Communiqués de presse - février 15, 2008
Bruxelles/Luxembourg, le 15 février 2008 - C'est lundi prochain, à Bruxelles, lors d'un Conseil européen des ministres de l'agriculture, que va être scellé le sort de la pomme de terre OGM "Amflora" produite par le géant de l'agro-chimie allemand BASF. La proposition d'autorisation à la mise sur le marché de "Amflora" (1), introduite par la Commission européenne, repose sur un dossier truffé d'inconsistances scientifiques comme juridiques. Greenpeace dénonce cette manipulation évidente et demande donc à l'ensemble des ministres européens de l'agriculture, dont Fernand Boden, de rejeter fermement cette demande d'autorisation afin que les consommateurs luxembourgeois et européens soit protégés et le principe de précaution en matière d'OGM, enfin appliqué.
La pomme de terre "Amflora" contient un gène marqueur de
résistance aux antibiotiques qui, selon la législation européenne
en vigueur, devrait être interdit depuis 2004. Pourtant, l'Autorité
européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé en mars 2007
qu'elle considérait "Amflora" comme non risquée, ouvrant ainsi la
voie au vote de lundi (2). "Contrairement à ce que pensent des
institutions internationales qualifiées comme l'OMS et l'Agence
européenne pour l'évaluation des médicaments (EMEA), l'EFSA
persiste à dire que le fait que Amflora contienne un gène marqueur
de résistance aux antibiotiques n'est pas problématique. Cette
attitude est scandaleuse et nous espérons bien que les ministres de
l'agriculture vont, lundi prochain, refuser d'autoriser un OGM
aussi douteux que cette pomme de terre" explique Marco Contiero de
l'Unité européenne de Greenpeace.
Une opinion légale (3), commanditée par Greenpeace et rédigée
par le ténor du barreau anglais Paul Lasok explique les
incohérences de l'EFSA: "Il est très difficile d'imaginer qu'on
puisse autoriser en 2008 un OGM contenant un gène marqueur qui
aurait dû être interdit à partir du 31 décembre 2004" explique Paul
Lasok. "D'autant plus que BASF aurait pu aisément extraire ce gène
avant de passer à la production" explique Anne Thomas de Greenpeace
Luxembourg. "Mais afin de gagner du temps et de l'argent,
l'entreprise a préféré utilisé une technologie obsolète et
potentiellement dangereuse. Aucune personne sensée ne prendrait le
risque d'augmenter la résistance aux antibiotiques des humains et
des animaux et de mettre ainsi en péril les traitements de très
nombreuses maladies" continue Anne Thomas.
La proposition de la Commission, sur laquelle les ministres de
l'agriculture de l'UE devront voter lundi, repose uniquement sur
l'avis de l'EFSA. Greenpeace demande au Conseil de prendre en
considération les avis scientifiques rendus par l'OMS et l'EMEA et
de reconnaître les problèmes scientifiques et légaux qui rendent
impossible l'autorisation de "Amflora". "Si elle est autorisée à
l'importation, cette pomme de terre OGM pourrait devenir dans un
futur proche, le second OGM à pouvoir être cultivé sur l'ensemble
des Etats-membres. A l'heure où des controverses sérieuses existent
quant à sa sûreté et qu'il menace de contamination l'ensemble de la
chaîne de production alimentaire, Greenpeace appelle le Ministre
Boden à voter contre Amflora et à s'engager fermement en faveur du
principe de précaution" conclut Anne Thomas de Greenpeace
Luxembourg.
Other contacts:
Anne Thomas, Greenpeace Luxembourg, gsm: 621 19 46 21, 
Marco Contiero, Unité européenne de Greenpeace, gsm: 0032 477 77 70 34, 
Notes:
(1) La pomme de terre "Amflora" fait l'objet de deux demandes d'autorisation distinctes. L'une concerne son autorisation à la culture, l'autre son importation en vue de sa transformation en alimentation animale. Le vote de lundi a lieu sur le deuxième volet. Si une majorité qualifiée des Ministres votaient contre l'autorisation à l'importation, il y aurait de fortes chances que la Commission retire la demande d'autorisation concernant la culture.
(2) Un briefing média Greenpeace (en AN), avec la chronologie des décisions concernant la pomme de terre "Amflora" peut être téléchargé sous: http://www.greenpeace.org/eu-unit/press-centre/policy-papers-briefings/briefing-basf-gm-potato
(3) Le briefing légal rédigé par le ténor du barreau anglais Paul Lasok CR, concernant les incohérences légales de l'autorisation de la pomme de terre Amflora est disponible sous: http://www.greenpeace.org/eu-unit/press-centre/policy-papers-briefings/legal-briefing-on-basf-gm-potato