Communiqués de presse - décembre 4, 2006
Le mouvement environnemental européen, les associations de consommateurs et de défense de la santé s’associent pour dénoncer l’accord qui a été conclu, fin de la semaine passée, à huis clos entre des représentants du Parlement européen et le Conseil des ministres de l’Union. Il s’agit d’un accord portant sur la législation REACH visant à un meilleur contrôle des substances chimiques. Si cet accord est entériné en séance plénière, de nombreuses substances susceptibles de provoquer des maladies graves (dont des cancers) ou des troubles de la fertilité pourront continuer à être utilisées et ce, malgré l’existence d’alternatives moins nocives. Les différentes associations invitent les parlementaires européens à renforcer REACH lors du vote de la mi-décembre.
L'accord conclu pendant la nuit de jeudi, s'aligne - à quelques
modifications cosmétiques près - sur la position défendue par le
Conseil des ministres, en décembre dernier. Il s'agit d'une
position concernant la "maîtrise valable" et qui semble être
parfaitement en phase avec les revendications des gros bras de
l'industrie chimique. Cette approche est basée sur l'argument
fallacieux d'une exposition "contrôlable" aux dangers chimiques.
Ainsi "contrôlée", la pollution engendrée par la chimie n'aurait
pas d'influence négative sur la santé humaine et l'environnement.
De nombreuses études attestant de l'omniprésence de substances
chimiques dans notre environnement et nos organismes ont réfuté cet
argument, en démontrant la présence de substances préoccupantes
dans nos poussières domestiques, dans l'eau de pluie, dans les
organismes d'animaux sauvages comme dans les nôtres et ceux de nos
enfants à naître...
L'accord confirme par ailleurs la position déjà adoptée par le
Conseil de l'Union en matière de substitution des substances
chimiques persistantes et bioaccumulables. Il prévoit également
d'autoriser les demandes d'information émanant du public pour un
nombre limité de substances chimiques potentiellement dangereuses
présentes dans les biens de consommation.
C'est pourquoi, les associations demandent instamment aux
membres du Parlement européen de colmater les brèches qui
autorisent l'industrie chimique à poursuivre l'utilisation de
substances chimiques potentiellement dangereuses alors que des
alternatives moins nocives sont disponibles. Selon les modalités de
l'accord, un plan de substitution permettrait aux fabricants
d'envisager le recours à une alternative moins nocive qu'ils
seraient seuls à avoir déterminé... Ceci constitue une invitation
flagrante à ignorer toutes les alternatives et ne stimule en aucun
cas leur recherche.
REACH a été initié pour palier au manque flagrant d'informations
observé en matière de substances chimiques et pour mettre sur pied
une gestion cohérente de ces dernières. Or, avec les milliers de
substances qui bénéficient aujourd'hui d'une exemption en matière
de mise à disposition d'informations quant à leur innocuité pour la
santé et sans la substitution systématique des substances chimiques
les plus préoccupantes, il est évident que REACH ne représentera
pas d'avancée substantielle par rapport à la législation actuelle.
Pour l'Europe, il s'agit d'une occasion manquée de se profiler à
la tête du marché des substances chimiques sûres mais aussi de
protéger la santé et l'environnement. Ce qui risque d'entraîner
une nouvelle rupture entre les consommateurs et l'industrie
chimique et les régulateurs européens.
Jusqu'ici, le Luxembourg s'est distingué du lot des nations
européennes en affichant une attitude progressiste. Les
associations de défense de l'environnement, de la santé ou encore
de protection des consommateurs espèrent vivement que le Luxembourg
gardera envers et contre tout cet esprit d'ouverture et que les
parlementaires luxembourgeois feront preuve de discernement en
votant un REACH permettant d'imposer la substitution des substances
chimiques potentiellement dangereuses quand des alternatives moins
nocives sont disponibles et économiquement viables. C'est un
minimum pour répondre aux préoccupations légitimes de la
population luxembourgeoise et européenne.
Other contacts:
Fawaz Al Bitar, responsable de la campagne ‘Substances toxiques’ pour Greenpeace à Bruxelles: 0032 496 12 22 31
Paul Delaunois, directeur de Greenpeace luxembourg, 54 62 52 22 ou 621 49 30 14