Page - 7 juillet, 2010
Dans le monde entier, on cultive de plus en plus de soja, de maïs ou de colza génétiquement modifiés. Les grands groupes de l'agro-alimentaire tels Monsanto, Syngenta ou Dupont n'ont toutefois toujours pas réussi à commercialiser du riz ou du blé transgénique.
Nul besoin d'expérimentations risquées en plein air avec des OGM. ©Greenpeace/Desjardins
Et ce notamment parce que, partout dans le monde, les paysans, les producteurs et surtout les consommatrices et consommateurs s'engagent pour que les produits alimentaires ne soient soumis à aucune manipulation génétique. C'est ainsi que, dans le monde entier, des villes, des régions ou des communes "sans OGM" luttent pour une production alimentaire naturelle.
En Suisse, le peuple a approuvé un moratoire sur la culture d’OGM qui arrivera à échéance en novembre 2013. Parallèlement le Programme national de recherche PNR 59 est chargé d’évaluer l’utilité et les risques de la dissémination de plantes génétiquement modifiées. Les résultats seront rendus publics courant 2012. Des questions urgentes telles que les effets nocifs de la consommation d'OGM sur la santé des êtres humains et des animaux n'ont toutefois pas été abordées.
Les OGM sont conçus pour une agriculture polluante, friande de chimie, et ses effets nocifs sur d'autres êtres vivants comme les papillons ont déjà été prouvés. La consommation d'aliments ou de fourrages génétiquement modifiés constitue un risque pour la santé des humains et des animaux. Jusqu'à présent, aucune étude à long terme n'a été menée à ce sujet. Une gigantesque expérience de génie génétique, à l'échelle mondiale, est en cours.
En ce qui concerne les trois projets de l'Université et de l'EPF de Zurich, il est prévu au cours des trois prochaines années de tester si des lignes de blé transgénique sont résistantes à diverses maladies fongiques en réalisant des expérimentations en plein air. Une telle intention fait fi des exigences liées à une agriculture écologique. Des maladies fongiques comme l'oïdium sont surtout un problème partout où l'on pratique une agriculture intensive (utilisation massive d'engrais et de pesticides). De plus, il existe déjà des variétés conventionnelles résistantes aux champignons.
Le fait que ces projets se préoccupent néanmoins des questions relatives aux effets négatifs sur d'autres organismes vivants est certes louable. De très nombreuses questions de sécurité biologique pourraient toutefois être éclaircies à l'aide d'expérimentations en laboratoire ou dans des serres. Cela n'a pourtant pas été le cas dans les projets en question – au contraire, les chercheurs semblent résolus à tester au plus vite si la transformation génétique des plantes fonctionne également à l'air libre. Des résultats d'enquêtes faites dans le monde entier montrent pourtant clairement les effets nocifs des OGM sur l'environnement. Il est par conséquent inutile de courir des risques supplémentaires en pratiquant des expériences en plein air en Suisse.
L’autorisation définitive de dissémination d’OGM en plein air accordée par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) le 7 février 2008 se base sur des informations extrêmement lacunaires. Lorsque la demande de test a été faite, en mai 2007, il manquait des données importantes. Qui plus est, certaines variétés de blé transgénique n’existaient même pas au moment où la demande a été déposée. Pourtant, la Loi sur le génie génétique (LGG) décrit précisément ce qu’une telle demande doit comporter pour que les autorités soient en mesure de prendre une décision.
Ainsi, des données moléculaires sur les plantes génétiquement modifiées doivent être fournies. Il faut en outre indiquer si des effets toxiques, des allergies ou autres conséquences nocives sur la santé des êtres humains ou des animaux peuvent en résulter. Au lieu de rejeter la demande, l’OFEV avait donné son autorisation le 3 septembre dernier, en accordant un délai minimal aux requérants pour fournir les données substantielles manquantes. Or aujourd’hui ces données sont encore lacunaires – ce qui aurait justifié le refus d’une autorisation, et non l’octroi d’un nouveau délai.
Le 28 février, Greenpeace et différentes organisations de protection de l’environnement, de paysans et de consommateurs ont dénoncé l’autorisation accordée par l’OFEV le 7 février. Ce qui est sûr, c'est que l'on n'a toujours pas pu répondre à certaines questions encore en suspens concernant les effets possibles de tels projets de recherche sur la santé. Restent les risques qu'entraîne chaque ensemencement de plantes génétiquement modifiées, à savoir la contamination des champs exempts d'OGM dans le voisinage, voire des conséquences imprévues pouvant être néfastes pour d'autres êtres vivants. La dissémination d'OGM est inutile et risquée.
Même si les surfaces de test sont réduites, elles représentent un risque. L'an dernier, de nombreux pays en ont fait l'expérience: le riz qu'ils ont importé des Etats-Unis était en effet contaminé par du riz génétiquement modifié. Un riz qui, soit dit en passant, n'est pas cultivé à l'échelle commerciale en Amérique, mais uniquement dans quelques champs servant aux expérimentations. Cette débâcle a déjà coûté à l'industrie étasunienne des pertes de plus d'un milliard de dollars.