Patrick Moore: le lobbyiste pronucléaire

5 faits concernant sa propagande

Page - 6 mai, 2014
Patrick Moore est payé par l'industrie nucléaire, celle du papier et celle des OGM pour promouvoir leurs messages; il se prévaut souvent de son très ancien engagement aux côtés de Greenpeace pour augmenter sa légitimité auprès des médias. Sa présence médiatique élevée donne souvent l'impression que Patrick Moore représente toujours Greenpeace. Le fait qu'il est payé par l'industrie et qu'il n'est donc ni indépendant ni objectif est souvent passé sous silence. Vous trouverez ci-dessous des informations et des faits sur la crédibilité des déclarations de Patrick Moore.

Patrick Moore, en 1976, lit une BD "Doctor Strange" à bord du James Bay. ©Greenpeace/Weyler

 

1. Patrick Moore est un porte-parole payé par l'industrie nucléaire

En avril 2006, le Nuclear Energy Institute (NEI) qui est le principal lobby pronucléaire aux USA a lancé la coalition "Clean and Safe" (propre et sûr) et a placé Christine Todd Whiteman, de l'ancienne administration Bush, et Patrick Moore à sa tête. La coalition "Clean and Safe" était un élément d'un énorme projet de propagande de l'entreprise de relations publiques Hill & Knowlton qui a reçu un mandat de USD 8 millions de la part de l'industrie nucléaire.

2. Patrick Moore a fourni de fausses informations sur la l'énergie nucléaire

En 2006, Patrick Moore a publié un article intitulé "Repenser le nucléaire" dans le bulletin (vol. 48 no. 1) de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Patrick Moore y considère que "Three Mile Island avait été une réussite. Le confinement en béton avait fait ce qu’il était censé faire: empêcher les rayonnements de passer dans l’environnement." Mais contrairement à ce que prétend Patrick Moore, de la radioactivité s'est échappée du réacteur pendant plusieurs jours.
Il semble même que Patrick Moore ne se soit même pas donné la peine de vérifier ses dires. Une fiche d'information de la "US Nuclear Regulatory Commission" concernant Three Mile Island (TMI) confirme que la fusion du coeur du réacteur a provoqué une importante émission de radioactivité. Même l'AIEA, qui avait publié l'article de Patrick Moore, a dû confirmer que la fusion du coeur du réacteur de TMI a émis de la radioactivité dans l'environnement. L'AIEA a classé l'accident de TMI au niveau 5 sur une échelle de 7, soit un accident ayant des conséquences; avant Fukushima 2011, seuls Tchernobyl 1986 et Tchéliabinsk 1957 (explosion de réservoirs contenant des déchets radioactifs liquides) avaient été considérés comme plus graves que la fusion du coeur à Three Mile Island en 1979.
Les autorités US de surveillance du nucléaire avaient indiqué que l'accident de TMI avait émis 10 millions de Curie dans l'environnement. Ultérieurement, des scientifiques qui ont réétudié l'accident ont estimé que ce sont plus de 150 millions de Curie qui ont été émis. La fusion du coeur à TMI a transformé en une nuit une affaire rapportant des millions en un accident coûtant des milliards; ce fut un coup d'arrêt pour le nucléaire aux USA. Prétendre autre chose n'est qu'une opération de relations publiques.
Patrick Moore ne limite malheureusement pas ses déclarations pronucléaires à l'accident de TMI. Il a aussi félicité le gouvernement Bush pour le rejet du Protocole de Kyoto et recommande l'énergie nucléaire comme solution au réchauffement de la planète, car elle ne produit pas de gaz à effet de serre (GES) nuisibles pour le climat.
En 1999, la US Federal Trade Commission (FTC) avait pourtant déjà constaté que les prétendus avantages de l'énergie nucléaire pour l'environnement tels que les avance le NEI sont trompeurs. Il passe ainsi sous silence le fait que la production de combustible nucléaire émet des GES. La FTC est arrivée à la conclusion que les déclarations du NEI ne peuvent pas être validées. L'absence de solution pour le stockage des déchets radioactifs s'ajoute au fait que l'enrichissement de l'uranium émet des GES.

3. Patrick Moore ne représente pas Greenpeace

Cela fait plus de 20 ans que Patrick Moore est un porte-parole payé par plusieurs industries très polluantes dont l'industrie du papier, l'industrie minière, l'industrie chimique et l'aquaculture. La plupart de ces entreprises s'adressent à Patrick Moore lorsqu'elles sont la cible d'une campagne Greenpeace et qu’elles veulent améliorer leur image grâce à lui.
Patrick Moore travaille pour les industries les plus polluantes depuis plus longtemps qu'il n'a jamais travaillé pour Greenpeace. Greenpeace s'oppose à l'énergie nucléaire, car elle constitue aussi une façon dangereuse et chère de détourner l'attention des vraies solutions aux problèmes générés par les changements climatiques.

4. Patrick Moore n'a pas fondé Greenpeace

Patrick Moore se qualifie souvent de fondateur ou cofondateur de Greenpeace. De nombreuses agences de presse ont repris et répandu cette version. Bien qu'il ait joué pendant de nombreuses années un rôle important chez Greenpeace Canada, Patrick Moore n'a pas fondé Greenpeace. Ce sont Phil Cotes, Irving Stowe et Jim Bohlen qui ont fondé Greenpeace (sous le premier nom de Don't Make a Wave Committee) en 1970. Patrick Moore a demandé une place à bord de la "Phyllis Cormack" en mars 1971, alors que l'organisation existait depuis une année déjà.

5. Patrick Moore selon ses propres mots

"Nous ne devrions jamais oublier que l'industrie nucléaire emploie des entreprises de relations publiques de haut vol que l'on ne doit pas croire, que ce soit sur le nucléaire ou un dentifrice pour éclairer votre sourire." (traduction Greenpeace Suisse) C'est ce que Patrick Moore a écrit dans le rapport annuel 1976 de Greenpeace. C'était quelques années avant qu'il se laisse acheter par l'industrie.

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