Page - 8 juin, 2012
L’histoire suisse se souviendra de 2011 comme l’année de la sortie du nucléaire. Le 11 mars 2011, lorsqu’un violent tremblement de terre secoue le Japon et que les images du tsunami et de son inimaginable puissance destructrice font le tour du monde, personne n’imagine encore qu’une autre catastrophe à l’impact encore plus durable allait suivre: la catastrophe de Fukushima!

Rapport annuel 2011
Ce terrible événement a considérablement augmenté le scepticisme à l’égard de l’énergie nucléaire sur toute la planète, notamment en Suisse. Quatre jours seulement après la catastrophe de Fukushima, le Conseil fédéral suspend les trois demandes d’autorisation générale déposées par les compagnies d’électricité Axpo, Alpiq et FMB. Tout le planning de la construction de nouvelles centrales nucléaires se trouve ainsi chamboulé. La décision du Conseil fédéral, attendue pour 2012, et le référendum, prévu vers 2013, sont balayés du jour au lendemain!
Fukushima a rendu possible ce que même les plus optimistes n’osaient imaginer: tant le Conseil fédéral que le Parlement ont approuvé l’abandon du nucléaire. Même les plus farouches partisans de l’énergie nucléaire – qui ont encore tenté d’empêcher l’abandon du nucléaire en rusant sur la prétendue sécurité de la quatrième génération de réacteurs lors du débat au Conseil des États au mois de décembre – ont finalement dû se rendre à l’évidence: il sera impossible de réunir une majorité en faveur d’une nouvelle centrale nucléaire au cours des 25 prochaines années en Suisse.
Pour Greenpeace aussi, qui avait fait de l’abandon progressif du nucléaire un de ses principaux objectifs depuis des années, c’est une nouvelle ère qui a commencé: voilà que d’un seul coup, nous avions la majorité du gouvernement, du Parlement et de la population à nos côtés – une situation entièrement nouvelle! Notre travail ne consistait dès lors plus à préparer une éprouvante campagne contre de nouvelles centrales nucléaires, mais à exiger une sortie aussi rapide que possible de l’ère du nucléaire.
Deux mois après la catastrophe de Fukushima, un nombre impressionnant de personnes ont manifesté à Beznau pour exiger l’arrêt immédiat des centrales nucléaires suisses surannées. Greenpeace a joué un rôle important dans l’organisation de cette impressionnante action. En plus d’exiger une sortie rapide du nucléaire, Greenpeace s’engage aussi pour l’acceptation des énergies renouvelables et pour la réalisation d’économies d’énergie grâce à une meilleure efficacité. Si la situation est plus favorable, il reste encore beaucoup de pain sur la planche. Au nom du Conseil de fondation, je remercie de tour cœur toutes les personnes qui nous apportent leur soutien sur cette voie, que ce soit au sein de notre organisation ou à l’extérieur de celle-ci!
Cécile Bühlmann, Présidente du Conseil de fondation