Time is running out - Choose positive energy

Communiqués de presse - décembre 14, 2006
Greenpeace a lancé aujourd'hui lors du débat d'orientation sur la politique énergétique du Luxembourg un appel aux membres de la Chambre des Députés de s'engager pour une politique énergétique plus respectueuse du climat. Des militants Greenpeace ont placé une grande horloge annonçant "Time is running out" (Le temps s'épuise) à l'entrée de la chambre des députés avant le début du débat d'orientation. Les militants Greenpeace ont aussi distribué des ampoules économiques vertes aux membres de la chambre pour insister sur le fait que l'énergie verte et l'efficacité énergétique doivent dominer la politique énergétique du futur. Téléchargez notre dépliant "Révolution énergétique: La voie à suivre"

Un message "clair" pour les députés luxembourgeois...

Le débat dans la chambre des débutés a porté sur l'ensemble des problématiques énergétiques et en particulier sur l'enjeu économique et environnemental de la politique énergétique, l'utilisation rationnelle de l'énergie, l'organisation des marchés luxembourgeois du gaz et de l'électricité et un état des lieux et le rôle des énergies renouvelables.

"Nous espérons que les rapports alarmants des scientifiques sur les conséquences environnementales des changements climatiques et l'alerte lancée par l'économiste Sir Nicolas Stern sur les conséquences économiques prévisibles du réchauffement climatique seront suffisants pour nos responsables politiques. Le temps des discours doit prendre fin, car il est urgent de passer aux actions concrètes permettant d'affronter la révolution énergétique", a déclaré Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg. "Le Luxembourg, de même que la communauté européenne et internationale, doit réorienter sa politique énergétique. Nous devons maintenant miser sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique si nous voulons éviter le pire et maintenir le réchauffement global en deçà de 2 degrés".

Le rapport de Greenpeace intitulé 'Révolution énergétique'(1) a démontré qu'il est possible pour l'Europe de réduire ses émissions de CO2 de 30% d'ici à 2020 et de près de 75% d'ici à 2050. Cette réduction permettrait de limiter au maximum les impacts sur de climat. Le scénario - développé à la demande de Greenpeace par l'Institut Techniques et Thermodynamiques du Centre Aérospatial allemand (DLR) - indique comment, d'ici 2050, près de la moitié de la demande en énergie de l'Europe des 25 pourrait être satisfaite par des sources d'énergies renouvelables. Ce scénario prévoit en outre la fermeture de toutes les centrales nucléaires.

Même si le Luxembourg est un petit pays, il doit également participer à la révolution énergétique. Greenpeace demande:

  • que le potentiel technique des énergies renouvelables au Luxembourg, comme démontré dans l'étude récente du Fraunhofer Institut, soit mis en oeuvre au maximum
  • la mise en place d'un programme pour réaliser le potentiel d'efficacité énergétique existant. Un tel programme devrait avoir pour but l'utilisation d'appareils électriques et des systèmes d'éclairage performants (potentiel de réduction: 0,43 millions de tonnes de CO2 en 10 ans)
  • l'introduction de mesures pour augmenter l'importation d'électricité produite à partir de sources d'énergie renouvelable (potentiel de réduction: 0,29 millions de tonnes de CO2 en 10 ans)
  • l'introduction d'une taxe sur l'énergie et/ou les émissions de CO2. Par l'introduction d'une telle taxe, la consommation d'énergie deviendra plus onéreuse, ce qui aura comme effet une augmentation de l'efficacité énergétique, incitera le public et les entreprises à prendre des mesures d'économie et les incitera à l'utilisation des énergies renouvelables (potentiel de réduction: 1,63 millions de tonnes de CO2 en 10 ans)
  • des mesures politiques qui ont pour but de réduire l'importation d'électricité nucléaire. Le Luxembourg devrait renoncer à toute construction d'une nouvelle ligne haute tension qui a pour but d'importer de l'électricité nucléaire.

Dans le cadre des discussions sur la future politique énergétique du Luxembourg, Greenpeace demande:

  • Une réformation de l'Agence de l'Energie. L'Agence de l'Energie appartient actuellement à 40% à la société Cegedel. Greenpeace est d'avis que l'Agence de l'Energie devrait devenir un établissement public.
  • Plus de compétences pour les communes dans le domaine de l'énergie. Les communes peuvent jouer un rôle important surtout dans le cadre de mesures d'efficacité énergétique et devraient être soutenues par l'Etat.
  • L'introduction d'un étiquetage détaillé, standardisé et obligatoire dans la nouvelle loi sur l'électricité. Les factures d'électricité doivent être établies de telle sorte que les consommateurs puissent prendre rapidement et aisément connaissance des données essentielles relatives à l'environnement, notamment des modalités de production, la provenance de l'électricité proposée ainsi que les émissions de gaz à effets de serre (CO2) ou encore la production de déchets radioactifs.

Concernant la sécurité d'approvisionnement, l'étude réalisée par le député européen Claude Turmes a démontré que les structures existantes sont suffisantes pour le Luxembourg. La construction d'une nouvelle ligne haute tension, qui aurait pour seul but l'importation d'électricité nucléaire, n'est pas nécessaire.

Enfin, Greenpeace constate qu'il n'y a actuellement que quelques communes qui consomment du courant vert. L'Etat et les communes devraient faire plus d'efforts pour changer de courant et utiliser du courant produit à partir de sources d'énergies renouvelables.