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Lancée en avril 2005, la pétition "Attention, lacune règlementaire!" demandant l'étiquetage du lait, des œufs et de la viande provenant d'animaux nourris aux OGM, a atteint son objectif fin 2006: récolter un million de signatures dans toute l'Europe - un million de signatures de consommateurs qui réclament le droit de savoir où sont cachés les OGM!

Grâce à votre aide et vos efforts, le Luxembourg a représenté à lui seul 13.000 signatures, soit 3000 de plus que le chiffre espéré !

Fières de cette forte mobilisation et sûres du poids de ce million de signatures, 21 délégations de Greenpeace venues de tous les pays de l'Europe ayant participé au projet, se sont donc retrouvées à Bruxelles, le 5 février 2007, afin de demander officiellement à la Commission européenne d'agir et d'imposer l'étiquetage. C'est Marcos Kyprianou, commissaire européen en charge de la santé et de la protection des consommateurs qui avait alors reçu Greenpeace et reconnu que l'Europe ne pouvait pas ignorer cette demande. On aurait donc pu croire que les vœux formulés allaient être pris en compte… faux espoirs! Soucieux d'obtenir plus d'informations sur le dossier, la Commission a mandaté l'Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) afin qu'elle rende un avis sur le sujet. Le verdict de l'EFSA a été rendu public le 20 juillet 2007: des séquences d'ADN ou de "nouvelles" protéines provenant de plantes OGM n'ont été détectées ni dans les organes ou les fluides corporels des animaux nourris avec celles-ci, ni dans les produits qu'ils fournissent comme la viande, les œufs ou encore le lait….

A vrai dire, cet avis de l'EFSA ne nous surprend guère puisque depuis que l'Agence a été créée en 2003, elle n'a jamais émis un avis négatif sur les OGM qu'elle a "examiné". Le dernier en date remonte à juin 2007. Au moment où Greenpeace menait une action devant le Conseil européen de l'Environnement à Luxembourg afin que le MON863, maïs OGM suspect provoquant des effets biologiques importants sur des rats de labo, soit retiré du marché européen - l'EFSA rendait en même temps un avis qui confirmait son innocuité! Souvenez-vous, une équipe de scientifiques indépendants français venait cependant de montrer au travers d'analyses supplémentaires, que ce maïs était impropre à la consommation…!



C'est scandaleux! Une fois de plus, l'UE s'appuie sur une institution critiquée depuis ses origines pour son manque de crédibilité et  sa non-transparence, afin de justifier son inactivité dans le dossier "OGM". Conséquence: notre droit à l'information et surtout les vœux de plus d'un million de consommateurs européens restent bafoués.

En dépit de l'avis de l'EFSA, la Commission aurait pourtant dû agir: - la législation européenne existante en matière d'OGM met en effet l'accent sur le principe de traçabilité tout au long de la chaîne alimentaire. Ainsi, l'obligation d'étiquetage des produits alimentaires et des matières fourragères s'applique dès lors que la matière première utilisée au cours de la fabrication du produit est génétiquement modifiée, indépendamment de la détection par analyse de l'ADN ou des protéines qui résultent de la modification génétique dans le produit final…. Pourquoi alors exclure les aliments provenant d'animaux nourris aux OGM de l'obligation d'étiquetage, si ce n'est pour faire la part belle aux pays producteurs qui veulent écouler leurs OGM à tout prix?

Pour finir, nous n'arrêterons pas là notre lobbying européen sur l'étiquetage des produits animaux, mais comme il semblerait que cela soit un travail de longue haleine, nous avons décidé de réactualiser la version "2005" du guide luxembourgeois des produits sans OGM ("Le Frigo sans OGM"), permettant à tous ceux qui refusent la malbouffe de trouver des solutions alternatives. Cette nouvelle version paraîtra en principe au printemps 2008 sur ce site, alors gardez l'œil ouvert!