REDD: une solution pour protéger les forêts et le climat

Communiqués de presse - mars 16, 2009
Dans le cadre des négociations préparatoires à la Conférence Internationale sur le climat de Copenhague qui se tiendra en décembre de cette année, Greenpeace propose des pistes pour renforcer le programme proposé par les Nations Unies pour Réduire les Emissions issus de la Déforestation et de la Dégradation des forêts (REDD). Ce Programme vise à réduire la contribution des émissions produites par la déforestation en attribuant aux forêts une valeur financière basée sur leur capacité de stockage de carbone. La proposition de Greenpeace insiste sur les engagements pris pour protéger le climat et la biodiversité, tout en respectant des droits des peuples indigènes.

Communauté dépendant de la forêt

La préservation des forêts est capitale pour la protection du climat. C'est l'argument qu'avance Greenpeace pour demander une accélération de la mise en place des mécanismes financiers permettant de protéger les dernières forêts anciennes. Dans le respect du principe approuvé à Bali, selon lequel les pays qui ont la plus grande responsabilité dans le réchauffement climatique global devront aussi être les principaux contributeurs pour le financement des mesures permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Greenpeace demande l'instauration immédiate  de REDD, un mécanisme international doté d'au moins 30 milliards d'€ par an, pour permettre aux pays qui ont des forêts tropicales  à protéger de mettre en œuvre les stratégies nationales pour acquérir un système irréfutable de suivi, d'évaluation et de vérification de la couverture forestière et des stocks de carbone y relatif et de recevoir en contrepartie de leurs efforts le soutien financier correspondant.

«Les forêts, notamment les derniers grands massifs des régions tropicales ont une forte capacité d'absorber et de stocker le CO2, responsable du réchauffement climatique. La déforestation contribue actuellement à 20% des émissions globales de gaz à effet de serre, soit plus que  les émissions des Etats-Unis ou de l'ensemble du secteur des transports au niveau mondial. Il est donc primordial d'enrayer ce phénomène» explique An Lambrechts, chargée de la campagne forêt, auprès de Greenpeace pour la Belgique et le Luxembourg.

Plus de 13 millions d'ha de la ceinture forestière tropicale sont détruits, sous nos yeux, chaque année,  en Amazonie, dans le bassin du Congo ou en Asie du Sud-Est, par des compagnies forestières peu scrupuleuses, en partie avec la complicité de la communauté internationales par le biais de certaines institutions comme la Banque Mondiale. Or, il est impératif de sauver les dernières forêts tropicales non seulement pour préserver le patrimoine extrêmement riche en biodiversité, mais aussi pour limiter le réchauffement de la planète en dessous des 2°C, comme le réclament les scientifiques du GIEC.

Greenpeace demande que le fonds, nécessaire à l'articulation du programme REDD, soit alimenté par de l'argent issu des pays industrialisés et géré par les Nations Unies. Il faut fournir rapidement aux pays et aux communautés locales les ressources financières adéquates et les aider à renforcer leurs capacités de gestion  pour qu'ils arrêtent d'abattre leurs forêts.

Le programme REDD vise à équilibrer la balance économique en faveur de la gestion durable des forêts, mais il ne faut pas négliger les aspects humains et les droits des communautés. Actuellement, le document exclut toute référence aux droits des peuples autochtones

«Au Congo ou en Amazonie, on vole aux peuples indigènes toutes leurs ressources et leur univers de vie. Ceci est d'autant plus inacceptable que les peuples autochtones ont entretenus et préservés la forêt depuis des milliers d'années» ajoute An Lambrechts.

«Le risque principal, c'est que si le programme n'est pas bien conçut, on se rendra compte en 2020 qu'on aura mis en place un système inefficace, parce que le financement et les capacités dans les pays concernés auront fait défaut. De plus, actuellement, il n'y a aucune garantie de financement des phases expérimentales avant 2012, ce qui n'encouragera certainement pas les gouvernements à lancer des programmes de protection des forêts. Il faut donc accélérer le processus REDD, lui apporter les garanties financières nécessaires et absolument inclure les populations locales dans ces processus, au sinon, ce sera trop tard» conclut Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.

Other contacts:

An Lambrechts, responsable de la campagne forêt, Greenpeace Belgique et Luxembourg
tél. +32 485 78 83 75
Paul Delaunois, directeur Greenpeace Luxembourg, tél. 621 49 30 14

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