Les militants de Greenpeace arrêtent la destruction illégale d’un site Natura 2000
| Greenpeace porte plainte Suite à l'action de ce matin,
Greenpeace a porté plainte pour non respect de l'autorisation
ministérielle du 25 août 2008. L'autorisation sollicitée par Sotel
et accordée par le Ministre de l'Environnement prévoit dans son
point 3. que: «L'emprise (la tranchée, le remblai et la
circulation des machines et camions) ne pourra à aucun endroit
dépasser une largeur de 6 mètres.» Suite à la demande de
Greenpeace, le Commissaire du Service régional de la Police
spéciale d'Esch-sur-Alzette et le Commissaire en chef du
Commissariat de Proximité Differdange ont vérifié si ce point de
l'autorisation a été respecté. Sur une longueur de 150 mètres
l'emprise a dépassé à plusieurs endroits la largeur fixée par
l'autorisation ministérielle. A certains endroits les commissaires
de police ont constaté que la végétation (haies, arbres, arbustes
et le sol) a été dégradée sur une largeur entre 7 et 9
mètres. |
Cette forêt, entre Differdange et Hussigny, est un écosystème
particulièrement fragile qui abrite plusieurs espèces menacées.
Elle a été classée en 2004 comme «zone spéciale de conservation» du
réseau Natura 2000, ce qui lui confère un statut de haute
protection garanti par la loi. Or c'est précisément au travers de
cette zone protégée que la société Sotel envisage d'enfouir une
ligne haute tension 225 kV pour raccorder le réseau électrique
privé de Sotel au réseau français.
En 2005, la société Sotel avait introduit une demande auprès du
Ministère de l'Environnement pour construire une nouvelle ligne
électrique aérienne pour relier le poste haute tension de Sotel à
Esch/Alzette au poste de Moulaine en France, en vue d'alimenter les
aciéries électriques d'Arcelor Mittal avec de l'électricité d'EDF.
Après des protestations de Greenpeace, le Ministre Lucien Lux avait
refusé d'autoriser la construction de cette ligne aérienne au motif
que le projet portait un grave préjudice à la beauté ainsi qu'au
caractère du paysage et constituait un danger pour la conservation
de la flore et de la faune de cette zone classée Natura 2000.
En mars 2007, Sotel a introduit une nouvelle demande
d'autorisation après avoir changé légèrement le tracé et prévu de
réaliser le projet exclusivement à l'aide de câbles haute tension
souterrains. Le 25 août 2008, le Ministre de l'Environnement a
accordé l'autorisation sollicitée sur la base d´une étude d'impact
qui a été réalisée par Sotel. «Cette étude d'impact était gravement
défaillante et de toute façon nettement insuffisante pour justifier
l'autorisation du ministre de l'Environnement» précise Roger
Spautz, chargé de campagne énergie auprès de Greenpeace
Luxembourg.
Greenpeace a introduit un recours contre cette autorisation fin
novembre 2008. Suite au rejet du recours par le tribunal
administratif intervenu il y a quelques jours, les travaux de
construction viennent de commencer.
«Toute cette affaire est inacceptable, et mettrait
potentiellement en danger l'ensemble des sites protégés au
Luxembourg pour leur valeur biologique. Il est évident qu'aucune
entreprise privée, aussi grande soit-elle, ne peut détruire une
réserve naturelle qui est protégée par la loi» explique Paul
Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg.
D'après le règlement grand-ducal du 6 novembre 2009 portant
désignation des zones spéciales de conservation, la zone dans
laquelle les travaux ont lieu abrite plusieurs habitats naturels
prioritaires et plusieurs espèces sauvages à protéger
prioritairement au sens de la loi modifiée du 19 janvier 2004
concernant la protection de la nature et des ressources naturelles.
D'après cette loi une évaluation des incidences aurait dû être
faite pour tout projet susceptible d'affecter la zone protégée.
«Pour la construction de la ligne haute tension, une simple
étude d'impact a été réalisée et nous sommes d'avis que cette
soi-disant étude d'impact ne pourra évaluer correctement les
incidences des travaux et de la ligne haute tension sur les espèces
protégées et les habitats naturels prioritaires et que dès lors les
travaux devraient être arrêtés immédiatement pour empêcher la
destruction de la biodiversité» a déclaré Roger Spautz.
D'ailleurs la loi de la protection de la nature précise que
lorsque la zone concernée abrite un type d'habitat naturel et/ou
une espèce prioritaires, seules peuvent être évoquées des
considérations liées à la santé de l'homme et à la sécurité
publique ou à des conséquences bénéfiques primordiales pour
l'environnement (pour permettre des travaux).
«2010 est l'année internationale de la biodiversité, mais il
semble que les responsables politiques préfèrent donner des
autorisations au lieu de vraiment protéger la biodiversité» conclut
Paul Delaunois.
Other contacts:
Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621233361