Rapport annuel 2012

Quelle année!

Page - 8 juin, 2012
Faisons un petit retour en arrière: en mars 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima ébranle la planète, montrant à chacun le péril que représente l’énergie nucléaire. Tirant les leçons de Fukushima, les politiques suisses se sont montrés très actifs pour développer de nouvelles idées, ou en recycler d’anciennes, produisant nombre d’initiatives et de motions parlementaires. Nous avons soutenu ces activités, en paroles comme en actes, car la voie politicienne et parlementaire qui nous mène à la sortie du nucléaire et à la transition énergétique est la plus prometteuse et la plus rapide. De plus, chez Greenpeace, l’engagement pour la sortie du nucléaire est dans nos gènes.

 

Rapport annuel de Greenpeace Suisse

Rapport annuel de Greenpeace International

L’initiative pour la sortie du nucléaire lancée par les Verts exige une durée de fonctionnement maximale de 45 ans pour les centrales nucléaires et un délai de mise hors service contraignant pour les centrales suisses les plus anciennes. Greenpeace fait partie de la vaste alliance d’associations environnementales, de syndicats et de partis qui soutiennent l’initiative et a activement participé à la récolte des signatures. L’initiative, déposée le 16 novembre 2012, réclame une date fixe pour la mise hors service des dangereux réacteurs nucléaires obsolètes suisses. Le concept selon lequel ces réacteurs doivent pouvoir continuer de fonctionner aussi longtemps que leur exploitation est sûre prétexte une sécurité trompeuse que personne ne peut garantir. L’abandon du nucléaire, pourtant décidé, est ainsi retardé. C’est pourquoi des dates de mise hors service contraignantes sont de première importance.

Fukushima a rendu possible ce que même les plus optimistes n’osaient imaginer: tant le Conseil fédéral que le Parlement ont approuvé l’abandon du nucléaire. Même les plus farouches partisans de l’énergie nucléaire – qui ont encore tenté d’empêcher l’abandon du nucléaire en rusant sur la prétendue sécurité de la quatrième génération de réacteurs lors du débat au Conseil des États au mois de décembre – ont finalement dû se rendre à l’évidence: il sera impossible de réunir une majorité en faveur d’une nouvelle centrale nucléaire au cours des 25 prochaines années en Suisse.

Pour Greenpeace aussi, qui avait fait de l’abandon progressif du nucléaire un de ses principaux objectifs depuis des années, c’est une nouvelle ère qui a commencé: voilà que d’un seul coup, nous avions la majorité du gouvernement, du Parlement et de la population à nos côtés – une situation entièrement nouvelle! Notre travail ne consistait dès lors plus à préparer une éprouvante campagne contre de nouvelles centrales nucléaires, mais à exiger une sortie aussi rapide que possible de l’ère du nucléaire.

Deux mois après la catastrophe de Fukushima, un nombre impressionnant de personnes ont manifesté à Beznau pour exiger l’arrêt immédiat des centrales nucléaires suisses surannées. Greenpeace a joué un rôle important dans l’organisation de cette impressionnante action. En plus d’exiger une sortie rapide du nucléaire, Greenpeace s’engage aussi pour l’acceptation des énergies renouvelables et pour la réalisation d’économies d’énergie grâce à une meilleure efficacité. Si la situation est plus favorable, il reste encore beaucoup de pain sur la planche. Au nom du Conseil de fondation, je remercie de tour cœur toutes les personnes qui nous apportent leur soutien sur cette voie, que ce soit au sein de notre organisation ou à l’extérieur de celle-ci!

En août 2012, de nombreux partenaires des secteurs politique, économique et environnemental ont lancé l’initiative efficacité électrique. Aujourd’hui, nous gaspillons 40% de notre électricité. Des mesures d’efficacité énergétique appropriées à elles seules permettraient de renoncer d’ici 2035 à la production de quatre à six centrales de la capacité de Mühleberg, tout en économisant plusieurs milliards. C’est précisément l’objectif de l’initiative efficacité électrique qui exige que la Confédération formule des objectifs pour l’amélioration substantielle de l’efficacité énergétique et que la Confédération et les cantons prennent les mesures nécessaires. Greenpeace s’implique également dans cette initiative et a veillé à ce que les signatures soient récoltées en un temps record.

En novembre 2011, le PS a déposé l’initiative Cleantech. Elle souhaite que d’ici 2030 la moitié de la demande totale d’énergie provienne d’énergies renouvelables. L’initiative des Verts "Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources" (économie verte) a été déposée en septembre 2012. Greenpeace appuie ces initiatives qui démontrent toutes deux que sortir du nucléaire est économiquement possible. Tout ce travail politique a uniquement pu être réalisé grâce aux donatrices et donateurs qui ont mis de l’argent à notre disposition et grâce aux bénévoles qui se sont engagés sans compter pour recueillir des signatures. Le Conseil de fondation adresse ses plus chaleureux remerciements à toutes ces personnes ainsi qu’aux collaborateurs de Greenpeace!

Cécile Bühlmann, Présidente du Conseil de fondation

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