Communiqué de presse

Detox! Un "M" 600 fois plus toxique

Communiqué de presse - 26 mars, 2013
De nouveaux résultats de laboratoire montrent que les vestes d’enfants de la marque "Trevolution" contiennent des quantités inquiétantes de substances toxiques. La concentration en substances nocives dépasse jusqu’à 600 fois la valeur limite légale pour les jouets et les produits pour bébé. Voilà ce que révèle l’étude "Substances toxiques dans les vestes pour enfants de la Migros" que Greenpeace publie aujourd’hui. L’organisation environnementale exige du géant orange l’interdiction immédiate de tous les produits chimiques dangereux dans ses produits et dans sa chaîne de production.

Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la Migros a enfreint son devoir de diligence pourtant inscrit dans la législation, en vendant des vestes pour enfants avec une haute teneur en substances dangereuses pour la santé. Mirjam Kopp, chargée de campagne Detox chez Greenpeace Suisse, constate: "La Migros est le deuxième commerçant de détail au monde - après la Coop - en matière de développement durable. Pourtant les substances toxiques trouvées dans les vestes d’enfant prouvent qu’elle ne maîtrise pas la production de ses textiles".

Greenpeace a à nouveau détecté trois groupes de produits dangereux pour la santé et l’environnement dans les vestes pour enfants, à savoir des nonylphénoléthoxylates (NPE), des perfluorocarbures (PFC) et des phtalates (adoucissants). En particulier la teneur en phtalates trouvée dans les pendentifs de fermetures éclair est extrêmement élevée. Or, les enfants les mettent volontiers à la bouche. Les phtalates sont des substances agissant sur les hormones et sont dangereux pour la reproduction. L’ordonnance suisse sur les produits chimiques énumère plusieurs d’entre eux comme "particulièrement préoccupant". Ces substances seront interdites sous peu dans toute l’Europe. Elles sont déjà interdites aujourd’hui dans les jouets et articles pour bébé.

Depuis juin 2012, Greenpeace s’efforce de trouver une solution à l’amiable avec la Migros, afin qu’elle s’engage réellement pour une production sans toxiques. Mais cette dernière a jusqu’à présent refusé catégoriquement de participer au mouvement mondial "Detox". Lorsque Greenpeace a confronté la Migros en février dernier avec les premiers résultats des analyses, le groupe s’est contenté de retirer une veste imperméable pour enfants de son assortiment. Ensuite, Greenpeace a examiné de plus près trois autres vestes pour enfants de la même marque de la Migros et y a découvert des valeurs de substances toxiques dix fois plus élevées que dans le premier vêtement analysé.

Jusqu’à présent, 17 entreprises, dont des leaders mondiaux de la vente au détail tels que Zara, H&M, C&A, Marks& Spencer et Coop, se sont engagées à détoxiquer et sont en train de passer à une production sans recours à des substances dangereuses. Au total, ces entreprises représentent déjà un chiffre d’affaires de 168 milliards de dollars américains, soit 13% de l’ensemble du marché mondial de vêtements, des textiles et des chaussures.

Mais la Migros refuse obstinément de participer au mouvement "Detox", en invoquant sa norme Eco, qui devrait s’appliquer en 2017 à tous les textiles qu’elle vend. L’entreprise ignore délibérément que même sa norme Eco améliorée n‘est pas suffisante pour résoudre la problématique des substances toxiques dans la chaîne de production, car elle reste très lacunaire.

Un manque essentiel consiste dans l’absence d’un catalogue de mesures vérifiables avec un échéancier, en particulier pour l’élimination des trois groupes de produits chimiques les plus dangereux. Font également défaut des indications sur le nombre de fournisseurs de la Migros qui publieront leurs données sur les eaux usagées ainsi qu’un échéancier. Même son de cloche pour la définition et l’obligation de respecter le "principe de précaution", le "droit d’être informé" ou le "rejet de zéro émission". Mirjam Kopp est dès lors persuadée que "la Migros doit enfin agir et participer au mouvement mondial de détoxification au lieu de ne pratiquer que du blanchiment vert."

 

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Françoise Minarro
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