Gilles-Eric Séralini, Professeur en biologie moléculaire à l'Université de Caen et président du conseil scientifique du CRIIGEN en France, présentait, sur invitation de l'Initiative "Luxembourg sans OGM", ses récentes études sur les effets négatifs des OGM et du Roundup au Ministre de l'Agriculture.
L'étude sur les herbicides Roundup, dont sont massivement
arrosés certaines cultures OGM, notamment les cultures de soja OGM
- soja importé en Europe à des fins de nourriture animale - indique
que le roundup est susceptible de perturber les hormones sexuelles.
Telles sont les conlusions alarmantes d'une nouvelle étude de
l'équipe de recherche du Prof. Gilles-Eric Séralini du CRIIGEN à
l'Université de Caen en collaboration avec l'Université de Dijon.
Le Roundup, l'herbicide phare de Monsanto, leader mondial du marché
OGM, est utilisé notamment dans la production du soja OGM. Le soja
OGM, arrosé de cet herbicide toxique, est importé en Europe pour
nourrir le bétail et entre ainsi dans la chaîne alimentaire. «Afin
de protéger la santé du consommateur, nous demandons au
Gouvernement d'interdire l'importation de matières fourragères OGM
et d'établir au Luxembourg, en collaboration avec les agriculteurs
et le secteur de la production et de la distribution, une filière
et un label garantis «sans OGM pour produits laitiers, œufs et
viande (5)», explique Maurice Losch, coordinateur de l'Initiative
«Luxembourg sans OGM».
Après avoir démontré la toxicité des herbicides Roundup à des
doses infinitésimales notamment sur des cellules de nouveau-né,
l'équipe du Prof. Séralini vient de montrer qu'à des doses pourtant
très inférieures (800 fois) à celles autorisées dans certains OGM
alimentaires aux Etats-Unis, ce type d'herbicide, autorisé et vendu
également au Luxembourg, empêche l'action des androgènes, hormones
virilisantes et perturbe l'action et la formation des oestrogènes.
Les dommages sur l'ADN des cellules humaines en sont la
conséquence. Ces effets expliquent des résultats préoccupants
d'expériences sur l'animal et en épidémiologie humaine. «Il est
donc proposé de revoir au niveau réglementaire la classification
des Roundup et autres herbicides à base de glyphosate, comme étant
toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens»
déclare le Prof. Séralini du CRIIGEN. «Ces phénomènes ont été
jusqu'alors sous-estimés car les producteurs de pesticides
présentent majoritairement aux autorités des études avec le
glyphosate seul, alors que le mélange commercialisé est bien plus
actif.» conclut-il.
L'autre étude du Prof. Séralini porte sur des OGM produisant des
insecticides (MON810, MON863) ou absorbant le désherbant Roundup
(NK603). Pour la première fois au monde, les tests confidentiels de
Monsanto qui ont permis les autorisations à travers le monde de ces
trois OGM ont été contre-expertisés par les chercheurs du CRIIGEN,
de l'Université de Caen et de Rouen. Les résultats sont alarmants.
L'étude du Prof. Séralini montre des effets particuliers liés à la
consommation de chaque OGM, différents selon le sexe et la dose.
Ils sont associés aux foies et aux reins, les principaux organes
réagissant lors d'une intoxication alimentaire chimique. D'autres
effets touchent le cœur, les surrénales, la rate et les globules
sanguins. «Des tests aussi courts ne peuvent pas apporter des
preuves finales de toxicité, ils sont cependant assez inquiétants
pour réclamer que des études soient refaites sur une durée plus
longue, sur plusieurs espèces et générations. En attendant les
résultats de telles études, l'importation et la culture des ces OGM
doivent être fermement interdites» déclare le Prof. Séralini du
CRIIGEN.
Actuellement le maïs OGM MON810, dont la culture a été interdite
au Luxembourg en mars 2009, est en phase de ré-autorisation au
niveau de l'Union européenne. Le maïs OGM MON863 est toujours
autorisé à l'importation au Luxembourg. «Dans le cas du MON810 nous
demandons au Gouvernement de rester ferme et de défendre
l'interdiction de la culture de ce maïs OGM au Luxembourg», réclame
Maurice Losch, «Nous demandons également une interdiction nationale
de l'importation des OGM analysés dans les récentes études du Prof.
Séralini qui apportent les nouveaux éléments scientifiques
nécessaires pour une telle démarche».
Other contacts:
Coordination Initiative «Luxembourg sans OGM»
Tel.: 54 62 52 23 ou 621 215 024; Email:
Notes:
(1) Les 28 organisations de l’Initiative «Luxembourg sans OGM»:
Aide à l’Enfance de l’Inde, Association Solidarité Luxembourg Nicaragua, ASTM, Attac Luxembourg, Bauerenallianz, bioLABEL Lëtzebuerg, BIONA, Caritas Luxembourg, Demeter Bond Lëtzebuerg, Église Catholique à Luxembourg, Ëmweltberodung Lëtzebuerg asbl. (EBL), FCPT – SYPROLUX, FNCTTFEL – Landesverband, Fondation Hëllef fir d’Natur, Frères des Hommes, GREENPEACE Luxembourg, Haus vun der Natur, Initiativ Liewensufank, Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga, Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzuucht, Life asbl., Mouvement Écologique, OGBL, Slow Food Lëtzebuerg, SOS Faim Luxembourg, Stroossekanner Sao Paulo a.s.b.l., TransFair – Minka a.s.b.l., Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC).
(2) Le Prof. Gilles-Eric Séralini est Professeur en biologie moléculaire, chercheur sur les effets des pesticides et des OGM sur la santé à l’Université de Caen et est Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique, en France) et auteur de livres sur les OGM et polluants.
(3) L'étude sur le Roundup a été publiée en juin 2009 dans la revue scientifique internationale «Toxicology».
(4) L’étude sur les MON810, MON863, NK603 a été publiée en décembre 2009 dans la revue scientifique «International Journal of Biological Sciences».
(5) Les produits non-animals et animaux, comme lait, fromages, œufs, viande, issus de l’agriculture biologique sont tous garantis «sans OGM».