour permettre à ces propres
stocks de poissons de se régénérer».
Other contacts:
Maurice Losch, Chargé de Campagne Océans
Tel.: 621 215 024; Email: 