Actualité - 25 mars, 2011
La catastrophe qui a actuellement lieu au Japon nous montre la signification du risque résiduel. Le respect des victimes nous demande à tous de tirer les conséquences de ces événements effroyables.
Greenpeace s'est toujours clairement opposée à l'énergie nucléaire et aux armes atomiques. C'est une technologie qui ne peut pas être complètement maîtrisée et peut provoquer des catastrophes d'ampleurs effroyables. C'est la raison pour laquelle Greenpeace s'engage pour la sortie du nucléaire la plus rapide possible et le passage à l'efficience énergétique et aux énergies renouvelables.
Nous attendons:
1. Axpo, Alpiq et BKW retirent immédiatement leurs demandes de trois nouvelles centrales nucléaires.
Il est irresponsable d'utiliser une technologie à risque avec un tel potentiel de destruction. Le risque résiduel statistique est peut-être petit, mais il existe; chez les nouveaux réacteurs autant que chez les vieux. Et aucune assurance n'accepte de couvrir une catastrophe nucléaire. C'est la population qui supporte les conséquences d'un accident, par des terres contaminées, une industrie détruite et surtout par la maladie, la mort, la détresse et des dégâts radiologiques pendant des générations. Retirer les demandes ne suffit pas.
Greenpeace appelle les trois producteurs d'électricité Axpo, Alpiq et BKW FMB à retirer immédiatement leurs demandes.
2. Arrêt immédiat de la centrale nucléaire de Mühleberg
Compte tenu de la tournure dramatique de la catastrophe au Japon, Greenpeace prie l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), le Conseil fédéral dans son ensemble et le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) de recommander l'arrêt immédiat et provisoire de la centrale nucléaire de Mühleberg (BE).
La centrale nucléaire de Mühleberg est du même modèle et de la même génération que les réacteurs de Fukushima. Il y a des fissures dans la cuve du réacteur; elles doivent être maintenues par des agrafes. Elle pourrait être submergée par l'eau du lac de barrage qui se trouve à moins d'un kilomètre en amont. Les exploitants ont en outre du retard dans la réalisation des mesures de sécurité. L'analyse de l'accident majeur qui a eu lieu à Fukushima montrera d'autres faiblesses qui sont actuellement encore inconnues.
3. Lancer immédiatement et réaliser rapidement une nouvelle politique énergétique
Si les risques de l'énergie nucléaire étaient compris dans le prix, le courant nucléaire ne serait pas concurrentiel. La catastrophe nucléaire au Japon nous enjoint de réorienter notre politique énergétique. L'Office fédéral de l'énergie (OFEN) et les producteurs d'électricité sont tenus d'élaborer des scénarios pour une sortie du nucléaire aussi rapide que possible.
Le Conseil fédéral et le Parlement doivent enfin poser les voies vers un approvisionnement en énergie propre et durable et prendre immédiatement les mesures nécessaires à la réalisation d'une nouvelle politique énergétique, comme une augmentation substantielle de la rétribution à prix coûtant du courant injecté et l'adoption de lois et de prescriptions propres à mettre fin à l'actuel gaspillage d'électricité.
Greenpeace exige que les milliards que l'on prévoit dépenser pour de nouvelles centrales nucléaires soient entièrement investis dans la promotion de l'efficience énergétique et des énergies renouvelables.