Communauté dépendant de la forêt
La préservation des forêts est capitale pour la protection du
climat. C'est l'argument qu'avance Greenpeace pour demander une
accélération de la mise en place des mécanismes financiers
permettant de protéger les dernières forêts anciennes. Dans le
respect du principe approuvé à Bali, selon lequel les pays qui ont
la plus grande responsabilité dans le réchauffement climatique
global devront aussi être les principaux contributeurs pour le
financement des mesures permettant de réduire les émissions de gaz
à effet de serre. Greenpeace demande l'instauration immédiate de
REDD, un mécanisme international doté d'au moins 30 milliards d'€
par an, pour permettre aux pays qui ont des forêts tropicales à
protéger de mettre en œuvre les stratégies nationales pour acquérir
un système irréfutable de suivi, d'évaluation et de vérification de
la couverture forestière et des stocks de carbone y relatif et de
recevoir en contrepartie de leurs efforts le soutien financier
correspondant.
«Les forêts, notamment les derniers grands massifs des régions
tropicales ont une forte capacité d'absorber et de stocker le
CO2, responsable du réchauffement climatique. La
déforestation contribue actuellement à 20% des émissions globales
de gaz à effet de serre, soit plus que les émissions des
Etats-Unis ou de l'ensemble du secteur des transports au niveau
mondial. Il est donc primordial d'enrayer ce phénomène» explique An
Lambrechts, chargée de la campagne forêt, auprès de Greenpeace pour
la Belgique et le Luxembourg.
Plus de 13 millions d'ha de la ceinture forestière tropicale
sont détruits, sous nos yeux, chaque année, en Amazonie, dans le
bassin du Congo ou en Asie du Sud-Est, par des compagnies
forestières peu scrupuleuses, en partie avec la complicité de la
communauté internationales par le biais de certaines institutions
comme la Banque Mondiale. Or, il est impératif de sauver les
dernières forêts tropicales non seulement pour préserver le
patrimoine extrêmement riche en biodiversité, mais aussi pour
limiter le réchauffement de la planète en dessous des 2°C, comme le
réclament les scientifiques du GIEC.
Greenpeace demande que le fonds, nécessaire à l'articulation du
programme REDD, soit alimenté par de l'argent issu des pays
industrialisés et géré par les Nations Unies. Il faut fournir
rapidement aux pays et aux communautés locales les ressources
financières adéquates et les aider à renforcer leurs capacités de
gestion pour qu'ils arrêtent d'abattre leurs forêts.
Le programme REDD vise à équilibrer la balance économique en
faveur de la gestion durable des forêts, mais il ne faut pas
négliger les aspects humains et les droits des communautés.
Actuellement, le document exclut toute référence aux droits des
peuples autochtones
«Au Congo ou en Amazonie, on vole aux peuples indigènes toutes
leurs ressources et leur univers de vie. Ceci est d'autant plus
inacceptable que les peuples autochtones ont entretenus et
préservés la forêt depuis des milliers d'années» ajoute An
Lambrechts.
«Le risque principal, c'est que si le programme n'est pas bien
conçut, on se rendra compte en 2020 qu'on aura mis en place un
système inefficace, parce que le financement et les capacités dans
les pays concernés auront fait défaut. De plus, actuellement, il
n'y a aucune garantie de financement des phases expérimentales
avant 2012, ce qui n'encouragera certainement pas les gouvernements
à lancer des programmes de protection des forêts. Il faut donc
accélérer le processus REDD, lui apporter les garanties financières
nécessaires et absolument inclure les populations locales dans ces
processus, au sinon, ce sera trop tard» conclut Paul Delaunois,
directeur de Greenpeace Luxembourg.
Other contacts:
An Lambrechts, responsable de la campagne forêt, Greenpeace Belgique et Luxembourg
tél. +32 485 78 83 75
Paul Delaunois, directeur Greenpeace Luxembourg, tél. 621 49 30 14