Les 30 premières années

Changer la conscience écologique

Page - 2 juillet, 2010
L'histoire de Greenpeace est depuis toujours mouvementée.

Le bateau Vega de Greenpeace en 1981. ©Greenpeace/McTaggart

1970–1980

Contre les essais nucléaires – Pour les baleines – Un réseau international

En 1972, David McTaggart et l’équipage du Vega se rendent dans l'atoll de Moruroa en Polynésie française, pour protester contre les essais de bombes atomiques français. Le bateau est violemment abordé et subit de sérieux dégâts. Les années qui suivent, McTaggart combat sans relâche les essais nucléaires, aussi bien sur les mers que devant les tribunaux, ce qui contribue à faire connaître le nom de Greenpeace dans le monde entier. Les essais nucléaires à Moruroa cessent enfin en 1996.

En 1974 la France déplace ses essais sous terre et Greenpeace ouvre en Nouvelle Zélande son premier bureau à l'extérieur du Canada. La même année, l'organisation lance sa première campagne de protection des espèces et s'engage contre le massacre des baleines.

En 1976 un bureau Greenpeace ouvre aux USA; puis un an après en Grande-Bretagne et en France, les premiers bureaux européens. Entre-temps, la palette des thèmes abordés s'est élargie. Paul Watson et Bob Hunter interviennent à Terre Neuve (Canada) contre la chasse aux bébés phoques.

En 1978, le bureau hollandais ouvre ses portes et Greenpeace achète son premier bateau qu’il baptise ‘Rainbow Warrior’. Après des actions contre la chasse aux rorquals communs en Islande, le ‘Rainbow Warrior’ est engagé pour la première fois contre l'immersion de déchets nucléaires par la Grande-Bretagne et d'autres pays européens. C’est McTaggart qui monte l’organisation faîtière ‘Stichting Greenpeace Council’ pour réconcilier et coordonner les bureaux d’Amérique du Nord, d’Australie, de Nouvelle Zélande et d’Europe; il l’enregistre aux Pays-Bas avec un statut de fondation. La centrale de ‘Greenpeace International’ est dès lors sise à Amsterdam.

20 ans après l'accident de Tchernobyl. ©Greenpeace/Knoth

1980–1990

Contre les déchets chimiques – Pour un "Parc mondial de l'Antarctique"

Dès le début des années 1980, avec la création de Greenpeace Allemagne, l'organisation lance une nouvelle campagne: des actions contre le déversement de solutions acides en Mer du Nord et l'occupation de la cheminée de l'usine de pesticides ‘Boeringer’ à Hambourg lancent la campagne contre la pollution chimique. Les bureaux belge et suisse ouvrent en 1984. L'année suivante, Greenpeace achète un nouveau bateau pour sa campagne en Antarctique, le “MV Greenpeace”. Les nouvelles campagnes et les nouveaux bureaux augmentent le poids de l'organisation et la pression qu'elle est capable d’exercer grâce à l'opinion publique est de plus en plus douloureuse pour ses adversaires.

Le 26 avril 1986 l'accident le plus grave de toute l'histoire de l'industrie nucléaire se produit à Tchernobyl. Greenpeace réagit en lançant une campagne contre l'utilisation civile du nucléaire. L'année suivante, l'organisation installe en Antarctique la première base de recherches et la France est condamnée par la Cour internationale de justice de La Haye à payer USD 15 millions de dommages et intérêts pour l'attentat contre le Rainbow Warrior. En mai 1990, des actions contre la multinationale chimique Du Pont au Luxembourg lancent la campagne contre la destruction de la couche d'ozone par les CFC.

La plateforme pétrolière Brent Spar. ©Greenpeace/Sims

1992–2000

Greenfreeze - Contre le génie génétique - Protection des forêts anciennes

Greenpeace lance en 1993 au Japon et en Chine une campagne pour le réfrigérateur sans CFC ‘Greenfreeze’. La campagne chimie prend de plus en plus d'importance; le tourisme des déchets chimiques est dénoncé, les producteurs de PVC attaqués et des groupes de pression commencent à opérer. Avec succès: le 25 mars 1994, les 160 Etats signataires de la Convention de Bâle proclament l'interdiction de toutes les exportations de déchets des pays industrialisés vers l'Europe de l'Est et le tiers-monde.

En 1995, le public soutient l’engagement de Greenpeace comme encore jamais jusqu’ici. Lorsque la France reprend ses essais nucléaires à Moruroa, les protestations fusent de toutes parts. Un boycott des stations-service force la multinationale pétrolière Shell à finalement annuler sa décision de couler sa plate-forme pétrolière Brent Spar dans l’Atlantique. En 1996, Greenpeace combat mondialement les brevets sur des organismes et la libéralisation incontrôlable d’animaux et de plantes génétiquement modifiés. La campagne de protection des forêts pluviales d’Amazonie est lancée en 1996.