En interdisant la pomme de terre OGM «Amflora» de BASF le
Luxembourg vient de donner, le 16 juin dernier, un signe politique
fort vis-à-vis de la politique pro-OGM de la Commission européenne
(1). «Nous nous sommes félicités de l'engagement du Gouvernement à
protéger les consommateurs, l'environnement et l'agriculture des
effets négatifs des OGM, mais nous attendons de nos ministres
qu'ils arrivent à convaincre d'autres États membres pour refuser
tout marchandage pro-OGM de la Commission européenne et notamment
cette Proposition empoisonnée. Si en général, Greenpeace soutient
le droit des États et des régions d'interdire les cultures d'OGM au
niveau national et local, nous sommes extrêmement préoccupés quant
au contenu de cette proposition, qui en fin de compte risque de ne
pas permettre aux États membres de faire usage de la liberté
qu'elle leur promet par ailleurs», s'inquiète Maurice Losch, chargé
de campagne OGM chez Greenpeace Luxembourg.
A part le fait qu'elle met en avant la possibilité d'interdire
des OGM pour des raisons socio-économiques, la Proposition ne
fournit aux États Membres aucune nouvelle possibilité de décider
librement de la mise en culture ou non d'OGM sur leurs territoires.
La Proposition ne donne pas aux États membres un droit plus large
leur permettant d'interdire les cultures OGM au nom de leurs
«conséquences néfastes pour la santé et l'environnement».
Mais avant tout, la Proposition de la Commission n'apporte
aucune réponse aux inquiétudes scientifiques et juridiques
concernant les lacunes contenues dans le système européen
actuellement en place permettant d'autoriser les OGM sur le
continent européen. Les Conclusions du Conseil européen des
ministres de l'Environnement, prises à l'unanimité, en décembre
2008 avaient appelé la Commission à améliorer considérablement les
procédures d'évaluation des risques liés aux OGM. Or la Proposition
de la Commission ne comble nullement les lacunes observées au
niveau de la mise en œuvre du système d'autorisation. Elle pourrait
même affaiblir l'évaluation des risques liés aux OGM. En effet, le
principal objectif de la Commission européenne est d'accélérer les
procédures d'autorisations à la culture des OGM au niveau européen.
La Commission européenne, insiste en effet, sur le fait que les
États membres devraient cesser de s'opposer aux autorisations d'OGM
au niveau européen car ils bénéficieraient, en échange, d'un droit,
très hypothétique selon Greenpeace, de restreindre la mise en
culture des OGM sur leurs territoires. Il est à craindre que la
Commission autorise les cultures OGM sans en avoir évalué
correctement les risques au niveau européen, au mépris de la
législation européenne et de l'un de ses principes fondamentaux, à
savoir le principe de précaution.
«La Commission ne devrait pas se servir de cette Proposition
pour se dégager d'une responsabilité qui lui incombe: améliorer le
processus d'évaluation et d'autorisation actuel des OGM, comme le
Conseil des ministres de l'Environnement le lui avait demandé de
façon unanime en décembre 2008. Il y va de garantir la protection
des consommateurs, de l'agriculture et de l'environnement, contre
les effets néfastes des OGM. Tant que la Commission européenne
n'aura pas fait ses devoirs sur ce point, nous demandons un
moratoire sur toutes nouvelles autorisations d'OGM (2)», conclut
Maurice Losch de Greenpeace Luxembourg.
Other contacts:
Maurice Losch, chargé de campagne OGM
Tel.: 621 215 024; email: 
Notes:
(1) 3 États membres (Autriche, Luxembourg, Hongrie) ont déjà interdit la pomme de terre OGM «Amflora» et 6 États membres (France, Allemagne, Grèce, Autriche, Hongrie, Luxembourg) ont interdit le maïs OGM MON810. Amflora et MON810 sont les seuls plantes OGM que la Commission européenne a autorisé à la culture dans l’UE.
(2) Signez maintenant la pétition de Greenpeace «1 million de voix pour un avenir sans OGM» sur: www.greenpeace.org