Page - 7 juillet, 2010
Un consommateur aurait bien du mal à n’acheter aucun produit contenant de l’huile de palme, car cette huile se cache dans d’innombrables produits alimentaires et cosmétiques. La boycotter ne serait d’ailleurs pas une bonne solution: l’huile de palme offre, pour une surface donnée, un rendement plus élevé que les autres huiles végétales. La remplacer par une autre huile végétale – l’huile de soja par exemple – reviendrait à consacrer des surfaces plus importantes encore à la culture afin de répondre à la demande mondiale. La pression sur les forêts ne ferait qu’augmenter.
La destruction des forêts indonésiennes a un effet dévastateur sur le climat et la biodiversité. ©Greenpeace/Dithajohn
C’est pourquoi Greenpeace s’engage en faveur d’une production durable d’huile de palme, une production qui ne détruit pas les forêts tropicales ou les tourbières et ne déclenche pas de conflits sociaux. Nous faisons pression sur les fabricants de produits alimentaires et cosmétiques pour qu’ils renoncent à utiliser l’huile de palme provenant de la destruction de la forêt tropicale.
Cette stratégie a déjà conduit plusieurs multinationales comme Unilever, Nestlé, Kraft, Mars ou Burger King à rompre leurs contrats avec Sinar Mas, destructeur notoire de la forêt tropicale. En tant que consommatrice ou consommateur, vous pouvez nous soutenir dans notre démarche. Sinar Mas a présenté en février 2011 un nouveau plan pour la protection de la forêt tropicale dont Greenpeace examinera très attentivement la mise en œuvre.
Demandez aux fabricants de renoncer à l’huile de palme provenant de la destruction de la forêt tropicale
Par l’intermédiaire du service après-vente ou d’un formulaire de contact, vous pouvez vérifier auprès des fabricants de produits alimentaires ou cosmétiques si l’huile de palme utilisée provient d’une production durable. Attention: les certificats GreenPalm et RSPO (voir ci-dessous) n’offrent pas une garantie suffisante. Les nouvelles plantations ne doivent pas être situées sur d’anciennes zones de forêt tropicale et de tourbières. Elles doivent en particulier n’entraîner
- Aucune destruction supplémentaire de forêts à haute valeur de conservation (High Conservation Value Forest, HCVF).
- Aucune destruction de forêts et de tourbières à haute teneur en carbone (High Carbon Storage, HCS).
- Aucun conflit sur les droits de propriété des sols ni aucune violation des droits des populations locales et indigènes.
Fais savoir aux fabricants que tu ne veux en aucun cas être mêlé(e) à la destruction des forêts tropicales et que tu tiens à acheter exclusivement des produits fabriqués avec de l’huile de palme durable respectant les conditions mentionnées ci-dessus.
Asia Pulp and Paper (APP), la filiale papier de Sinar Mas, est le plus gros producteur de papier d’Indonésie. ©Greenpeace/Beltra
L’affiliation RSPO ne sert souvent que de cache-sexe écologique
Lors de la foire NATURE 2010, Greenpeace a invité les consommatrices et consommateurs à se renseigner auprès de neuf sociétés pour savoir si leur huile de palme provient d’une production durable.
Presque toutes les sociétés affirment qu’elles-mêmes ou leurs fournisseurs sont membres de la RSPO (Table ronde sur la production durable d’huile de palme). Les critères de la RSPO vont certes dans la bonne direction, mais leur mise en œuvre est lacunaire et défaillante. De nombreux producteurs d’huile de palme utilisent abusivement la RSPO comme un cache-sexe écologique. Dans les faits, ils continuent de détruire les tourbières et les forêts tropicales d’Indonésie et d’être mêlés à des conflits sur les droits de propriété des sols avec la population locale.
Les principales critiques de Greenpeace à la RSPO
- Une affiliation à la RSPO ne veut rien dire. Les membres ne sont pas tenus d’avoir des plantations certifiées.
- Une entreprise peut afficher la certification RSPO alors qu’elle ne possède qu’une seule plantation certifiée et poursuit des opérations de déboisement illégal dans d’autres régions forestières.
- Les normes RSPO ne sont pas assez sévères et présentent des lacunes. Elles ne tiennent notamment pas compte des émissions de gaz à effet de serre qui sont pourtant considérables lors de la transformation des tourbières en plantations.
- La RSPO est dominée par l’industrie. Moins que 7% de ses membres défendent des préoccupations sociales et écologiques. (Les représentants de l’industrie bloquent les progrès significatifs comme l’introduction de normes sur les gaz à effet de serre.)
- Des mécanismes de contrôle sérieux et indépendants font défaut. La mise en œuvre effective des normes ne peut dès lors pas être vérifiée.
C’est pourquoi Greenpeace demande aux fabricants de produits contenant de l’huile de palme d’adopter une position plus progressiste au sein de la RSPO. Ils doivent s’engager activement afin que la RSPO ne mette pas davantage en jeu sa crédibilité. La RSPO doit devenir une organisation en laquelle les entreprises comme les consommateurs puissent avoir confiance. Des lignes directrices rigoureuses et complètes sont nécessaires. Un contrôle efficace doit surtout garantir la mise en œuvre effective de ces directives.
Après d’importantes protestations de consommatrices et de consommateurs, Nestlé dit non aux produits issus de la destruction de la forêt tropicale
Il vaut la peine d’exiger des fabricants une huile de palme durable. La réussite de la campagne de Greenpeace contre Nestlé au printemps 2010 montre de façon exemplaire ce que peuvent obtenir les protestations des consommatrices et consommateurs. Les plus de 300'000 courriels de protestation adressés au directeur général de Nestlé Paul Bulcke ont contribué, avec d’autres activités, à la décision de Nestlé de retirer de sa chaîne de valeur l’ensemble des produits provenant de la destruction de la forêt tropicale.