Skip navigation.

Envoyez l'URL

Remplissez le formulaire ci-dessous et cliquez sur "envoyer". Notre serveur va envoyer un message au destinataire avec l'URL de la page que vous voulez lui faire partager.

Vous pouvez l'envoyer à plusieures adresses email en les séparant par des virgules: a.nom@aserveur.com, autre.nom@autreserveur.com

Email destinataire *
Votre nom *
Votre email *
* champ obligatoire
Une journée ordinaire à Auckland

C'était une journée ordinaire pour la plupart des habitants d'Auckland. Ce serait une journée comme les autres pour Becky Hayter, un réceptionniste de la société Newman, une des plus importantes sociétés voyagistes et de location de véhicules de Nouvelle-Zélande. Becky avait récemment été transférée des bureaux du centre ville à ceux de l'aéroport. Jim Titchener, chauffeur de taxi et maire de Devonport, avait débuté sa journée de travail, tandis que sa femme Barbara prévoyait de se rendre chez le coiffeur. Mike Harris, autre chauffeur de taxi, pensait quant à lui au rendez-vous qu'il avait le soir même avec ses collègues pour aller boire quelques verres à l'Auckland Outboard Boating Club, sur Tamaki Drive, qui surplombait la baie de Hobson. Il se réjouissait à la pensée qu'il n'était pas, ce soir-là, de la patrouille nocturne régulièrement assurée en binôme dans le voisinage et mise en place à la suite d'une série de vols et d'actes de vandalisme qui avaient été commis contre les bateaux de la baie. Au Quai Mardsen, dans le prolongement de l'embarcation du Rainbow Warrior arrivée récemment, Warren Sinclair débutait sa journée à bord de l'Explorer, un navire de 140 tonnes, auquel il refaisait une beauté dans la perspective de la saison touristique qui s'annonçait.
 
Davey Edwards, ingénieur à bord du Rainbow Warrior, 1985

Davey Edwards, ingénieur à bord du Rainbow Warrior, 1985

Aux alentours de 19 heures, Jim Titchener, de retour chez lui et alors qu'il savourait son repas du soir, écoutait sa femme Barbara lui raconter sa journée. Barbara s'était interrompue lorsqu'elle avait aperçu deux inconnus à l'intérieur du parc Blair adjacent, une aire d'environ mille mètres carrés couverte de pelouses traversées par une étroite allée sinueuse en ciment qui s'avançait sous les arbres. Le chemin aboutissait à une longue cale de lancement en bois inclinée qui plongeait dans les eaux de la baie de Ngataringa. Les inconnus transportaient un zodiac en caoutchouc qu'ils tenaient chacun d'un côté, zodiac dont la couleur gris claire, une couleur inhabituelle pour les bateaux de cette ville du nom de City of Sails, avait attiré l'attention de Barbara.

Vers 21H30, Mike Harris profitait lui aussi de la soirée à l'Outboard Boating Club où il prenait quelques verres avec ses collègues. Ceux-ci ne faisaient pas grand cas du petit zodiac gonflable qu'ils avaient aperçu sur une rampe en bois qui donnait sur le bord de la route. C'est alors qu'étaient passés les deux vigiles de service ce soir-là. Ils avaient entrevu le chauffeur du zodiac qui remontait du canot pneumatique et redescendait Tamari Drive au pas de course, revenant quelques instants plus tard dans un camping-car blanc. Avec l'aide d'un autre homme, le conducteur du zodiac avait déchargé un paquet volumineux du zodiac, qu'il avait transporté jusqu'à l'arrière du van. Trouvant ces manœuvres suspectes, les vigiles avaient décidé d'appeler la police. L'un d'eux avait pu rapidement relever le numéro de la plaque du van qui prenait de la vitesse et s'éloignait - le véhicule blanc, un Toyota Hiace, était immatriculé LB 8945. Mais tout ce que la police arrivée sur les lieux avait put constater était la présence d'un zodiac gris clair solidement amarré aux garde-fous. Aucun autre élément anormal n'était à relever.
 
Deux mines magnétiques ont coulé le bateau: une sur la coque et 
l'autre au niveau de l'axe de transmission.

Deux mines magnétiques ont coulé le bateau: une sur la coque et l'autre au niveau de l'axe de transmission.

Aux alentours de 23H50, de l'autre côté du port, alors que Warren Sinclair venait d'éteindre sa radio maritime et qu'il s'apprêtait à camper pour la nuit à bord de l'Explorer, un bruit sourd s'était fait entendre. Une vague soudaine avait soulevé son bateau, l'envoyant cogner sur le bord du quai.
 
11 juillet 1985
 
Vers 3H du matin et après sept minutes passées sous l'eau, l’une des équipes de plongeurs de la marine dépêchées sur le site de l'épave du Rainbow Warrior était remontée à la surface avec le corps de Fernando Pereira. Celui-ci avait été retrouvé allongé face contre terre sur le sol de la cabine adjacente à la sienne. Il était difficile de savoir exactement ce qui lui était arrivé. Après la première explosion, il s’était précipité sous le pont avec Martini Gotje et Andy Biedermann pour vérifier que personne n’y était demeuré. Martini était allé dans la cabine qu’il partageait avec Hanne, qu’il avait trouvée vide. Andy avait réveillé Margaret Mills qui était encore endormie. Ils étaient les premiers à l’extérieur. Martini se souvenait que Fernando était "juste derrière lui" lorsque la deuxième bombe avait explosé.
 
La police s'étant assurée que l'ensemble des membres de l'équipage et des visiteurs restants étaient sains et saufs, celle-ci était alors confrontée à une nouvelle priorité. Si ce qui paraissait impossible venait réellement de se produire, autrement dit si le Rainbow Warrior avait été victime d'un sabotage et que Fernando Pereira avait été assassiné, qui était à l'origine d'un tel acte ? 
 
 
< Page précédente Page 2 sur 4. Page suivante >