BP tente de se disculper et ne tire aucune leçon de la catastrophe

Actualité - 13 septembre, 2010
Le groupe pétrolier BP publiait aujourd’hui le rapport issu de l’enquête interne menée suite à l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon. Celle-ci a engendré la pire catastrophe accidentelle de l’industrie pétrolière. Près de 780 millions de litres de pétrole se sont échappés durant près de 4 mois.

©Greenpeace

D’abord, le groupe pétrolier, exploitant de la plateforme, dit dans son rapport "admettre des erreurs mais pas de fautes graves". Puis BP cherche à faire partager les responsabilités également à Transocéan, propriétaire de Deepwater horizon, et à la société américaine de services pétroliers Halliburton. Le groupe pétrolier explique qu’un enchaînement d’erreurs est à l’origine de la marée noire, et fait dans son rapport toute une série de recommandations techniques et humaines, applicables à toutes les compagnies pétrolières pour éviter de nouvelles catastrophes.

Une fois de plus, le géant britannique du pétrole cherche à se dédouaner de ses responsabilités en se lançant dans une querelle puérile avec ses prestataires. Si cette catastrophe, dont on est encore loin pour l’heure de mesurer la totalité des conséquences pour le golfe du Mexique, n’est pas due à "une faute grave", on est en droit de se demander ce qu’il faudrait faire pour mériter cette qualification. Les déclarations de BP frisent l’indécence. Après la consternation, la colère qu’a entraînée cette catastrophe, BP mise sur l’oubli et l’indifférence que le temps pourrait générer: on partage les responsabilités, on dit "pardon" et on continue comme si de rien n’était en tentant "si possible" de ne pas reproduire les erreurs.

Aucun méa culpa, aucune remise en cause de la stratégie de fuite en avant vers les pétroles non conventionnels comme les forages offshore profonds ou très profonds.  Et cette course folle a lieu dans le golfe du Mexique mais également en Arctique, un écosystème d’une fragilité extrême. Greenpeace a tenté récemment avec son navire l’Esperanza de stopper l’avancée d’un groupe écossais d’exploration pétrolière, Cairn Energy, qui tente d’ouvrir la voie à des forages pétroliers à haut risque. Dans le golfe du Mexique, Greenpeace a dépêché l’Arctic Sunrise pour mener une longue expédition scientifique indépendante avec des chercheurs américains et en savoir plus sur les conséquences à moyen et long termes de la marée noire sur les écosystèmes marins et sous marins.

Le rapport de BP, leur stratégie de défense témoigne de la totale irresponsabilité des groupes pétroliers. Quand est-ce que les pétroliers vont admettre leurs responsabilités? Ils exercent un métier où le risque zéro n’existe pas et où les conséquences de potentiels accidents sont catastrophiques. Le minimum que BP aurait pu faire aurait été d’accepter la pleine responsabilité de cette marée noire. Les pétroles non conventionnels comme l’offshore profond représentent un danger immédiat avec les risques croissants de catastrophes comme celles de Deepwater Horizon. Mais surtout ils permettent la poursuite du modèle du tout pétrole, à n’importe quel prix,  et empêchent toute réflexion stratégique vers un nouveau modèle énergétique basé sur les renouvelables.

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