Panne sèche chez l’Ennemi climatique N°1: plus de 600 militants de Greenpeace en provenance du monde entier bloquent les 28 stations-service du géant pétrolier Esso (également connu sous le nom Exxon ou Mobil) au Luxembourg.
Greenpeace a pu démontrer, grâce à un important travail de
recherche de plusieurs années, les voies de financement massif par
ExxonMobil au parti Républicain. «ExxonMobil a donné plus d´argent
que toutes les autres compagnies pétrolières pour faire élire
George Bush à la Maison Blanche afin d´assurer le retrait des
Etats-Unis des négociations internationales sur le climat. Le géant
pétrolier a littéralement écrit la politique climatique de George
W. Bush qui en mars 2001 a officiellement refusé de ratifier le
protocole de Kyoto» précise Martina Holbach, responsable de la
campagne climat auprès de Greenpeace Luxembourg. "L´échec de la
conférence de Copenhague en décembre 2009 et le fait que le monde
n´a toujours pas d´accord international et contraignant pour
protéger le climat, sont directement liés à la politique
anti-climat d´ExxonMobil. Depuis des décennies, la politique
climatique des Etats-Unis est noyautée par les multinationales du
pétrole qui ne visent qu'à maximiser leurs profits et parmi elles,
ExxonMobil est l´ennemi climatique No 1".
Sept ans de procédure judiciaire à charge de Greenpeace
Le prononcé du juge de paix Tom Moes est en train de clôturer la
longue procédure judiciaire qui aura opposé Greenpeace au géant
pétrolier Esso. La stratégie de la société Esso consiste tout
simplement à essayer de se protéger en traînant Greenpeace en
justice et en réclamant de grosses sommes pour dommage et frais de
justice. En plus, le géant pétrolier essaye de surcroît de
discréditer l'organisation de défense de l'environnement en
associant systématiquement les structures de Greenpeace
International, établies aux Pays-Bas, dans ces actions en justices.
En l'espèce, les magistrats luxembourgeois se sont laissés
entrainer dans la logique de criminalisation de l'action de
Greenpeace: "A cette époque, l'opinion publique, dont la
compréhension de la crise climatique était très loin de celle
d'aujourd'hui, estimait que nous avions tort d'avoir empêché de
petits commerçants de travailler, sans faire le lien entre
Esso-ExxonMobil, l'administration Bush, le protocole de Kyoto et la
protection du climat, qui justifiait l'action des militants de
Greenpeace contre Esso» précise Paul Delaunois, directeur de
Greenpeace Luxembourg.
Pourtant en 2008, soit six ans après l'action contre Esso au
Luxembourg, il a été reconnu à six militants de Greenpeace, par la
Crown Court du Kent en Angleterre, le droit de mener une action
directe pour protéger le climat en reconnaissant qu'il était
justifié de causer des dommages proportionnés et raisonnables pour
dénoncer des atteintes au climat.
Greenpeace assume les coûts liés à la prise de risques
consécutive à ses actions
«Greenpeace est une organisation qui prend des risques chaque
jour pour dénoncer et s'opposer aux agissements néfastes des
multinationales et des groupes industriels qui menacent
l'environnement. Nous nous démarquons des autres organisations par
nos nombreuses actions non-violentes. En cela Greenpeace est unique
en son genre. Nos activistes prennent des risques sur le terrain et
il est du devoir de l'organisation d'assumer nos responsabilités
dans le respect de l'état de droit» a précisé Paul Delaunois.
Le juge de paix en se ralliant aux conclusions de l'expert a
évalué le montant des dommages subis par les vingt-deux
indépendants à 48'000 € et par Esso à 43'000 €, les indemnités de
procédures ont par contre été limitées à moins de 6'000 €. Les
sommes réclamées restent toutefois très loin des 167'000 €
réclamées initialement par Esso.
Greenpeace n'ira pas en appel de cette décision, car
l'organisation n'a à ce stade de la procédure plus aucune
possibilité de modifier sa culpabilité. «Nous assumerons donc nos
responsabilités. Par contre, ExxonMobil ne peut pas en dire autant,
car ils n'ont, par exemple, pas encore réglé les montants des
indemnités liés à la catastrophe de l'Exxon Valdez de 1998. Si bien
que je vous laisse juge de désigner qui de Greenpeace ou d'Esso se
trouve dans le camp des voyous» renchérit Paul Delaunois avant de
conclure «L'organisation s'est préparée de longue date à devoir,
le cas échéant, payer des dommages dans cette affaire et cela
n'aura aucune conséquence sur les activités de Greenpeace
Luxembourg».
Other contacts:
Paul Delaunois, GSM 621 49 30 14
Martina Holbach, tél. 54 62 52 24 / GSM 621 23 33 62