Greenpeace a lancé un appel au public et aux responsables politiques de freiner pour le climat. Des militants Greenpeace ont accroché une bannière qui recouvre une bonne partie du bâtiment abritant le ministère de l'Economie et le ministère des Transports qui montre la terre écrasée par le pneu d'une voiture.
Le secteur des transports constitue un levier essentiel pour la
lutte contre les changements climatiques. Alors que d'autres
secteurs commencent à maîtriser la hausse de leurs émissions de
CO2, les émissions imputables aux transports sont toujours à la
hausse. En moins de 15 ans, les émissions dues à ce secteur ont
augmenté de plus de 30% au niveau européen, dont la majeure partie
provient du trafic automobile.
Au Luxembourg, le secteur transport est responsable de 53 % des
émissions de gaz à effet de serre, dont plus d'un quart sont
imputable à la consommation intérieure. Les émissions de gaz à
effet de serre liées aux transports ont plus que doublé entre 1990
et 2004. Ainsi, les réductions des émissions qui ont été réalisées
dans d'autres secteurs ne suffisent pas à compenser par les
émissions dues au transport autoroutier. Cette particularité
luxembourgeoise empêche le pays d'atteindre ses objectifs de
Kyoto.
Greenpeace salue les dernières mesures prises par le ministre de
l'Environnement, Lucien Lux, qui pénalisent les véhicules les plus
polluants et encouragent les personnes à acheter un véhicule
économe. Car il est indispensable que les consommateurs adaptent
leur comportement à la réalité des changements climatiques. Une
évaluation des mesures fiscales actuelles devrait permettre d'en
mesurer leur efficacité et de les adapter à l'avenir pour atteindre
un objectif (qui reste à fixer) de réduction des émissions de gaz à
effet de serre pour ce secteur au Luxembourg.
Par ailleurs, le gouvernement luxembourgeois doit s'engager à
soutenir une législation européenne très contraignante pour les
constructeurs automobile qui les obligera à réduire drastiquement
la consommation des leurs modèles.
Le poids, la vitesse, la puissance: trois facteurs qui augmentent la consommation
Les émissions de CO2 sont proportionnelles à la consommation de
carburant. C'est pourquoi, plus une voiture est lourde, rapide ou
puissante, plus elle consomme et émet donc de CO2. Au Luxembourg,
la proportion de voitures à grosse cylindrée n'a cessé d'augmenter
ces dernières années. Si bien que nous détenons la palme d'or des
voitures les plus polluantes par habitant.
L'industrie qui préfère vendre ses "gros" véhicules pour des
raisons économiques, n'a aucun intérêt à promouvoir des véhicules
plus propres. L'échec au niveau européen de son engagement non
contraignant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de ses
modèles en est la preuve. Les industriels attendent d'être forcés
(notamment par l'Union européenne) pour installer sur les modèles
les technologies moins énergivores. Un comble: ces technologies
existent déjà! Une étude britannique (1) a démontré qu'en
généralisant les procédés les plus sobres actuellement disponibles
dans chaque classe, l'industrie automobile aurait pu tenir ses
promesses.
Réduire nos émissions de CO2 constitue une priorité absolue,
mais elle ne doit pas nous faire oublier qu'une voiture émet
également des particules fines (PM) et d'autres polluants qui
viennent s'ajouter à la pollution ambiante. Sans compter que le
nombre toujours croissant de véhicules entraîne des problèmes de
mobilité (congestion), colonise l'espace public et génère un bruit
incessant.
La nouvelle législation européenne (2)
L'Union européenne prendra, au cours des prochains mois, des
décisions permettant de rendre nos voitures plus sobres. La
Commission européenne a proposé une Directive contraignante qui
devrait obliger les constructeurs automobiles à réduire
drastiquement les émissions moyennes de CO2 des voitures. Pour
éviter que le lobby industriel ne réduise les objectifs ambitieux
et contraignants qui forceront l'industrie automobile à prendre ses
responsabilités, Greenpeace demande de maintenir l'objectif de 120g
CO2/km pour 2012, mais surtout, de ne pas se limiter à cet horizon.
Il faut poursuivre l'effort pour atteindre 80 g CO2/km en 2020 et
ainsi de suite avec une réduction régulière des émissions de
CO2.
Greenpeace tient cependant à rappeler que tous les problèmes ne
seront pas résolus avec des voitures plus sobres. Il est essentiel
de réduire notre dépendance à la voiture. Pour cela, des mesures
efficaces favorisant la mobilité durable doivent être prises au
Luxembourg.
Consultez nos pages spéciales "Transport":
Other contacts:
Roger Spautz; tel: 54625227 ou 621 23 33 61
Notes:
1) "CO2 targets - is the car industry crying wolf?" http://www.cleangreencars.co.uk/jsp/cgcmain.jsp?lnk=401&featureid=601
2) Proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant des normes de performance en matière d'émissions pour les voitures particulières neuves dans le cadre de l'approche intégrée de la Communauté visant à réduire les émissions de CO2 des véhicules légers
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2007:0856:FIN:FR:PDF